Climat

La Chine sera attendue à la Conférence Paris Climat 2015

La Chine est depuis 2007 le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. Son engagement est devenu indispensable pour conduire le monde vers une réduction des émissions. A l’occasion d’un sommet des Nations-Unies sur le climat à New York, le vice-Premier ministre chinois, Zhang Gaoli, a déclaré cette semaine que les émissions de son pays atteindraient un plafond « dès que possible ».

Des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement représentant plus de 120 pays se sont réunis le mardi 23 septembre à New York pour un sommet sur le climat. Les dirigeants mondiaux se sont une fois de plus engagés à intensifier la lutte contre le changement climatique. Le problème, c’est que depuis le protocole de Kyoto, les Nations-Unies peinent à mobiliser l’ensemble des Etats vers des objectifs chiffrés de réduction des émissions de CO2.

Les espoirs reposent désormais sur les nouvelles négociations prévues en décembre 2015 dans le cadre de la Conférence Paris Climat, la « COP 2015 ». Cette fois,  les nations sont invitées à présenter des objectifs chiffrés.

À la tribune du sommet de New York, le président américain Barack Obama a appelé à conclure un accord ambitieux à la Conférence de Paris 2015. Il a reconnu la responsabilité des Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto adopté en 1997. George W. Bush s’était ainsi opposé à la ratification du protocole de Kyoto car il laissait libre de contraintes les 3/4 de la planète, dont la Chine et l’Inde. Les Etats-Unis étaient alors le plus gros émetteur de CO2 mais depuis 2007 la Chine est passée devant et se trouve aujourd’hui largement en tête des émissions.

Croissance des émissions de CO2 des 4 principaux contributeurs de la planète (Source : Global Carbon Project)

Croissance des émissions de CO2 des 4 principaux contributeurs de la planète (Source : Global Carbon Project)

Barack Obama s’est cette semaine engagé à affronter le défi du changement climatique car aujourd’hui les moyens technologiques permettent de réduire la dépendance au carbone. rMais plus encore qu’à l’époque de Kyoto, les efforts des Etats-Unis seront vains si les nations émergentes, notamment la Chine, ne prennent pas des engagements forts. Barack Obama a insisté sur la nécessité de faire participer l’ensemble des pays du globe. « Personne n’aura de passe-droit », a-t-il prévenu.

En 2015, la pression sera donc clairement sur la Chine et les Etats-Unis. Lors de la Conférence de Durban sur le changement climatique, en 2011, la Chine et les autres pays en voie de développement s’étaient engagés à participer à un accord en 2015  afin de mettre en oeuvre dès 2020 un programme de contrôle des émissions de CO2.

Le vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli a reconnu cette semaine à la tribune de l’ONU la responsabilité de son pays et assuré que la Chine allait intensifier ses efforts pour lutter contre le réchauffement climatique.

La Chine a déjà adopté un objectif ambitieux de réduction de son intensité carbone. L’intensité carbone est une manière de mesurer les émissions de carbone par unité de PIB. Il ne s’agit donc pas d’une réduction de la quantité de CO2 émise mais d’une amélioration de l’efficacité énergétique. Le vice-Premier ministre chinois a rappelé qu’en 2014 l’intensité carbone de son pays avait baissé de 29% par rapport aux niveaux de 2005.  L’objectif chinois est d’atteindre 45% à l’horizon 2020 et de développer les énergies renouvelables.

Il faut aussi ajouter, à la décharge des Chinois, que le pays est devenu « l’usine du monde ». Corinne Le Quéré, directrice du Centre Tyndall à l’Université d’East Anglia, estime que près de 20% des émissions de CO2 de la Chine sont liées à l’exportation de produits manufacturés vers l’Europe et les Etats-Unis. Membre du Global Carbon Project, un organisme qui traque les émissions de CO2, Corinne Le Quéré estime que si l’Europe produisait elle-même ces biens sur son territoire, ses émissions de CO2 seraient 30% supérieures.

Mais la réduction de l’intensité carbone ne sera certainement pas suffisante car en même temps, la croissance de la Chine se poursuit à un rythme soutenu. La trajectoire actuelle des émissions mondiales de CO2 conduirait la planète à une hausse de la température moyenne de 3,2°C à 5,4°C à l’horizon 2100, selon un rapport dévoilé par le Global Carbon Project.

Pour atteindre l’objectif d’une hausse maximale de la température mondiale de 2°C (par rapport au niveau préindustriel) il ne faudrait pas émettre plus de 1200 milliards de tonnes de CO2. Si le rythme actuel des émissions de CO2 se poursuit, de l’ordre de 40 milliards de tonnes par an, dont un bon quart dû à la Chine, ce quota serait utilisé en seulement 30 ans. La limite des 2°C, considérée comme un seuil dangereux à ne pas dépasser, pourrait donc être atteinte dès 2045.

Si l’on regarde ces chiffres et la promesse chinoise d’atteindre un pic des émissions de CO2 dès que possible – la date de 2030 a été évoquée – on peut légitimement s’inquiéter sur la possibilité de tenir l’objectif des 2°C.

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