Climat

Température mondiale en 2015 : les premiers bilans

Plusieurs bilans annuels de température globale ont déjà été publiés pour l’année 2015 : UAH, RSS (satellites) NCEP/NCAR (réanalyse) et JMA (stations au sol). A noter que les périodes de base utilisées pour calculer les anomalies sont différentes (une autre période de référence donnerait des résultats différents).

La JMA annonce un record largement battu

Commençons par les stations au sol. Avec la NASA, la NOAA et le Met Office, qui publieront bientôt leurs chiffres, la Japan Meteorological Agency est l’un des quatre instituts à publier ce type de données. L’agence météo japonaise a publié fin décembre un rapport préliminaire annonçant, sans grande surprise, un record de chaleur pour l’année 2015. L’anomalie est de +0,40°C  au-dessus de la moyenne 1981-2010 (sur la période janvier-novembre). C’est le plus haut niveau relevé depuis le début des mesures en 1891. Les chiffres de la JMA sont établis grâce aux stations au sol et aux outils de collecte à la surface de la mer. L’institut japonais précise que la moyenne est encore susceptible d’évoluer avec la prise en compte de la température de décembre. Il ne fait guère de doute que les derniers chiffres de l’année porteront la moyenne encore plus haut.

Les 10 années (janvier-novembre pour 2015) les plus chaudes depuis 1891 (écart 1981-2010). Source : JMA.

Les 10 années (janvier-novembre pour 2015) les plus chaudes depuis 1891 (écart 1981-2010). Source : JMA.

L’agence japonaise souligne le nombre records établis en 2015 : les mois de janvier, mars, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre et novembre ont été les plus chauds depuis 125 ans. La JMA précise que les anomalies ont été particulièrement importantes en Eurasie, dans l’Océan Indien, au nord et à l’est du Pacifique tropical (à la faveur d’El Niño).

Les satellites placent 2015 derrière 1998 et 2010

Les données RSS et UAH issues des satellites ne constatent pas un réchauffement aussi important en 2015, qu’elles placent seulement en 3è position depuis le début des relevés en 1979. Les satellites ne mesurent pas directement la température mais le rayonnement dans la basse troposphère. Les températures obtenues via les satellites ne sont pas toujours similaires à celles obtenues grâce aux stations au sol, qui sont mesurées directement. En outre, l’orbite des satellites peut poser des problèmes d’ajustement et cela pourrait affecter la fiabilité des relevés à long terme. Ils semblent aussi surestimer l’impact d’El Niño, ce qui pourrait expliquer que le record de 1998 tienne toujours. 2010, également marqué par un El Niño de moyenne intensité, occupe la 2è place. RSS et UAH ont annoncé des anomalies record pour la fin d’année 2015, même si la moyenne annuelle n’est qu’à la 3è place.

Le phénomène El Niño actuel, plus fort que celui de 2010, pourrait tirer les températures vers le haut en 2016. John Christy, directeur du Earth System Science Center à l’Université d’Alabama (UAH), a précisé que les températures liés à El Niño dans l’océan Pacifique étaient en train de diminuer mais que la hausse des températures atmosphériques allait se poursuivre, comme lors de la plupart des événements observés ces dernières décennies.

Les 5 années les plus chaudes depuis 1979 (base 1979-1998). Source : RSS.

Les 5 années les plus chaudes depuis 1979 (base 1979-1998). Source : RSS.

 

Les 5 années les plus chaudes depuis 1979 (base 1981-2010). Source : UAH.

Les 5 années les plus chaudes depuis 1979 (base 1981-2010). Source : UAH.

 

Enfin, les données NCEP/NCAR (réanalyse) annoncent comme la JMA un pic de chaleur en 2015.

Les réanalyses combinent observations et modèles climatiques pour donner une représentation fidèle de l’état de l’atmosphère. Les anomalies observées en cette fin d’année 2015 sont, de très loin, les plus importantes jamais relevées par NCEP/NCAR, notamment octobre (+0,76°C par rapport à 1981-2010), novembre (+0,68°C) et décembre (+0,71°C). La NASA et la NOAA, au vu des chiffres NCEP/NCAR, devraient annoncer des anomalies très importantes pour décembre également.

Les 10 années les plus chaudes depuis 1948 (base 1981-2010) d'après NCEP/NCAR. Source : ESRL-NOAA.

Les 10 années les plus chaudes depuis 1948 (base 1981-2010) d’après NCEP/NCAR. Source : ESRL-NOAA.

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