J’ai déjà présenté le projet Planetary Solvency dans un article en octobre 2025, vous le trouverez ici. Dirigé par Tim Lenton, ancien auteur principal du GIEC, il tient compte des événements extrêmes qui dépassent les prévisions du GIEC, et des boucles de rétroaction positives du climat. Leurs conclusions sont appuyées notamment par Johan Rockström, climatologue conseiller de l’Europe.
J’ai relu le rapport « Planetary Solvency– finding our balance with nature Global risk management for human prosperity« , publié en janvier 2025 par l’Université d’Exeter.
J’ai maintenant intégré qu’ils aimeraient faire de leur projet l’outil officiel de calcul de risques et de solutions climatiques pour l’Europe et gouvernements mondiaux. C’est une bonne idée. Leurs chiffres ne sont toujours pas parfaits, notamment parce que le climat a encore dépassé les prévisions depuis le début de ce projet, mais ils sont plus proches de la réalité. J’espère donc que nos pays adopteront ce cadre et feront face au problème climatique.
Risques climatiques
Ils basent le calcul sur la dépendance de nos sociétés et de nos économies de la Terre, qui nous fournit l’essentiel, l’eau, la nourriture, l’énergie et et les ressource premières.
Le réchauffement et la perte de la Nature menacent la stabilité du climat, des événements extrêmes sont déjà fréquents et les boucles de retroaction pourraient déstabiliser le climat (p3).
Ils informent ensuite que les impacts du changement climatique se matérialisent à des températures plus basses que prévu, et que les événements extrêmes dépassent les projections (p.4).
Il s’agit maintenant d’une question de sécurité pour des populations touchées par des feux, des inondations, des chocs d’approvisionnement alimentaires, la pénurie d’eau, la chaleur et les épidémies.
Si nous ne l’empêchons pas, une mortalité massive, des migrations de masse involontaires, une grave contraction économique et des conflits deviennent plus probables.
A la p28, le rond noir marqué 3 indique qu’en 2050, nous pourrions décimer l’Humanité, perdre environ un dixième des vies humaines, près d’un milliard de personnes. J’intègre la page ci-dessous. C’est aussi visible sur le site https://global-tipping-points.org/planetary-solvency/.
Je vous donne ici quelques détails du rapport. A la p29 (jointe en bas), il est écrit noir et rouge sur blanc que nous sommes dans la trajectoire de risque rouge. Un réchauffement de plus de 2°C en 2050 est hautement probable, et +3°C sont possibles aussi. Les points de bascule augmentent exponentiellement le risque au-dessus de 1.5°C, pour la sécurité alimentaire et le PIB.

Un des plus importants climatologues européens, Johan Rockström, le dit aussi dans une conférence fin 2025, à la minute 24 de cette vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=d3zWa_sz5JQ
La trajectoire actuelle du climat pourrait donc mener à la mort d’un millard de personnes en 2050. Des pays entiers sont menacés et nul n’est à l’abri. De plus, ce n’est pas précisé ici mais le climat deviendrait alors très variable et dangereux.
Gestion des risques
Ils considèrent que l’accord de Paris a été conclu sans un calcul de risque réaliste, et des trop graves dangers ont été acceptés.
Les calculs de risque habituels sont basés sur la valeur économique. Ils n’incluent pas les risques les plus graves, le risque de ruine. Selon ces climatologues et actuaires, ils sont donc faux. La dégradation des écosystèmes dont nous dépendons aggrave les risques.
Ils recommandent donc d’effectuer des calculs de risque annuels selon le cadre qu’ils ont défini, et de le communiquer au conseil de sécurité de l’ONU qui les intégrerait dans des initiatives de solutions structurées telles que le Pacte pour le Futur (p.5). Les chiffres cités plus haut changeront donc, et pourraient encore augmenter.
Des limites et des seuils de sécurité devraient être définies et nos activités devraient y être adaptées. L’information sur les risques devrait être transmise au Conseil de sécurité de l’ONU, aux pays membres, et au public.
Les décideurs et les législateurs devraient ensuite être formés sur les risques climatiques et mettre en place des lois et des encouragements pour un Futur durable et juste dans les limites planétaires (p.6). Cela donnera naissance à une nouvelle politique climatique dont nous avons vraiment besoin.
A la page 29, ils recommandent donc de:
- De mettre en place, d’effectuer et des communiquer des calculs de risque réalistes
- De nous préparer à un réchauffement plus rapide
- De nous adapter à des risques de plus en plus sévères, sans précédent et d’intégrer cela aux plans de sécurité nationaux
- De mettre en place une législation qui réduirait les émissions et accélérerait la transition énergétique
- D’incorporer la Nature et la Justice aux exigeances de transition des entreprises
J’arrête ici cet exercice de traduction. Je joins encore en dessous la page 29. Il découle de ce rapport que la situation climatique est très sérieuse. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver. Nous devons y faire face et décider de sauver nos vies. J’ai alerté de nombreuses fois sur la gravité imprévue des événements climatiques et sur les dangers futurs, et je vous fournis la la version la plus officielle qui pourrait bientôt devenir la référence de toute politique climatique. Espérons que leurs propositions seront réalisées rapidement et que nous cesserons de foncer droit dans le mur du climat.


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