Climat

Inondations au Texas : El Niño et effet de serre agiraient de concert

Les pluies qui se sont abattues sur le Texas et l’Oklahoma en mai 2015 ont battu tous les records  alors qu’El Niño était en cours d’émergence. D’après une nouvelle étude, les inondations dans les deux Etats américains ont été aggravées par le réchauffement climatique. 

En mai 2015, les stations de l’Oklahoma ont battu tous les records de précipitations avec en moyenne 370 mm, surpassant le précédent maximum établi en octobre 1941 avec 273 mm. Dans l’Etat du Texas, le record de juin 2004 (169 mm) a aussi été largement battu avec 224 mm. D’après une étude menée par Simon Wang, un professeur de l’université de Utah State, et des chercheurs taïwanais, ces trombes d’eau qui se sont abattues dans le sud des Grandes Plaines en mai 2015 ont été amplifiées par le réchauffement climatique.

Ce réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre augmente la teneur de l’atmosphère en humidité, ce qui favorise des précipitations intenses. L’étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters explique que le réchauffement climatique couplé à un phénomène comme El Niño est susceptible d’accroître le risque de voir tomber des pluies torrentielles.

Source : NOAA

Source : NOAA

Le phénomène El Niño a été officiellement annoncé en mars 2015 et depuis il n’a cessé de se développer. Il se manifeste par un réchauffement du centre et de l’est du Pacifique, contrairement aux épisodes La Niña, marqués par un réchauffement de l’ouest du bassin océanique. Avec El Niño, chaleur et humidité se déplacent le long de l’Equateur vers les côtes américaines, favorisant les précipitations dans cette région du globe. Le jet stream subtropical, un courant de vents de haute altitude, a en outre tendance à se déplacer vers le sud pendant les périodes marquées par El Niño, augmentant le risque de fortes précipitations dans des Etats comme le Texas.

Source : NOAA

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Simon Wang et ses coauteurs taïwanais ont découvert que le réchauffement climatique avait probablement accru la tendance d’El Niño à provoquer des pluies intenses depuis 1980. Outre l’importance de la chaleur latente, favorisée par le réchauffement climatique, les chercheurs ont aussi observé une ondulation du jet stream qu’ils attribuent au réchauffement du Pacifique tropical. Cette configuration a amplifié la dépression à l’ouest du Texas, ce qui a permis aux vents du sud d’apporter encore plus d’humidité en provenance du Golfe du Mexique.

Les auteurs de l’étude publiée dans Geophysical Research Letters ont mené des simulations via des modèles climatiques pour évaluer l’impact des gaz à effet de serre. D’après les modèles, la tendance d’El Niño à favoriser des précipitations importantes sur le Texas et l’Oklahoma est amplifiée par le réchauffement climatique.

Déjà auteur en 2014 d’une étude sur les liens entre El Niño et les vagues de froid et de chaleur aux Etats-Unis, Simon Wang estime que le grand responsable des extrêmes climatiques est plutôt à chercher du côté des Tropiques, où les oscillations de l’Océan Pacifique sont capables de perturber le climat de contrées très éloignées.

Avant 2014, la situation dans le Pacifique a été fortement suspectée d’avoir favorisé la sécheresse en Californie.  Le déficit en précipitations avait en effet commencé en 2011-12, au cours de la deuxième année d’une phase La Niña, et a persisté dans les années neutres 2012-2014. On espère donc en Californie qu’El Niño apportera des pluies salvatrices cet hiver. Même si on a vu qu’au Texas El Niño pouvait se manifester par des épisodes de pluies extrêmes et des inondations.

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