Climat

Le réchauffement climatique va-t-il perturber les courants de l’Atlantique ?

Le réchauffement climatique pourrait ralentir la circulation de l’Océan Atlantique. Une étude de l’université de Bergen (Norvège) démontre que la formation des eaux profondes de l’Atlantique est susceptible d’être perturbée par le refroidissement des eaux de surface. Le phénomène s’explique par la fonte des glaciers et les précipitations en hausse.

La zone située entre le Groenland et la Norvège est le lieu où les denses eaux de surface, froides et salées, plongent vers le fond de la mer, se dirigeant vers le sud. Ce mouvement permet à de l’eau plus chaude de remonter des tropiques vers le nord. C’est ainsi que le Gulf Stream réchauffe les côtes européennes.

Cette circulation pourrait cependant être contrariée, selon Eirik Vinje Galaasen, de l’université de Bergen, et ses collègues de l’université de Rutgers, du LSCE et de Cambridge. Les climatologues et les océanographes s’interrogent depuis longtemps sur l’évolution du tapis roulant, suspectant qu’une arrivée massive d’eau douce aux abords du Groenland n’interrompe le mouvement des eaux vers le fond de l’Atlantique, perturbant le cycle tout entier et donc le Gulf Stream.

C’est le scénario catastrophe popularisé dans le  film « Le jour d’après » où l’interruption de la circulation océanique plonge l’hémisphère nord dans une nouvelle période glaciaire.

Pour en savoir plus, les chercheurs norvégiens ont examiné des sédiments retrouvés dans les fonds marins au sud du Groenland. Les sédiments examinés datent de la dernière période interglaciaire, il y a 125 000 ans. A cette époque, l’Atlantique Nord était plus chaud et le niveau de la mer plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui.

Durant l’ère interglaciaire, la formation des eaux profondes a connu une série d’importantes fluctuations. Le mouvement s’est ralenti à plusieurs reprises.  A chaque fois, la circulation a été affectée pour une centaine d’années avant de reprendre.

Ces sédiments n’avaient pas pu être interprétés correctement jusqu’à présent, précise Eirik Vinje Galaasen, en raison de leur accumulation réduite à quelques millimètres sur la plupart des sites. Mais au Groenland, les sédiments retrouvés ont permis d’affiner l’étude de la circulation thermohaline et ces brèves périodes – à l’échelle géologique – ont pu être recensées.

Il reste maintenant à déterminer quel impact aura le ralentissement de la formation des eaux profondes. Il n’est pas certain  que la fonte des glaciers suffise dans les prochaines années à perturber le mouvement au point d’empêcher le Gulf Stream d’adoucir le climat européen. Il faudrait qu’une importe quantité de glace groenlandaise se déverse dans l’océan.

Paradoxalement, le réchauffement climatique, en provoquant un afflux d’eau douce dans l’Atlantique Nord, pourrait entraîner un rafraichissement en Europe mais ce scénario n’a rien de certain. Le ralentissement de la circulation océanique pourrait même accentuer le réchauffement climatique en réduisant la quantité de CO2 absorbée par la mer. Pour le nord de l’Afrique, cet affaiblissement pourrait intensifier les sécheresses, préviennent les auteurs de l’étude.

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