Climat

Une étude explique les changements climatiques opposés des deux hémisphères

Des chercheurs coréens apportent la preuve que l’hémisphère nord et l’hémisphère sud ont connu des changements climatiques opposés ces 550 000 dernières années. En fonction de l’insolation, la zone intertropicale humide se déplace vers le nord ou vers le sud, conduisant le climat des deux hémisphères dans des directions opposées. L’étude pourrait améliorer la compréhension des changements survenus lors des ères glaciaires et interglaciaires.

On savait que l’hémisphère sud et l’hémisphère nord n’avaient pas évolué de concert à travers les âges mais les raisons de cette divergence n’ont pas encore pu être déterminées avec certitude. Pour ce qui est de la dernière déglaciation, les archives prélevées dans les calottes du Groenland et de l’Antarctique montrent que le réchauffement climatique n’a pas été synchronisé  entre les deux hémisphères. En raison de la position de la Terre par rapport au soleil, l’ensoleillement dans la région arctique a d’abord considérablement augmenté  il y a 20 000 ans un. Selon le scénario classique établi par les scientifiques, cette forte insolation a tout d’abord favorisé la fonte des glaces qui régnaient alors dans l’hémisphère nord. Cette débâcle a peut-être perturbé la circulation océanique, provoquant un réchauffement des mers de l’hémisphère sud et entraînant une fonte accélérée de l’Antarctique. La hausse des niveaux de CO2 a ensuite pris le relais et contribué à réchauffer l’ensemble de la planète.

Source : NOAA

Source : NOAA

 L’image de gauche montre la couverture de glace de l’hémisphère nord en été il y a 18 000 ans alors que l’ensoleillement commençait à fortement  s’intensifier.

Celle de droite montre ce qu’il en reste aujourd’hui.

 Un autre facteur n’a cependant pas été pris en compte dans ce scénario, c’est le déplacement de l’humidité tropicale, vecteur de chaleur, entre les deux hémisphères. Dans une étude publiée dans Nature, une équipe coréenne emmenée par le professeur Kyoung-Nam Jo, du Département de Géologie de l’Institut coréen des sciences de la terre et des ressources minérales (KIGAM), soutient cette thèse d’un réchauffement d’origine tropicale. Le KIGAM apporte en effet des preuves d’un déplacement de la zone de convergence intertropicale (ZCIT) en fonction de l’insolation. Lorsque l’hémisphère nord connait une période d’ensoleillement particulièrement important, la ZCIT tend à se déplacer vers le nord et  l’hémisphère sud connait une phase sèche et froide. L’inverse se produit lorsque l’insolation diminue au nord. Le phénomène de déplacement de la ZCIT  impacterait surtout les moyennes latitudes, selon l’étude du KIGAM. On voit cependant dans les archives dévoilées par les chercheurs sud-coréens que le climat dans les régions polaires a évolué en même temps que les déplacements de la ZCIT. La zone de convergence intertropicale est le lieu où se rencontrent les alizés des deux hémisphères, au niveau de l’Equateur. Même de nos jours, en été, elle a tendance à aller vers le nord alors qu’en hiver elle se déplace légèrement au sud. C’est l’ensoleillement qui impulse le mouvement de cette zone humide et chaude. Il semble donc logique que la ZCIT se soit également déplacée lors de la dernière déglaciation, lorsque l’ensoleillement était très important dans l’hémisphère nord.

Source : Météo France

Source : Météo France

Avec leur étude publiée dans Nature,  Kyoung-Nam Jo et ses collègues apportent des preuves de ces changements hydrologiques. Les scientifiques ont exploré plus de 200 grottes en Corée et recueilli 24 échantillons de stalagmites dans 15 grottes calcaires. Il a été constaté que les stalagtites se sont bien développées au cours des époques interglaciaires quand il faisait chaud et humide, alors que leur croissance a stagné au cours des époques glaciaires. En raison de la bascule hydrologique inter-hémisphérique, quand il pleut souvent dans une région qui appartient à la zone de convergence intertropicale (ZCIT), cela accélère la croissance des plantes et augmente la température, tandis que d’autres zones présentent un temps froid et sec. Si, comme le suppose l’étude du professeur Jo, le phénomène s’est étendu aux régions tempérées, le jeu de bascule peut être considérée comme un autre facteur clé avec le changement d’insolation.

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