Climat

Sécheresses, pluies torrentielles : la mousson indienne tend vers les extrêmes

Une étude publiée dans la revue Nature Climate Change indique que la mousson asiatique connait de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes depuis les années 80. Les périodes sèches sont plus fréquentes alors que les épisodes de fortes pluies ont gagné en intensité.

La mousson affecte directement la vie de près de 20% de la population mondiale. Elle est responsable de 85% des précipitations annuelles indiennes, ce qui en fait un élément vital pour l’agriculture du pays. La mousson démarre dans le sud de l’Inde avant de se répandre sur l’ensemble du sous-continent à la mi-juillet. Noah Diffenbaugh, professeur spécialiste du climat à Stanford, a collaboré avec des statisticiens pour étudier l’évolution de la mousson sur les 60 dernières années. Les résultats ont été publiés fin avril 2014.

D’après Deepti Singh, coauteur de l’étude, les événements extrêmes qui surviennent durant les mois de la mousson, en été, peuvent être aussi importants que la quantité totale de précipitations. Il est donc important d’en étudier les variations : même si elles ne durent que quelques jours, les périodes sans pluies et celles marquées par des précipitations abondantes jouent un rôle déterminant pour les fermiers indiens. Durant leur phase de croissance, les cultures sont particulièrement vulnérables et un  manque de pluie peut gravement affecter les rendements agricoles. D’un autre côté, de courtes périodes de pluies torrentielles peuvent provoquer des catastrophes humanitaires comme en 2005 avec les inondations qui ont fait des milliers de morts à Bombay.

Ainsi, de nombreux agriculteurs indiens sont-ils dépendants des événements extrêmes qui surviennent au cours de la mousson. Dans ce contexte, les chercheurs ont voulu analyser les précipitations relevées entre 1951 et 2011 et ont été capables d’observer des tendances. L’étude montre depuis 1981 une baisse des précipitations dans les régions indiennes les plus concernées par la mousson en même temps qu’une augmentation significative de la variabilité journalière du niveau de précipitations.

Noah Diffenbaugh et ses collègues ont surtout constaté une hausse significative de la fréquence des épisodes secs ainsi qu’une plus grande intensité des phénomènes humides. L’étude révèle donc une variabilité accrue du climat, une donnée aussi importante que la quantité totale de précipitations durant toute la saison de mousson.

Il reste maintenant, selon Noah Diffenbaugh, à déterminer les causes de l’évolution de la mousson. La hausse des émissions d’aérosols et de gaz à effet de serre est suspectée être à l’origine de ces changements mais il n’y a pour l’heure aucune certitude. Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que les observations de la mousson indienne, depuis une trentaine d ‘années, sont conformes à ce que l’on attend du réchauffement climatique : des périodes de sécheresse plus fréquentes entrecoupées de précipitations plus intenses.

 

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