Climat

Etendue de la glace de mer polaire : ce que disent les satellites des années 60

Des images de la Terre prises par des satellites de la NASA ont été redécouvertes après avoir été oubliées dans les archives pendant une quarantaine d’années. Ces clichés apportent des informations précieuses sur l’évolution des glaces de l’Arctique et de l’Antarctique avant les relevés réalisés par les satellites modernes.

Jusqu’à présent, les plus vieilles images satellites permettant de connaître l’étendue de la glace de mer polaire dataient de 1979. Grâce à une trouvaille faite dans les archives de la NASA il y a 4 ans, il est désormais possible de remonter à 1964, date de lancement des premiers satellites Nimbus. La NASA n’avait pas réellement perdu les données en question, qui étaient stockées dans les archives, mais elle avait perdu la capacité d’y accéder.

Au terme d’un long travail documentaire, David Gallaher et Garrett Campbell, du National Snow and Ice Date Center (NSIDC) ont réussi à former une image de l’Antarctique et de l’Arctique tels qu’ils étaient dans les années 60. Les deux scientifiques aidés par des étudiants de l’université du Colorado ont ainsi pu déterminer quelle surface avait atteint la glace de mer.

C’est une découverte importante car les glaces de l’Arctique et de l’Antarctique sont considérés comme des indicateurs des changements climatiques en cours. La banquise fond-elle ou pas ? S’agit-il d’une tendance naturelle ou d’un phénomène lié aux gaz à effet de serre ?  C’est avec de telles questions en tête que l’on scrute jour après jour l’évolution des pôles.

Ce que l’on savait déjà, grâce aux données des satellites modernes, c’est que depuis 1979 l’Arctique a connu une forte diminution de l’étendue de la glace de mer. La plus faible extension a été atteinte en 2012 avec 3,41 millions de km2. Grâce aux données de Nimbus, on a pu découvrir qu’en septembre 1964 l’étendue de la glace de mer était similaire à ce qu’elle était à la fin des années 70, de l’ordre de 7 millions de km2. Ces nouvelles données confirment donc la tendance de fond au retrait de la banquise.

Source : NSIDC

Source : NSIDC

Source : NSIDC

Source : NSIDC

L’Antarctique, inversement, connaît depuis 1979 une progression de la surface de la glace encerclant le continent. Un phénomène surprenant alors que l’on s’attendrait à ce que le réchauffement climatique agisse en faveur d’un retrait de la banquise. Un pic a été atteint cette année avec la plus grande surface jamais relevée. Les données de Nimbus sont très intéressantes puisqu’elles montrent que la surface de la glace de mer était quasiment aussi importante en 1964 (avec 19,7 millions de km2) que lors du record atteint cette année le 22 septembre (avec 20,11 km2). Autre phénomène à relever : deux ans plus tard, en 1966, les glaces de l’Antarctique avaient régressé de 20%, selon les données de Nimbus 2 ! On peut donc supposer que les glaces de l’hémisphère sud sont soumises à une importante fluctuation naturelle. Le record d’extension de cette année est similaire aux niveaux que l’on pouvait trouver dans les années 60 et on peut en déduire qu’il n’y a pas une tendance de fond au refroidissement de l’Antarctique, à moins que le record de 2014 ne soit largement battu dans les années à venir.

Image de l'Antarctique prise par le satellite Nimbus en septembre 1964 : la ligne jaune indique l'extension de la glace de mer en 1964, la ligne rouge celle atteinte en 2014 (Source : NSIDC)

Image de l’Antarctique prise par le satellite Nimbus en septembre 1964 : la ligne jaune indique l’extension de la glace de mer en 1964, la ligne rouge celle atteinte en 2014 (Source : NSIDC)

La topographie de l’Antarctique est très différente que celle de l’Arctique et ne réagit pas de la même manière, semble-t-il, au changement climatique dû aux gaz à effet de serre. En outre, la fameuse destruction de l’ozone stratosphérique aurait perturbé la circulation atmosphérique en renforçant les vents d’ouest qui soufflent autour de l’Antarctique. Ces vents isolent le continent et tendent à y maintenir des températures extrêmement basses.

En Arctique, le réchauffement climatique est amplifié par un phénomène de rétroaction : l’Arctique est un océan et plus la proportion de mer libre de glace est grande, plus la région est sombre. La moindre réverbération favorise l’absorption de chaleur. L’Arctique est ainsi la région du globe où le réchauffements’est fait le plus sentir depuis une vingtaine d’années, élevant les températures à un rythme deux à trois fois plus rapide que sur le reste de la planète.

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