Les modèles climatiques qui calculent le climat futur sont basés sur l’Histoire de la Terre. La géologie nous a apporté des renseignements sur les glaces, les océans, et les animaux et végétaux du passé. L’air ancien a laissé des traces dans des bulles congelées dans les profondeurs des glaciers polaires et dans les coquilles de minuscules animaux marins. Un élément du passé restait inconnu. Les nuages étaient difficiles à reconstituer. Aujourd’hui, les observations satellites montrent que la couverture nuageuse est en train de changer, et ces changements amplifient déjà le réchauffement climatique.
La nébulosité influence l’énergie absorbée par la Terre de deux façons opposées. D’une part, les nuages bas, tels que les stratocumulus ou les stratus marins, refroidissent la planète en réfléchissant une partie du rayonnement solaire vers l’espace. D’autre part, les couches plus élevées, comme les cirrus ou les nuages convectifs tropicaux, retiennent la chaleur infrarouge émise par la surface terrestre, contribuant ainsi à l’effet de serre. L’équilibre entre ces deux effets est subtil, et toute modification dans la répartition ou la structure des nuages peut entraîner des conséquences importantes pour le climat global.

Depuis le début des années 2000, les satellites d’observation de la Terre (notamment MODIS et CERES) ont permis de suivre l’évolution du voile nuageux à l’échelle planétaire. Les données révèlent une tendance nette : la couverture en stratocumulus diminue, en particulier au-dessus des grands bassins océaniques subtropicaux, comme le Pacifique Est et l’Atlantique Sud. Ces formations jouent un rôle clé dans la limitation du réchauffement. Leur raréfaction signifie que davantage de rayonnement solaire atteint la surface terrestre, et davantage de chaleur s’accumule dans les océans et l’atmosphère. Un tel changement a provoqué une augmentation soudaine du réchauffement climatique en 2023. Malheureusement, ce bouleversement climatique était amorcé depuis une vingtaine d’années et selon de récentes observations, les stratocumulus ne reviennent pas.
D’autre part, les hauts cirrus anvil sont plus abondants. Ces formations trouvent leur origine dans d’intenses processus convectifs et renforcent l’effet de serre naturel. Cette transition – moins de nuages bas refroidissants et plus de nuages hauts réchauffants – est une rétroaction positive du climat. La chaleur modifie la nébulosité, et celle-ci accélère le réchauffement.
Les recherches récentes estiment que les changements dans la couverture nuageuse ont déjà ajouté environ 0,3 à 0,5 °C au réchauffement climatique observé depuis l’ère préindustrielle. Cet effet pourrait provoquer un changement plus rapide et s’amplifier par la suite. Les nuages, cette grande inconnue du climat, se montrent très dangereux. Les modèles théoriques indiquent que dans un Futur plus chaud, les nuages pourraient disparaître et ajouter 8°C supplémentaire à notre climat. Cela provoquerait une transformation radicale de notre Planète, mortelle pour beaucoup.

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