Climat

Une étude réévalue la sensibilité du climat à un doublement du CO2

Un doublement de la concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait conduire au minimum à une élévation des températures de 1,7 degrés, selon une étude de la NASA. Les dernières prévisions annonçant une hausse minimum de 1 degrés d’ici 70 ans sont trop optimistes : une mauvaise compréhension du rôle des aérosols aurait faussé les anticipations climatiques.

Pour expliquer le ralentissement du réchauffement climatique, des études provenant notamment du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avaient récemment suggéré que l’atmosphère terrestre pouvait finalement être moins sensible aux gaz à effet de serre que ce que l’on croyait.

La température a augmenté de 0,12 degrés par décennie depuis 1951 mais depuis 1998, la tendance décennale est passée à 0,05 degrés alors que les émissions de dioxyde de carbone ont continué à progresser à un rythme soutenu. En conséquence, le GIEC a dans son dernier rapport revu à la baisse sa prévision, estimant qu’un doublement de la concentration en CO2 aurait un impact moins important sur les températures globales.

Dans une étude parue dans Nature Climate Change, Drew Shindell, climatologue à la NASA,  conteste cette révision, considérant que la température moyenne du globe sera plus élevée d’au moins 1,7 degrés dans 70 ans, lorsque la concentration en CO2 aura doublé. Il serait hautement improbable selon le chercheur américain que la température s’élève de moins de 1,3 degrés.

Pour parvenir à ce résultat, Drew Shindell a revu à la hausse la sensibilité du climat aux aérosols. L’impact de ces derniers est difficile à déterminer. Les aérosols sont émis par des sources naturelles comme les volcans et les feux de forêts mais sont aussi le fait des activités humaines comme l’industrie, l’automobile ou la production d’énergie. Leur effet refroidissant a permis de contrecarrer le réchauffement climatique, notamment en Asie avec le fort développement industriel de la Chine et de l’Inde. Globalement, les aérosols sont massivement émis dans l’hémisphère nord, alors que l’hémisphère sud, où l’océan occupe plus de place, ne peut avoir la même contribution. L’hémisphère nord est plus sensible au CO2 et aux aérosols en raison des terres, de la glace et de la couverture neigeuse qui réagissent plus vite aux variations de températures que l’océan.

Le problème, c’est que les modèles n’ont pas pris en compte le déséquilibre dans les émissions d’aérosols et tablent sur un impact uniforme à travers le globe. Drew Shindell a ainsi constaté que les précédentes études avaient sous-estimé l’effet refroidissant des aérosols. Autrement dit,si les aérosols étaient uniformément distribués, leur impact serait moindre.

Après correction, le réchauffement climatique attendu d’un doublement de la concentration de CO2 correspond à ce que les modèles prévoyaient avant que la « pause » des températures ne sème le doute.

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