Un article publié dans Nature Reviews rassemble les connaissances sur un grand danger futur, l’hyperthermie fatale lors des vagues de chaleur. Je le résume ci-dessous : 

Les événements centennaux, vagues de chaleurs qui frappaient tous les cent ans par le passé, se produisent maintenant tous les dix ou vingt ans. Dans le futur, des épisodes plus graves, aux températures plus élevées, se produiront, et atteindront des températures fatales pour les populations. Les canicules comportent d’autres dangers qui incluent la sécheresse, la mort du bétail et les incendies. 

La chaleur sèche est plus supportable que l’humidité. Quand nous pouvons transpirer, cela refroidit le corps, alors que dans atmosphère humide, la température du corps s’élève.

Les événements extrêmes, surtout inopinés tels que la vague de chaleur européenne de 2003, tuent énormément. Paris a alors enregistré plus de deux mille décès. Vancouver rapporte 355 victimes en 2021, malgré l’accueil d’urgence dans des lieux climatisés.  Les auteurs remarquent qu’il n’y a pas de chiffres fiables pour l’Afrique.

Lors d’une chaleur sèche, un jeune adulte sain survit généralement plusieurs heures jusqu’à 50°C. La mort est quasiment inévitable lorsque la température du corps atteint 42°C.  Dans cette étude, les scientifiques définissent deux seuils, unsurvivable que je traduirais par fatal, et uncompensable, qui signifie nocif pour la santé. Les deux seuils baissent avec l’humidité de l’air. 

Si l’air est très humide, même une température inférieure à 35°C est dangereuse. J’ai résumé d’autres études, notamment les maladies causées par la chaleur, problèmes rénaux ou fausses-couches, dans cet article en 2023 (article).

La résistance dépend de plusieurs facteurs. Les personnes âgées y succombent vite. Les enfants de moins de dix ans sont aussi plus fragiles. Les maladies cardiovasculaires et respiratoires sont des facteurs aggravants, et la pollution de l’air s’ajoute souvent à la fournaise. 

La prévention individuelle telle que les habits légers, le repos ou l’hydratation réduit beaucoup la mortalité. L’information météorologique est donc très importante. Le travail physique lors des vagues de chaleur, notamment celui des agriculteurs, fait des nombreuses victimes. La canicule de 2015 au Pakistan fut fatale à ceux qui n’avaient pas accès à l’eau ou d’électricité. La végétation réduit la chaleur à proximité. La conception avisée des bâtiments peut aussi protéger les habitants. Bien que ces mesures soient très utiles, des chaleurs supérieures qui nécessiteront des mesures supplémentaires sont possibles à l’avenir. L’air conditionné est coûteux, exigeant en énergie, réchauffe les alentours et les pannes de courant sont fréquentes. Les diffuseurs d’eau rafraîchissent un peu l’air, mais pourraient aussi aggraver la chaleur humide et les pénuries menacent. 

En 2024, plus de mille personnes sont décédées pendant le pèlerinage à la Mecque. La chaleur y dépassait le seuil de nocivité pour l’humain, elle atteignait 52°C. Une forte augmentation de mortalité lors d’épisodes nouveaux, plus forts, est possible à l’avenir. 

A deux degrés de réchauffement, la chaleur nocive menace les 35% des terres de la Planète. La température maximale utilisée dans cette étude, 51,9°C, sera atteinte dans 50 villes à +2°C. Si le réchauffement atteint 4°C, cette valeur aujourd’hui extrême sera dépassée dans 5’000 endroits sur Terre. Il est certain alors qu’elle frappera fréquemment l’Europe, où le réchauffement est actuellement très rapide, et nous serons souvent confrontés à des semaines très dangereuses. L’éventualité de villes décimées, de mortalité massive est à considérer sérieusement.

Selon le dernier communiqué Copernicus que j’ai lu, le mois de janvier 2025 était le plus chaud de l’Histoire, à 1,75°C au -dessus des températures préindustrielles. Un réchauffement de 2°C et les canicules associées sont très vite possibles. Il faut dès maintenant préparer les plans pour protéger la population pour des canicules exceptionnelles qui pourraient frapper nos villes ces prochaines années. 


En savoir plus sur global-climat

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

3 responses to “Mortalité et chaleur extrême : des risques appelés à s’intensifier”

  1. Avatar de marcblasband
    marcblasband

    Merci Merci et encore Merci. Malheureusement tu ne convaincs que des convaincus. Les autres ne veulent pas savoir.

    Une question cependant: on parle de l’arrêt du Gulf Stream et d’un refroidissement massif en Europe à ce moment. Qu’en est-il? Est-ce un refroidissement que nous allons vivre ou des extrêmes plus violents. Donc effectivement des températures plus basses, mais aussi des températures encore plus hautes?

    Amitiés

    Marc

    J’aime

    1. Avatar de Dorota Retelska
      Dorota Retelska

      Bonjour, c’était le sujet du blog précédent, lisez-le!

      J’aime

      1. Avatar de marcblasband
        marcblasband

        Chère Dorota,

        J’avais oublié que c’était toi qui m’avais fourni cette info. Excuses.

        Je reste cependant avec ma question. D’un côté le réchauffement dû au climat et de l’autre le refroidissement dû au ralentissement du Gulf Stream. Quelle est la somme des deux? A-t-on une idée de la résultante probable?

        Amitiés et encore merci,

        Marc

        J’aime

Laisser un commentaire