Climat

La pause climatique liée à la chaleur retenue par les océans

La première décennie du 21e siècle a été caractérisée par un hiatus dans le réchauffement climatique. Une étude basée sur des modèles océaniques confirme que l’absorption de chaleur par les différents océans  en est le principal responsable. Celle-ci aurait notablement augmenté entre les années 1990 et 2000, permettant de ralentir la hausse des températures.

Depuis le début du 20è siècle, la température moyenne à la surface du globe a augmenté d’environ 0,8°C. Mais sur les quinze dernières années, le rythme du réchauffement a été moins important. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la température moyenne à la surface du globe s’est élevée à un rythme de 0,05°C par décade entre 1998 et 2012 alors qu’entre 1951 et 2012 la moyenne décennale était de 0,12°C.

Grâce à la l’utilisation de modèles océaniques, des chercheurs emmenés par Sybren Drijfhout, de l’Université de Southampton, ont montré que la chaleur emmagasinée par les océans entre les années 1990 et 2000 avait augmenté d’enviton 0,7 Wm-2. De quoi expliquer la pause dans la hausse des températures. Cette évolution a favorisé des températures plus froides à la surface de la mer. Il n’y aurait donc pas eu de ralentissement du réchauffement climatique mais plutôt une absorption d’une plus grande quantité de chaleur. Car dans le même temps la planète est toujours en déséquilibre radiatif : en raison des gaz à effet de serre, il y a davantage d’énergie qui entre dans le système terrestre qu’il n’en sort. Des données satellitaires montrent ainsi que le réchauffement s’est même accéléré entre la période 1985-1999 et 2000-2012.

Si les satellites montrent que la Terre emmagasine davantage d’énergie qu’elle n’en émet, cette énergie doit bien être passée quelque part. Selon une étude publiée dans Geophysical Research Letters , c’est dans les océans que se trouve la réponse. On savait déjà que l’océan avait absorbé 90% du surplus de chaleur dû aux gaz à effet de serre. L’atmosphère n’en stocke que 2%. En absorbant plus ou moins de chaleur selon les périodes, l’océan peut donc avoir un rôle majeur dans l’évolution du climat.

La nouvelle étude montre que l’absorption de chaleur supplémentaire est due à 30% au Pacifique oriental. D’autres bassins contribuent au hiatus par une réduction des pertes de chaleur dans l’atmosphère, en particulier le l’océan austral et l’océan Indien (30%), et surtout l’Atlantique Nord subpolaire (40%).

Un mécanisme différent joue à des échelles de temps plus longues (1960-présent) sur lesquelles l’oscillation de l’Antarctique suit une tendance à la hausse. Dans cette période, une modification des courants dans l’océan indien et un déplacement vers le sud de vents d’ouest de l’océan Austral ont tempéré l’élévation des températures de l’atmosphère. L’oscillation de l’Antarctique se caractérise par un déplacement nord-sud des vents d’ouest qui encerclent l’Antarctique. Leur déplacement vers le sud a ces dernières années aurait donc tempéré le réchauffement de l’atmosphère.

L’étude publiée dans Geophysical Research Letters confirme les mesures de la  National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui indiquent que le contenu en chaleur de l’océan ne cesse d’augmenter, comme on peut le voir ci-dessous.

Contenu de chaleur dans les 2000 premiers mètres des océans (source : NOAA)

Contenu de chaleur dans les 2000 premiers mètres des océans (source : NOAA)

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