Hier, j’ai entrevu une vidéo sur le climat intitulée : « Nous avons perdu ». C’est vrai que juste là, ce n’est pas gagné. Nous sommes engagés dans un réchauffement qui pourrait dépasser 2°C en 2040, selon notamment le dernier calcul de James Hansen (lien), et parce que d’autres facteurs d’accélération pourraient se renforcer bientôt. Nous pouvons faire beaucoup pour sauver le climat, et cela assez simplement. Il faut que nos gouvernements prennent la mesure du danger et consacrent une partie adaptée du budget à assurer la vie de leurs populations. Là, je me demande quelle part serait-il raisonnable d’investir dans la survie des citoyens, et je pense à 90%. C’est l’essentiel que nous devons assurer en premier. Mais il n’en faut pas autant. De nombreuses solutions basées sur les plantes sont bon marché, rapidement utilisables et efficaces.

La capture de carbone dans les déchets des cultures agricoles, la reforestation de 77% des champs actuels ainsi que la capture de carbone dans des réacteurs d’algues ont chacune un immense potentiel. D’ailleurs il y a quelques années la part des champs utilisée pour l’élevage était de 60%, puis 70%, je remarque qu’elle s’accroît rapidement, avec des conséquences dramatiques pour notre sécurité.

Les végans proposaient depuis longtemps de sauver la Planète en reboisant tous les champs utilisés pour l’élevage, et toute surface disponible. Nous pourrions ainsi capter jusqu’à 800 Gt de carbone et réduire le réchauffement d’un demi-degré Celsius sur des décennies. Ensuite, je crois que le carbone pourrait s’accumuler encore dans le sol forestier. Nous pourrions imaginer des systèmes agricoles mixtes avec des poules sous les arbres, nourries de restes de nos aliments.

La capture de carbone dans des réacteurs d’algues est une technique de biotechnologie. Elle pourrait être développée à l’échelle industrielle jusqu’à résoudre entièrement le problème de l’effet de serre. La biomasse produite pourrait être compactée par BECCS et enterrée, ou fournir directement des matériaux utiles, des plastiques, des tissus, des matériaux de construction et des aliments. Là nous avons besoin d’ investissements financiers pour développer ces techniques à une immense échelle et cela prendra quelques années mais c’est possible à un prix modéré.

Troisièmement, une étude récente établit que les déchets des cultures agricoles peuvent réduire le réchauffement. Ces résidus sont aujourd’hui brûlés dans de nombreuses exploitations. La recherche menée par Ayati et al. (2025) dans Cleaner Environmental Systems, applique une analyse de cycle de vie dynamique à l’échelle mondiale. Ce type de calcul est très utile et représente mieux la situation réelle.


Chaque année, des milliards de tonnes de paille de blé, de tiges de maïs, et de balles de riz agricoles sont brûlées. En Asie, les résidus de blé et de riz sont fréquemment brûlés. Le carbone retourne alors dans l’atmosphère en quelques mois. Il vaut déjà mieux qu’ils soient répandus sur le sol, pour le protéger de la sécheresse et l’enrichir en carbone. Ces fibres pourraient stocker du carbone pendant des décennies si elles étaient utilisées dans des matériaux de construction. Elles pourraient servir d’isolants, de panneaux ou de plaques composites. Elles pourraient aussi enrichir le sol.

Selon l’étude, arrêter la combustion à ciel ouvert et détourner ces fibres vers des produits durables pourrait refroidir la Planète de 0.5°C au 21ème siècle.

Le secteur du bâtiment doit alors intégrer ces matériaux à grande échelle. Des recherches sur les coques de noisettes intégrées dans des murs en terre compactée montrent déjà des performances environnementales prometteuses. Les briques à base de chanvre, de hempcrete, isolent bien du bruit, du feu et semblent très solides.

J’ai aussi donné un coup de main il y a une dizaine d’années à la construction d’une maison en terre-paille de ce type à la Ruche à Lablachère. Cette technique de construction utilisable sans machines ni électricité pourrait être encouragée dans des régions rurales peu industrielles de la Terre. Les entrepôts pourraient aussi être construits dans ce type de matériaux.

Les résidus agricoles deviennent ainsi une ressource climatique décisive. La biomasse végétale pourrait aussi stocker le carbone sous forme de biochar ou d’autres matériaux de construction. Nous devons mettre cela en place, et généralement passer à une économie entièrement durable dès que possible.

Je n’ai pas fait le tour des nombreuses solutions de capture de carbone par les végétaux, il y en a bien plus. C’est facile, il faut juste les valoriser au niveau économique. Nous pouvons éliminer progressivement l’effet de serre et nous pouvons commencer aujourd’hui.


Communiqué: https://phys.org/news/2026-01-farm-carbon-decades.htmlhttps://phys.org/news/2026-01-farm-carbon-decades.html

Etude: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666789425001400?via%3Dihub


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