Climat

La variabilité naturelle pèse de moins en moins sur le climat

Le climat varie en fonction de facteurs naturels mais aussi en raison du réchauffement climatique dû aux activités humaines. La part de la variabilité naturelle dans l’évolution des températures est cependant en forte baisse depuis les années 80, d’après une étude de l’Université de Tokyo.

Un débat anime actuellement la communauté scientifique pour déterminer les causes de ce que l’on qualifie désormais de pause dans le réchauffement climatique. Ce ralentissement constaté depuis le début des années 2000 fait l’objet de diverses théories.

 Une récente étude publiée par Ka-Kit Tung, de l’université de Washington, affirme que c’est dans l’Océan Atlantique que se trouve la clé de la pause climatique, en raison d’un cycle naturel lié à la salinité de l’eau de mer.

L’hypothèse qui semble obtenir le plus de crédit parmi les chercheurs est cependant celle liée à l’Océan Pacifique. Ces dernières années, le renforcement des alizés, les vents qui soufflent d’est en ouest à travers le Pacifique, est suspecté être à l’origine du hiatus dans l’évolution des températures mondiales. Lorsque les alizés se renforcent, le Pacifique est dans une configuration propice à l’émergence de phénomènes La Nina. Dans ce contexte, les vents d’est ont tendance à enfouir la chaleur dans l’océan. Inversement, les épisodes El Nino permettraient à cette chaleur d’émerger à nouveau et d’élever la température moyenne à la surface du globe.

On voit que les années 90, marquées par El Nino, ont connu une forte hausse des températures mondiales. Depuis 1998, les épisodes de type La Nina ont été plus fréquents et les températures ont moins augmenté. (Source : GISS/NASA)

On voit que les années 90, marquées par El Nino, ont connu une forte hausse des températures mondiales. Depuis 1998, les épisodes de type La Nina ont été plus fréquents et les températures ont moins augmenté. (Source : GISS/NASA)

Constatant que les modèles actuels indiquaient que le hiatus climatique trouvait son origine dans le refroidissement de l’est du Pacifique, Masahiro Watanabe et ses collègues de l’Université de Tokyo ont voulu étudier la part de la variabilité naturelle dans l’évolution du climat mondial.

Ils ont découvert que les facteurs naturels comme le renforcement des vents d’est soufflant sur le Pacifique avaient de moins en moins d’influence sur la température moyenne de la planète. En excluant l’impact des activités humaines sur le climat, les chercheurs ont pu déterminer que la variabilité naturelle avait provoqué une hausse de 0,11°C dans les années 80, de 0,13°C dans les années 90 et  une baisse de 0,11°C dans les années 2000.

Dans l’étude publiée dans Nature Climate Change les années 80, les facteurs naturels représentaient 47% de la variation des températures, dans les années 90 environ 38% et dans les années 2000 ils ne comptaient plus que pour 27%.

Inversement, le réchauffement dû aux gaz à effet de serre liés aux activités humaines sont responsables d’une part grandissante des changements annuels de températures.

Si la variabilité naturelle a de moins en moins d’influence sur le climat, il semble que l’on doive s’attendre à ce que des épisodes comme la pause actuelle des températures soient de moins en moins susceptibles de se produire.

L’étude de l’Université de Tokyo montre que même si les facteurs naturels agissent toujours, que cela soit avec la chaleur enfouie dans le Pacifique ou dans l’Atlantique, cette part est vouée à s’atténuer dans un contexte de progression des émissions de gaz à effet de serre.

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