Climat

Deux régions de l’Arctique affectent le climat des moyennes latitudes

Une nouvelle étude fait le lien entre la hausse des températures dans l’Arctique et les hivers froids observés sous les moyennes latitudes. En fonction des régions arctiques où le réchauffement est le plus marqué, c’est tour à tour l’Amérique du nord ou l’Asie qui subit les rigueurs du froid polaire.

Selon un article publié dans la revue Nature Geoscience, le réchauffement marqué des mers de Barents et de Kara (au nord-ouest de la Russie) est susceptible de conduire à des vagues de froid dans l’est de l’Asie. Quand c’est l’est de la Sibérie et la mer des Tchouktches (Chukchi Sea en anglais) qui se réchauffe le plus, le refroidissement affecte plutôt l’Amérique du Nord.

Carte de l'Arctique (source : NSIDC)

Carte de l’Arctique (source : NSIDC)

L’amplification arctique est l’une des manifestations les plus nettes du réchauffement climatique, rappellent les auteurs coréens de l’étude. Le réchauffement de l’Arctique a été plus marqué ces dernières années que sur le reste du globe, notamment en raison de la fonte accélérée de la glace de mer. Le réchauffement du pôle nord est en effet deux fois plus rapide et la glace de mer de l’océan arctique s’est réduite de 30% par rapport au début des relevés satellites en 1979. Les régions de l’océan qui se retrouvent directement exposées au soleil ne cessent d’augmenter et l’Arctique renvoie moins les rayons solaires. La surface sombre de l’océan, ainsi découverte, absorbe la chaleur qui était auparavant réfléchie.

Entre 1979 et 1997, les températures à la surface de la planète ont augmenté rapidement et des hivers relativement chauds ont été enregistrés en Europe, dans l’Est de l’Asie et aux Etats-Unis. Mais lors de cette période, le réchauffement de l’Arctique était beaucoup moins marqué. Les choses ont changé à partir de 1998 : le réchauffement a commencé à s’intensifier très nettement dans les régions arctiques à la faveur du déclin de la glace de mer.

Plusieurs études ont déjà pointé l’impact du réchauffement de l’Arctique en général sur les températures extrêmes relevées ces dernières années dans l’hémisphère nord. Le nouvel article publié dans Nature Geoscience montre cette fois comment le réchauffement de certaines régions de l’Arctique affecte particulièrement d’autres zones situées plus au sud. Autrement dit, les récentes découvertes pourraient permettre de mieux anticiper les extrêmes climatiques à l’avenir.

Les chercheurs ont remarqué que les vagues de froid dans l’Est de l’Asie se produisaient environ 15 jours après l’occurrence de périodes chaudes au niveau des mers de Barents et de Kara. De manière similaire, ils ont noté que des conditions hivernales rudes survenaient 5 jours après l’élévation des températures au-dessus des mers de l’Est de la Sibérie des Tchouktches.

Les conditions chaudes au-dessus des mers de Kara et de Barents sont associées à des basses pressions au niveau du centre de l’Arctique et des hautes pressions dans l’ouest de la Russie, selon l’étude. Ces hautes pressions qui se développent à partir des régions côtières se déplacent ensuite vers le centre de la Russie, où l’anticyclone grossit et s’étend vers l’est. Dans le même temps, cette configuration favorise la descente d’air froid sur l’est de l’Asie.

Lorsque le réchauffement survient dans la mer des Tchouktches et l’est de la Sibérie, la réponse atmosphérique est différente au centre de l’Arctique qui n’est pas le théâtre de basses pression. En revanche, les auteurs de l’article ont relevé également un anticyclone aux abords de la zone réchauffée. Comme dans le premier cas observé, une dépression au sud-est de l’anticyclone favorise une descente d’air froid, cette fois dans l’est de l’Amérique du Nord.

Les auteurs de l’étude ont également réalisé des simulations via le modèle climatique le plus performant, le CMIP5. Ce dernier montre le même lien de causalité entre le réchauffement de certaines régions de l’Arctique et des vagues de froid au niveau des moyennes latitudes. Mais l’étude estime cependant que les simulation du CMIP5 sous-estiment la réponse atmosphérique.

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