Climat

Température mondiale : record en septembre d’après la météo japonaise

Le record de chaleur a été très largement battu au mois de septembre, selon la JMA. L’agence météo japonaise annonce même la plus forte anomalie jamais enregistrée, tous mois confondus. Les chiffres de la JMA sont en outre plus impressionnants que ceux de la Nasa dévoilés il y a quelques jours.

Avec une anomalie de +0,50°C en septembre, la température mondiale a atteint en septembre un niveau record, selon la Japan Meteorological Agency (JMA). Le précédent record est littéralement explosé, on ne peut pas le dire autrement : avant cette année, la plus forte anomalie avait été établie en 2014 avec +0,35°C, ce qui était déjà un bond par rapport au précédent record (+0,26°C).

JMA Sep

C’est la 7è fois qu’un record de chaleur est battu cette année et l’anomalie atteinte en septembre est surtout la plus importante jamais relevée par la JMA, tous mois confondus. Parmi les 5 mois les plus chauds depuis 1890, 4 ont été enregistrés cette année. Le seul intrus dans cette liste est janvier 1998, marqué comme cette année par un phénomène El Niño exceptionnel :

Les 5 mois les plus chauds depuis le début des relevés en 1890 (source : JMA, écart à la moyenne 1981-2010)

Les 5 mois les plus chauds depuis le début des relevés en 1890 (source : JMA, écart à la moyenne 1981-2010)

On peut également voir ci-dessous la valeur extrême relevée en septembre 2015 :

Température mondiale au mois de septembre (écart à la moyenne 1981-2010). Source : JMA

Température mondiale au mois de septembre (écart à la moyenne 1981-2010). Source : JMA

On peut dès lors se demander pourquoi la JMA obtient un réchauffement aussi marqué en septembre alors que la NASA a annoncé un mois chaud, certes (2è plus forte anomalie depuis 1880), mais pas si exceptionnel. La différence s’explique sans doute par la manière avec laquelle les agences couvrent le globe.

Les 4 grandes mesures de la température mondiale obtenues à partir de stations au sol sont celles de la Nasa, de la NOAA, du Met Office et de la JMA. Mais la JMA ne couvre que 85% du globe, laissant les régions manquant de stations météo en dehors de ses analyses. Le Met Office (HadCRUT4) a fait un choix similaire et ne couvre que 86% de la planète avec 5500 stations. La NOAA utilise une autre méthode, l’interpolation des températures dans les zones qui manquent de données. L’interpolation est un  outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. Grâce à cette méthode, la NOAA affiche une couverture de 93% avec 7000 stations. La Nasa utilise l’interpolation pour des zones non couvertes jusqu’à 1200 km des stations les plus proches, ce qui lui permet de couvrir 99% de la planète avec 6300 stations. En outre, la Nasa est aussi celle qui affiche le maillage le plus fin et le plus précis.

Comme la température relevée par la Nasa en Antarctique a été particulièrement basse en septembre, il n’est pas étonnant que la JMA, qui n’a pas la même couverture des régions polaires, obtiennent une moyenne globale plus élevée. Mais certaines données manquantes en Antarctique laissent à penser que la Nasa pourrait corriger vers le haut ses chiffres de septembre. Une station clé, celle de Byrd, manque pour le moment à l’appel et il se pourrait que la région concernée ait été plus chaude que le reste du continent. On suivra dans les prochains jours les chiffres de la NOAA, qui comme on vient de le dire, couvre un peu moins bien les pôles. Il ne serait pas surprenant de voir la NOAA annoncer des chiffres entre ceux de la Nasa et de la JMA.

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2 réponses »

    • Les stations au sol mesurent la température directement,les satellies mesurent les émissions thermiques de le surface à travers la basse troposphère.
      Vous noterez que les temps des satellites sont beaucoup plus sensibles que les stations de surface aux éruptions volcaniques et à el Nino. L’une des explications est la moins grande sensibilité des mesures de surface au-dessus des océans.
      Autre difference : la couverture du globe.il y a peu de stations au sol aux pôles.
      Si l’on enleve l’influence de el Nino et des volcans, la tendance est la même. Si l’on prend une échelle de très long terme, la tendance est similaire, même sans ôter la variabilité naturelle

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