Climat

Pas de pause pour le réchauffement des profondeurs de l’océan

Les océans ont continué à se réchauffer entre 2006 et 2013, selon une étude publiée dans Nature Climate Change. Le réchauffement a été observé jusqu’à 2000 mètres de profondeur, confirmant que l’océan avait probablement absorbé une grande partie de la chaleur excédentaire due aux gaz à effet de serre.

Entre la surface et 2000 mètres de profondeur, on a constaté depuis 2006 un réchauffement de 0,4 à 0,6 watts par mètre carré. Cette observation a pu être réalisée grâce au programme de développement des balises Argo qui enregistrent les températures dans les 2 premiers kilomètres.

Grâce à la l’utilisation de modèles océaniques, des chercheurs emmenés par Sybren Drijfhout, de l’Université de Southampton, avaient montré en 2014 que la chaleur emmagasinée par les océans entre les années 1990 et 2000 avait augmenté d’environ 0,7 Wm-2, mais avec une marge d’incertitude plus importante que dans la nouvelle étude.

L’océan continue donc à emmagasiner de la chaleur à un rythme soutenu. 93% de l’énergie excédentaire reçue à la surface de la Terre en raison des gaz à effet de serre serait en effet absorbée par les mers du globe.

Contenu de chaleur dans les 2000 premiers mètres des océans (source : NOAA)

Contenu de chaleur dans les 2000 premiers mètres des océans (source : NOAA)

Les températures à la surface de la mer  ont quand à elles augmenté de 0,1°C par décennie depuis 1951 mais il n’y a pas eu de tendance significative au réchauffement sur la période 1998-2013, précise la nouvelle étude parue dans Nature Climate Change. La situation a cependant évolué en 2014 puisque cette année a été marquée par les températures de surface de la mer les plus élevées jamais enregistrées, si l’on en croit notamment les données du Met Office.

Avant le réchauffement de 2014, la pause dans  les températures de surface de la mer constatée entre 1998 et 2013 serait due à des conditions de type La Niña dans le Pacifique. Les périodes où prévalent des épisodes La Niña sont marquées par un renforcement des vents d’est dans le Pacifique qui tendent à enfouir davantage de chaleur dans l’océan que lors des épisodes El Niño.

Cependant, c’est la chaleur accumulée et non les températures de surface de le mer – où de l’atmosphère – qui reflètent le véritable déséquilibre radiatif de la Terre, rappellent les auteurs de l’étude. La grande variabilité des températures de surface de la mer montrent que c’est un piètre indicateur du réchauffement climatique. Car dans le même temps les satellites montrent que la Terre accumule davantage d’énergie qu’elle n’en émet, donc qu’elle est en déséquilibre radiatif. Si les températures de surface de la mer et de l’atmosphère augment lentement, on a désormais la confirmation que l’énergie excédentaire a en fait été enfouie dans les profondeurs de l’océan.

La chaleur a été emmagasinée aussi bien dans la couche supérieure de l’océan, entre 0 et 500 mètres, que dans les couches plus profondes, entre 500 et 2000 mètres. Plus intéressant encore : si les températures de surface de l’océan ont suivi l’évolution dans le Pacifique entre les phase El Niño et La Niña, la couche située entre 100 et 500 mètres a connu une évolution opposée. Entre 0 et 500 mètres, l’océan s’est réchauffé de 0,005°C par an sur la période 2006-2013. Entre 500 et 2000 mètres, un réchauffement de 0,002°C par an a été observé. Entre 67 et 98% de l’accumulation de chaleur s’est faite dans les océans extratropicaux de l’hémisphère sud, notamment dans le Pacifique et l’océan indien, et dans une moindre mesure dans l’Atlantique sud.

 

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