Climat

Bilan de température globale pour mai 2020 (définitif)

Cette page présente un bilan des archives du mois de mai issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

Ce bilan ne prend pas en compte d’autres archives de surface comme Hadcrut4, Berkeley Earth et JMA. D’une part parce que JMA et Hardcrut4 ne sont pas globales (ces séries couvrent environ 85% de la planète car elles omettent les régions polaires). La NASA et la NOAA couvrent respectivement 99% et 93% de la planète grâce à une méthode d’interpolation, un outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. D’autre part, Hadcrut4 et Berkeley Earth ne publient pas avec la même régularité que les agences recensées sur cette page.

Les derniers bilans du mois de mai ont été dévoilés par la NASA et la NOAA le 12 juin. Les deux agences américaines annoncent un record de chaleur pour mai 2020 avec respectivement +0,616°C et 0,504°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Rapportée à la moyenne 1951-1980, la température relevée par la NASA atteint +1,02°C. Par rapport à la moyenne préindustrielle (1880-1920), l’anomalie est de +1,29°C. Pour la NASA, les cinq premiers mois de 2020 sont à la 2e place des périodes janvier-mai depuis le début des archives en 1880, derrière janvier-mai 2016.

Carte d’anomalies de température par rapport à la période 1951-1980. Source : NASA.

 

Il y a quelques jours, ERA5 a également dévoilé un record de chaleur pour mai 2020 avec +0,627°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. ERA5 est une réanalyse de dernière génération qui semble afficher un  haut niveau de performance si l’on utilise la comparaison avec les autres séries de données comme étalon. Record aussi pour RSS avec +0,689°C au-dessus de 1981-2010.

Au final, quatre archives sur six mettent mai 2020 à un niveau record.

Anomalies de température mondiale en avril 2020 par rapport à 1981-2010. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.


Diapositive1

  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Pour mai 2020, l’anomalie moyenne calculée avec les données NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH, s’élève à +0,573°C au-dessus de la période 1981-2010. Il s’agit ainsi du mois de mai le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces six séries. Mai 2020 devance légèrement 2016 (+0,564°C). Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH :

Température mondiale calculée à partir des données NCEP-NCAR, ERA5, RSS et UAH, relativement à la période 1981-2010.


La tendance par décennie sur 30 ans (1990-2020) permet de mesurer le rythme du réchauffement en limitant l’influence de la variabilité naturelle. La synthèse des données donne un rythme de +0,199°C par décennie sur 1990-2020 en mai, soit +1,99°C par siècle.

NCEP-NCAR affiche le rythme de réchauffement le plus important sur 1990-2020 avec +0,248°C/décennie. UAH est de nouveau l’archive dont la tendance s’éloigne le plus de la moyenne avec +0,123°C/décennie.

Tendance en °C/décennie. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.


La corrélation entre les séries de données est résumée dans le tableau ci-dessous pour la période 1979-2020. Une valeur de 1 indique une corrélation positive parfaite. Plus la valeur se rapproche de 0, moins la corrélation entre deux séries est forte.

Le tableau des corrélations montre une grande proximité entre les variations de la NASA, de la NOAA et de ERA5. A l’inverse, UAH fait une nouvelle fois figure d’outsider.


Les données brutes des six organismes sont rapportées dans le tableau ci-dessous, toujours par rapport à la période de référence 1981-2010. Les archives recensées ici s’arrêtent à 1979, année des premières mesures satellites.

Catégories :Climat

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6 réponses »

  1. À noter que le Berkeley a aussi publié son compte rendu pour mai 2020, qui est là aussi le mois de mai le plus chaud depuis le début des mesures: http://berkeleyearth.org/may-2020-temperature-update/
    Désormais, la probabilité que l’année 2020 soit la plus chaude jamais enregistrée est estimée à 89%!

    Il faudra surveiller l’évolution des températures dans le Pacifique: pour l’heure, en faisant une moyenne des modèles, il semblerait qu’on se dirige vers une faible « la niña » au cours des prochains mois, ce qui pourrait faire baisser légèrement la température mondiale: https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/NMME/current/plume.html

    Quoi qu’il en soit, je pense que la baisse des températures ne pourra pas être aussi marqué en cours d’année 2020 qu’elle l’avait été en cours d’année 2016. En 2016, on était passé d’un « el niño » intense à une faible « la niña »; là, on part de conditions neutres pour aller vers une faible « la niña ». J’ai donc tendance à prendre les projections du Bekerley de plus en plus au sérieux.

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    • Gavin Schmidt (NASA) estime qu’il y a 72% de chances pour que Gistemp termine sur un record de chaleur en 2020 d’après sa dernière mise à jour. Avec une La Niña, les chances tombent à 52%.

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    • Ça ne fera que faire revenir l’argument « it’s the sun »… et retarder peut-être le petit âge de glace qui vient. 😇
      Ce qui me surprend, c’est que ce ne sera peut-être qu’en seulement 5 ans, alors que j’e m’attendais à bien plus, que des températures moyennes boostées positivement par la variabilité naturelle soient rejointes par des températures influencées à la baisse par cette même variabilité.

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    • Reste à le valider.
      Comme cette région est touchée aussi par des incendies, il n’est pas impossible que cela génère du bruit dans les relevés.

      Ce qui ne retirera rien des problèmes engendrés par ces anomalies persistantes, à commencer par le dégel du pergélisol.

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