Climat

Satellites : 2016 efface 1998 des tablettes

Le record d’avril 1998 (+0,74°C au dessus de la moyenne 1981-2010) aura tenu longtemps.  Depuis le super El Niño 1997-1998, les satellites n’avaient pas relevé des niveaux aussi élevés, contrairement aux stations au sol. Il a donc fallu un autre phénomène El Niño exceptionnel pour que les données satellites UAH renouent avec des pics de température comparables à 1998. Les +0,83°C relevés en février 2016 constituent désormais la plus forte anomalie tous mois confondus.

Les chiffres des satellites ont été largement utilisés par les sceptiques pour contester la réalité du réchauffement climatique. Si les stations au sol ont mesuré des records de manière ininterrompue après 1998, les satellites n’avaient pas enregistré un réchauffement aussi impressionnant depuis. Les satellites ne mesurent pas directement la température à la surface du sol mais interprètent la température de la basse troposphère. Les températures tirées des satellites tendent à s’envoler lors des phénomènes El Niño.

La forte sensibilité à El Niño est une fois de plus démontrée. Le phénomène actuel est l’un des trois plus importants jamais observés. Le mois de janvier 2016 avait déjà été le plus chaud des mois de janvier depuis 1979 (début des mesures). Le bond de +0,3°C observé en février nous amène désormais à une anomalie supérieure à celle du mois le plus chaud de 1998, le mois d’avril. Voici le graphique des anomalies mensuelles  :

Température mondiale mensuelle entre janvier 1979 et février 2016 : anomalies par rapport à 1981-2010. Source : UAH.

Température mondiale mensuelle entre janvier 1979 et février 2016 : anomalies par rapport à 1981-2010. Source : UAH.

La chaleur de février 2016 est moins due aux Tropiques qu’en 1998, explique sur son site Roy Spencer, le responsable des données satellites UAH. L’anomalie atteint en revanche des niveaux extraordinaires dans l’hémisphère nord. La réanalyse NCEP CFSv2 montre que l’Arctique a une fois de plus été particulièrement chaud.

L’anomalie de +0,83°C est calculée par rapport à la période 1981-2010 et ne peut donc être comparée aux anomalies des stations au sol qui calculent la différence par rapport à la moyenne du 20 siècle. Les observations satellites ont commencé en décembre 1978 mais on peut ajouter les données de la NASA pour la période qui précède à des fins de comparaison. Cela ne change pas le classement des mois les plus chauds. L’anomalie en février serait pour UAH 1,32°C par rapport à la moyenne du 20è siècle.

Voici ce que donne la comparaison entre les stations au sol de la NASA et les données satellites UAH (+les chiffres de la NASA avant 1979) par rapport à la moyenne du 20è siècle :

NASA UAH
janv-15 0,83 0,75
févr-15 0,88 0,66
mars-15 0,9 0,66
avr-15 0,76 0,54
mai-15 0,82 0,73
juin-15 0,83 0,78
juil-15 0,75 0,6
août-15 0,8 0,7
sept-15 0,83 0,67
oct-15 1,06 0,84
nov-15 1,06 0,75
déc-15 1,16 0,89
janv-16 1,15 1,02
févr-16 ? 1,32

On peut s’attendre à ce que la NASA annonce une anomalie record également pour février 2016. L’annonce sera faite d’ici une quinzaine de jours. Les données quasi définitives de la réanalyse NCEP NCAR montrent que la température a atteint sensiblement la même anomalie que celle enregistrée par UAH par rapport à la période 1981-2010. Les derniers jours de février 2016 sont marqués par des anomalies sans précédent.

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