Climat

Record de chaleur en août, d’après la réanalyse NCEP-NCAR

Avec +0,60°C au dessus de la moyenne 1981-2010, la planète a connu le mois d’août le plus chaud des archives de la réanalyse NCEP-NCAR. 

Les trois mois d’août les plus chauds depuis 1948 sont dans l’ordre 2016, 2015 et 2014, selon les données NCEP-NCAR… La planète affiche donc encore un record de chaleur mensuel. On reste cependant loin derrière le début d’année 2016 marqué par les plus fortes anomalies tous mois confondus. Depuis le début de l’année, l’anomalie moyenne est de +0,70°C au-dessus de la période 1981-2010. C’est de loin la période janvier-août la plus chaude des archives.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-août).

Le top 10 des mois d’août les plus chauds

On peut voir ci-dessous que le mois d’août 2016 a été bien plus chaud que les mois d’août précédents, sachant que les données NCEP-NCAR remontent à 1948 :

Anomalies de température en août par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : NCEP-NCAR.

Anomalies de température en août par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales

Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous ci-dessous, les anomalies de températures ont été moins élevées au niveau de l’Arctique qu’en début d’année. On note en revanche des températures très élevées en Antarctique, comme le prévoyait le modèle NCEP CFSV2.

Anomalies de température en août 2016 (source NCEP-NCAR)

Anomalies de température en août 2016 (source NCEP-NCAR)

+1,15°C par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie atteint +1,15°C en août 2016. Sur les 8 premiers mois de l’année, l’anomalie est de +1,36°C, légèrement sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Aout 2016

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22 réponses »

  1. 380e mois d’affilé avec une température globale moyenne au dessus de la moyenne du 20e siècle.
    À tous ceux qui sont nés après 1985, vous n,avez jamais connu un climat « normal »
    Merci pour l’article, je l’ai partagé sur G+.

    Bonne journée Johan

    Jack

  2. Bonsoir Johan,
    J’ai bien hâte de voir la moyenne des températures de chacun des 4 derniers mois de l’année afin d’avoir la moyenne pour l’année 2016.

    • Bonjour,
      J’ai l’impression que d’après le modèle ncep cfsv2, on devrait rester a peu près au même niveau qu’en ce moment mais il y a des disparités entre les modèles, notamment pour les températures à la surface du Pacifique. Ncep cfsv2 est dans la moyenne des prévisions du phénomène la Nina.

  3. Il est regrettable que vous débutiez votre étude en 1948, ce qui vous évite de considérer 1947, année la plus chaude du 20me siècle.
    Le température à Paris y a dépassé les 40°C.
    Regardez aussi les documents iconographiques ci-dessous provenant du très officiel organe de Météo France.

    http://sudvendeclimat.e-monsite.com/medias/images/temps-an-16.jpg?fx=r_650_392
    http://sudvendeclimat.e-monsite.com/medias/images/temps-printemps-16.jpg?fx=r_650_403
    http://sudvendeclimat.e-monsite.com/medias/images/temps-3-mois-ete-15.jpg?fx=r_650_435
    http://sudvendeclimat.e-monsite.com/medias/images/temps-automne-15.jpg?fx=r_650_419
    http://sudvendeclimat.e-monsite.com/medias/images/temps-automne-15.jpg?fx=r_650_419

    Ils ne considèrent que les 70 dernières années, ce qui est peu pour moi .
    Mais vous vous contentez souvent de périodes beaucoup plus courtes.
    Ces graphiques montrent une stabilité de la moyenne annuelle et saisonnière depuis 1947 contrastant inexplicablement avec la droite en pointillé noir, manifestement ajoutée secondairement.

      • L’année 1947 n’est surement pas la plus chaude du 20è siècle… Cela dépend de quoi on parle. Pour le globe, 1998 est l’année la plus chaude du 20è siècle. Pour la France ce sont les années 1990 et 1994 avec un petit avantage à 1990 sans doute (et 1999 juste derrière). Pour vos données, il faudra une source autre que de dire que cela vient de MF. Il a bien une station à Sainte-Gemme-la-Plaine mais ce n’est pas une station climatologique (il n’y a qu’un thermomètre et un anémomètre là bas) et je ne suis même pas certain que ce soit une station MF en propre. Et j’ai de gros doutes sur le fait que les données soient disponibles depuis 1947. Et quand bien même ce serait le cas, il est certain que la série ne peut être continue, ce n’est pas une station climato. La station est là pour densifier un peu le réseau d’observations pour mieux appréhender les coups de vents en particulier, mais niveau climato elle est inutile. Bref, si on évite les séries douteuses de stations perdues dans la pampa, en France les records annuels sont 1990 et 1994 pour le 20è siècle. Et si vous voulez une série longue, en région parisienne il y en a une -après avoir retiré l’effet de chaleur urbain, rabouté les différentes séries disponibles en région parisiennes, toussa toussa :

        Les deux derniers records annuels étant 2011 et 2014.
        Et si le traitement statique des données faut effraye, il y a toujours d’autres stations ouvertes au début du siècle et toujours au même endroit, loin de toute chaleur urbaine (en particulier Châteauroux). Je n’ai pas de graphique funky patate sous la main pour ces stations mais les conclusions sont les mêmes.

  4. @leucippe: c’est bien de s’appuyer sur des périodes longues en climatologie. Mais ce qui est vrai dans le temps l’est aussi dans l’espace: s’appuyer sur une seule station météo pour en tirer des conclusions à l’échelle mondiale ou même nationale, ce n’est pas pertinent. D’autre part, considérer une échelle de temps de quelques années n’a certes aucun sens pour établir une tendance, mais ce n’est pas ce que fait Johan Lorck: lui constate que les dernières années sont les plus chaudes à l’échelle mondiale depuis plus d’un siècle qu’on effectue des mesures, ce qui est significatif. Quant à en connaître la raison, c’est une autre histoire. Je ne reprends pas ce débat où aucun de nous n’a pu convaincre l’autre.

    • Mon cher Maignial,
      Il est vrai que cette observation concerne la Vendée mais vous n’imaginez quand même pas que les conditions climatiques de cette région puissent être si différentes de celles du reste du pays ou même de la planète.
      Mais laissons cela : comme vous le dites, nous ne parviendrons pas à nous convaincre l’un l’autre.
      Quant à Lorck, c’est un homme de médias et dans ce milieu, l’humilité, la sincérité et la modération ne sont pas des éléments porteurs : Le graal c’est le scoop, le sensationnel, le terrifiant.
      Le directeur d’un grand quotidien (décédé depuis des années) ne disait-il pas à ses collaborateurs afin de mieux vendre son canard : je veux du foutre et du sang à la une.
      Ces deux ingrédients sont toujours fort appréciés mais aujourd’hui s’y ajoute la crainte de l’imminence de la fin du monde que la grande presse et ses seconds couteaux distillent allègrement.
      Lorck participe modérément mais clairement à ce processus avec les autres groupies du GIEC, du journal Le Monde et de Madame Duflot.
      Le poison est inoculé à faible dose mais produit sons effet petit à petit comme le démontre l’attitude de ce pauvre Joris, tétanisé par la perspective d’une « extinction massive » dont, cerise sur le gâteau, il se sent responsable, ce qui est le signe tout à la fois d’une pusillanimité risible et d’une prétention sans limite.
      J’ai d’ailleurs entendu hier ou avant-hier sur une chaîne nationale, un journaliste annoncer pour très bientôt la « sixième extinction massive ».
      Les preuves de cette prophétie ? la disparition du dodo, la régression des gorilles (normal, l’homme envahit peu à peu son domaine) et d’un certain nombre d’espèces plus ou moins connues.
      Il va de soi que l’inflation de notre espèce n’est pas prise en compte.
      Mais cette Cassandre en culotte sait-elle ce qu’est une extinction massive ?
      A-t-elle seulement une idée de ce qui peut la provoquer ?
      Certainement pas car il ne serait pas risqué à proférer de telles absurdités.
      Toutes les extinctions massives puisent leur origine dans des catastrophes telluriques ou cosmiques : volcanisme, météorites ou comètes, irradiation gamma (probable mais non certaine).
      Alors, que la Terre se réchauffe temporairement n’a rien d’extraordinaire, elle a été beaucoup plus chaude à fin du jurassique et au crétacé et, que je sache, la vie y a foisonné sous toutes ses formes., il y avait même des dinosaures dans l’arctique…
      L’évolution adaptative a fait apparaître, évoluer et disparaître d’innombrables espèces, nous sommes inclus dans le processus que cela nous plaise ou non et ce n’est pas une augmentation de température de quelques degrés celsius qui va changer grand-chose.
      Pour le moment, les inconvénients sont compensés par des avantages : on pêche maintenant en Méditerranée des barracudas qui, il y a 50 ans, étaient en Mer Rouge, le crabe géant de l’arctique fait maintenant la fortune des pêcheurs écossais, les sangliers se multiplient et avec eux les succulents civets, les récoltes, hors caprices météorologiques imprévisibles mais inchangés sont somptueuses avec, malgré tout, les inévitables alternances d’années sèches et humides, une année bonne et l’autre non comme disaient les anciens , les millésimes exceptionnels se multiplient, si certaines régions se désertifient, d’autres reverdissent comme le Sahel, des territoires comme la Sibérie vont progressivement redevenir cultivables et fertiles – peut-être même le Groënland pourra-t-il enfin justifier de nouveau son nom.
      Bref, mis à part les prophéties du GIEC et de ses haut parleurs, on ne voit aucune justification de la campagne de terreur actuelle.
      Ce qui précède ne nous dispense bien évidemment pas de limiter nos émissions de GES mais dans la sérénité nom de Dieu !!!!

  5. Bonsoir johan et merci pour ce blog et toutes ces données. Ce qui me paraît inquiétant actuellement, c’est cette apparente accélération ces dernières années bien visibles sur le graphique plus haut et la hausse visible pratiquement sur tous les océans. Les masses d’eau n’arriveraient visiblement plus à absorber l’excédent de chaleur ? Et est ce que je me trompe ou beaucoup de chercheurs sont-ils en train de revoir leur modèle en fonction des hausses rapides constatées ces dernières années ?

    • Bonsoir Rudolf, merci pour votre commentaire.
      Il y a effectivement une accélération depuis 2014, après la fameuse période controversée qualifiée de « pause » ou « hiatus ». On a donc depuis 2014 l’émergence de conditions chaudes dans le Pacifique. C’est peut-être le signe d’une tendance de long terme vers des conditions chaudes, d’après certains spécialistes comme K. Trenberth ou G. Meehl. Il s’agit de l’oscillation décennale du Pacifique, qui peut conduire à des phases de réchauffement accéléré sur des périodes de 15 ans. C’est l’inverse de ce qui s’est produit dans les années 2000, d’où l’impression que le réchauffement s’accélère. On va voir dans les prochaines années si les températures de surface de la mer dans le Pacifique en apportent la confirmation.
      Il ne s’agirait pas d’une révision des modèles mais en fait ces derniers peuvent peiner à reproduire le timing exact de la variabilité naturelle, d’où des périodes où le réchauffement est plus rapide ou plus lent que dans les modèles.

    • Mon dieu, quelle exorbitante prolixité dans la grandiloquence. Leucippe, on ne vous a jamais appris que tant la courtoisie que la pertinence réclament la concision ?
      Quand aux dinosaures, il n’y en a certes pas pour l’heure dans l’Arctique, mais ma conviction se renforce chaque jour qu’il en reste en France.
      Non que je songe le moins du monde à vous en écrivant cela, n’ayant aucune raison de me montrer inutilement désobligeant à l’égard des sauriens.

      • La concision est en effet nécessaire quand on n’a rien à dire.
        Il n’y a en effet plus de dinosaures chez nous mais il semble que certains aient hérité leur cerveau et leur capacité de réflexion.
        Non que je pense le moins du monde à vous en écrivant cela, n’ayant aucune raison de me montrer inutilement désobligeant à l’égard des dinanthropes.

        • Eh bien, vous voyez qu’on peut tout aussi bien parvenir à glapir et persifler en faisant court. Bon, quand vous avez quelqu’un à singer, mais ça vous rapproche des mammifères. C’est toujours un progrès.

          • Oh mais j’aurais pu aussi bien évoquer Panurge et ses moutons, ou encore le joueur de flûte et son cortège murin…tous mammifères et néanmoins décérébrés.
            Tout ce verbiage nous éloigne tout de même du véritable débat et, plutôt que l’ironie que nous manions tout avec aisance, j’aurais préféré une solide argumentation basée sur une prise en considération du facteur temps, le seul qui permette de dégager une véritable tendance évolutive.

  6. A Leucipe: j’ai l’impression que vous êtes un des derniers climato sceptique, cela vous rapproche considérablement de la définition d’un dinosaure :). Et même si le sahel reverdit, ce n’est pas forcément du aux gaz à effet de serre, mais plutôt aux pratiques des agriculteurs sur place qui ont changées… Pour info les premiers réfugiés climatiques en Alaska, cherche un terrain pour déménager…

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