Climat

Température mondiale : pourquoi octobre va grimper d’un cran

Les réanalyses montrent que les températures ont bondi au mois d’octobre (du 1er au 25). Il y a maintenant de bonnes raisons de penser que cette hausse pourrait cette fois se traduire de manière spectaculaire dans les chiffres de la Nasa en octobre.

Parmi les différentes agences qui couvrent le globe, on a observé cette année – comme les années précédentes d’ailleurs – des différences pour ce qui est de l’évolution de la moyenne globale. Les relevés de la JMA (météo japonaise) différent de ceux de la Nasa : les Japonais ont constaté un réchauffement mondial progressif en 2015, qui culmine en septembre avec une anomalie record. La Nasa, de son côté, relève bien des températures en hausse par rapport à 2014 mais l’anomalie reste plutôt stable en tendance : septembre est au niveau de janvier.

Evolution de la température mondiale selon la Nasa (bleu) et la JMA (rouge) par rapport à 1981-2010. Sources : Nasa et JMA.

Evolution de la température mondiale selon la Nasa (bleu) et la JMA (rouge) par rapport à 1981-2010. Sources : Nasa et JMA.

Il faut quand même bien noter que la Nasa observe en moyenne la plus forte anomalie jamais relevée sur janvier-septembre depuis 1880, date du début des archives. Le record de chaleur de l’année 2014 sera nettement battu. Mais une région du monde n’a pas suivi la tendance mondiale : l’Antarctique, dont l’isolement climatique et la faible couverture météo rendent difficile les interprétations et l’incorporation à une moyenne globale.

Si les températures en Antarctique sont à prendre avec des pincettes, il est assez clair que la moyenne de la Nasa a été tirée cette année vers le bas par le pôle sud, au moins dans les statistiques. Sans surprise, la JMA (météo japonaise), qui couvre beaucoup moins l’hémisphère sud, affiche une moyenne en constate augmentation entre janvier et septembre.

Si on calcule l’écart entre la Nasa  et la JMA, on observe qu’en début d’année 2015, l’agence américaine annonçait des chiffres plus élevés que la JMA mais qu’à mesure que les mois se sont écoulés, l’agence japonaise a pris le dessus. Si l’on superpose cet écart avec l’évolution de la température en Antarctique (60 S – 90 S), on constate, non sans surprise, que la courbe suit une tendance quasiment similaire ! Cela signifie deux choses :

  • Il y a un bon accord entre Nasa et JMA hors Antarctique
  • L’Antarctique a bien tiré la moyenne mondiale vers le bas depuis avril
Ecart de température entre la Nasa et la JMA comparé à l'évolution de la température en Antarctique (Nasa GISS, source Karsten Haustein).

Ecart de température entre la Nasa et la JMA (rouge) comparé à l’évolution de la température en Antarctique (bleu). Sources : Nasa GISS – Karsten Haustein.

Une observation plus détaillée montrera en outre que les températures de l’Antarctique pèsent de moins en moins sur la tendance globale. La grosse chute des anomalies de températures observée au pôle sud entre mars et avril s’est bien répercutée sur la moyenne mondiale de la Nasa. En revanche, la chute tout aussi sévère entre août et septembre n’a pas fait bouger la moyenne globale. L’une des explications possibles est bien évidemment l’émergence du phénomène El Niño depuis… mars et la hausse continue des températures de surface de la mer.

Si on enlève l’influence de l’Antarctique sur la moyenne de la Nasa, le réchauffement récent est plus évident et on obtient la tendance suivante en 2015 :

Evolution de la température mondiale en 2015 hors Antarctique (écart à la moyenne 1951-1980). Source : Nasa - Karsten Haustein

Evolution de la température mondiale en 2015 hors Antarctique (écart à la moyenne 1951-1980). Source : Nasa – Karsten Haustein.

Les températures de la Nasa hors Antarctique ont déjà bondi en septembre, comme l’a relevé la JMA. On peut conclure de cette analyse qu’un revirement des conditions météo en Antarctique va sans doute faire grimper les températures de la Nasa. Or c’est précisément ce qui s’est passé début octobre, où l’on a vu dans les premiers jours des anomalies  positives que l’on n’avait pas observé depuis longtemps au pôle sud.

Le réchauffement dû à El Niño se poursuit, les anomalies de températures de l’Antarctique montrent aussi un réchauffement… Plus rien ne semble pouvoir expliquer pourquoi le mois d’octobre ne se traduira par une anomalie record pour la Nasa. On le voit ci-dessus, quand on enlève l’influence de l’Antarctique, la moyenne de la Nasa en septembre est de +0,98°C, ce qui aurait constitué un record a absolu pour l’agence américaine.

Les réanalyses NCEP montrent que le mois d’octobre s’est considérablement réchauffé. Pour rappel, j’avais tenté le 3 octobre de traduire les anomalies correspondant aux cartes de prévision météo en utilisant un logiciel de calcul des couleurs. J’avais obtenu une température plus élevée pour septembre que celle de la Nasa : le calcul des proportions de couleur donnait +0,87°C par rapport à la moyenne 1951-1980. Pour le mois d’octobre 2015, j’aivais trouvé une anomalie de +1,13°C. On peut voir ci-dessous ce que donnent les prévisions du modèle NCEP CFSv2 de la NOAA pour la fin d’année 2015 (j’ai adapté ces prévisions aux chiffres de la NASA pour une permettre la comparaison).

Traduction par global-climat.com des anomalies de températures d'après les cartes de prévisions NCEP CFSv2

Traduction par global-climat.com des anomalies de températures d’après les cartes de prévisions NCEP CFSv2

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