Climat

Température mondiale : mars le confirme, un nouveau pallier a été franchi

La planète a connu en 2017 son deuxième mois de mars le plus chaud depuis le début des archives NCEP-NCAR. Le premier trimestre 2017 se rapproche un peu plus du niveau record de 2016.

Avec +0,67°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mars 2017 se classe au deuxième rang des mois de mars les plus chauds depuis 1948. C’est moins que le record de 2016 (+0,89°C) mais l’anomalie marque une légère hausse par rapport au mois de février (+0,649°C). Le début d’année 2016 avait été dopé par le phénomène El Niño alors que les conditions sont actuellement neutres dans le Pacifique. En théorie, les températures devraient donc être moins élevées. Une preuve de plus que la concentration de gaz à effet se serre contrarie la variabilité naturelle du climat.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-mars).

Le top 10 des mois de mars les plus chauds

On peut voir ci-dessous que les deux derniers mois de mars devancent très largement le reste de l’archive NCEP-NCAR, 2010 se trouvant une nouvelle fois loin derrière. Sans le concours d’El Niño, le niveau atteint en 2017 semble montrer qu’un pallier a été franchi.

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après : NCEP-NCAR.

2017 se rapproche de 2016, année marquée par un record de chaleur

La moyenne sur les 12 mois de 2016 reste à un niveau plus élevé que janvier-mars 2017 avec +0,67°C contre +0,62°C. Peut-on encore dire que 2016 a toutes les chances de rester l’année la plus chaude des archives ? Avec un trimestre déjà passé, 2017 semble en route pour confirmer la tendance de 2016 sachant qu’en plus, un nouveau El Niño se profile (à priori moins important qu’en 2015/16). Les prévisions du modèle NCEP CFSv2 prévoient un pic à près de +1,4°C (le seul El Niño est franchi à +0,5°C) en janvier 2018 dans la région clé Niño 3.4. Il s’agirait quand même d’un événement d’importance susceptible de réchauffer ponctuellement la planète.

Prévisions de températures de surface de la mer pour la région Niño 3.4 du Pacifique. Source : CPC NCEP.

Le précédent record de 2015 (+0,46°C) arrive désormais loin derrière. Les dix années les plus chaudes depuis 1948 ont toutes été enregistrées au XXIè siècle. Voici le bilan des 10 années les plus chaudes, sachant que pour 2017, seule la période janvier-mars est prise en compte.

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après : NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales

On observe des températures assez élevées en Arctique, comme depuis cinq mois, avec une anomalie très chaude qui touche aussi l’Europe et la Russie. Des anomalies exceptionnelles ont été relevées aux Etats-Unis, mais moins étendues qu’au mois de février. Le Canada connaît des anomalies négatives, contrairement au mois dernier. L’Antarctique alterne le froid et le chaud.

Carte d’anomalies pour le mois de mars 2017.

+1,40°C en mars 2017 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,40°C en mars 2017, légèrement sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C). Voici un graphique montrant les données mensuelles NCEP-NCAR couplées à celles de la NASA (pour remonter plus loin dans le temps car NCEP commence en 1948) :

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24 réponses »

  1. Moi ce que je confirme surtout, c’est à quel point il faut se méfier des informations et du parti-pris systématique.
    Des gros titres bien alarmistes, avec une ambiance de fin du monde, et pour bouc-émissaire ultra-facile le sempiternel CO2.
    Les satellites enregistrent tout autre chose => http://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/UAH_LT_1979_thru_March_2017_v6.jpg ( source => http://www.drroyspencer.com/ )
    Et sauf erreur de ma part, c’est bien la NASA qui gère ce beau matériel non ? En tous cas, il me paraît bien plus fiable que les mesures faites dans des endroits parfois urbanisés, ce qui nécessite d’aussi savantes qu’obscures corrections qu’on peut parfaitement « tuner » à l’envie.
    Donc d’après ces satellites de l’UAH la température globale a bel et bien baissé en Mars 2017 par rapport à Février 2017 de 0,19-035 = -0,16°C, ce qui est bien plus normal qu’une hausse systématique que beaucoup tiennent absolument à voir.
    Et si on reprend cet article publié ici-même il y a quelques temps => https://global-climat.com/2017/02/08/lannee-2016-au-dessus-de-la-prevision-centrale-des-modeles-du-giec/ , on voit bien à quel point sa conclusion était parfaitement faussée puisqu’il s’agissait de se servir d’un pic parfaitement ponctuel pour tenter assez pathétiquement de redonner un tout petit peu de crédibilité aux modèles du GIEC, puisqu’on est revenu aujourd’hui à l’anomalie de 2015 (comparable par exemple à celle de 2004).
    Plus le temps passe, et plus la crédibilité déjà en berne des aficionados de l’effet de serre anthropique s’effrite, d’autant qu’ils ne cherchent absolument pas d’autres explications (quid de l’influence des volcans sous-marins par exemple ?).

  2. Salut Johan, et bravo encore pour ton blog et la constance que tu y mets. Une des questions que je me pose est celle-ci : outre les évènements ponctuels, l’augmentation ou la diminution des températures globales peuvent être dues aux variations de puissance de notre radiateur, le soleil. Est-ce qu’il existe des valeurs comparées de la puissance du soleil et des températures mondiales ? La variabilité de la puissance est elle importante ?
    Tres cordialement

    • Bon, je porte la contradiction sur quelques points:

      -l’histoire des mesures faussées par les îlots de chaleur urbain, on nous la ressort régulièrement. Mais il va falloir nous expliquer pourquoi les principales anomalies sont mesurées au niveau des régions polaires, qui ne sont pas spécialement urbanisées, et pourquoi les océans de surface et des profondeurs se réchauffent aussi , de même que les régions de forêts, de steppes, de savanes, de déserts tropicaux…

      -les satellites ne mesurent pas la température, ils l’interprètent à partir des radiations émises par la Terre. Cette technique permet de se faire une bonne idée de la température d’un corps, mais elle n’est pas aussi fiable que les mesures directes des stations au sol s’il s’agit d’observer des variations de quelques dixièmes de degrés. Par exemple, les scientifiques s’accordent à dire que les données UAH surestiment l’impact d’el niño. Cela dit, même avec ces données, la tendance de long terme est au réchauffement depuis le début des mesures. Et on peut noter, sur le graphe que vous donnez, que la température actuelle d’après UAH est plus élevée qu’elle l’était au début de l’année 1999, après le fort el niño de 98. De 2 choses l’une: ou bien votre théorie est la bonne et on verra la température baisser dans le futur; ou bien, comme ce fut le cas à l’époque, la température va se remettre à augmenter au bout de quelques mois ou années pour dépasser nettement le niveau qu’on avait en 2004, puisque vous prenez cet exemple. Dans les 2 cas, vous ne pouvez pas dire rationnellement que ces données montrent aujourd’hui autre chose qu’un réchauffement global, ni qu’elles infirment le rôle du CO2 comme agent réchauffant.

      Quant à la psychologie de comptoir du style « Deux millénaires de christianisme ont implanté profondément dans le psychisme des Occidentaux un sentiment de culpabilité et d’expiation », comme vous vous y êtes essayé récemment, ce n’est pas utile. Surtout quand on sait que la majorité des humains, et l’immense majorité des scientifiques du monde entier soutiennent que le réchauffement actuel est dû à nos émissions de GES, indépendamment des origines, religions, cultures…

      • Je suis d’accord avec cette réponse de Maignal. Pour ce qui est de la critique consistant à pointer le catastrophisme de l’article, je pense que l’on en revient au désaccord de fond avec Ninja, qui ne semble pas croire à la réalité des mesures effectuées par la Nasa. Si en revanche on leur fait confiance, force est de constater que les températures observées depuis le début de l’année, alors que la tendance est neutre dans le centre du Pacifique, montrent qu’un pallier a été franchi. De même les températures relevées pendant le hiatus, qui auraient dû baisser en raison toujours de la situation dans le Pacifique. Il n’en a rien été en raison des gaz à effet de serre.

    • Merci Rudolf,
      Voici un lien vers le site de la Nasa qui aborde la question des variations du rayonnement solaire sur le climat. https://earthobservatory.nasa.gov/Features/SORCE/sorce_03.php
      L’étude des tâches solaires permet de connaître les fluctuations du rayonnement. On sait que certaines époques comme le petit âge de glace ont connu des phases avec peu de tâches solaires, ce qui a certainement un impact sur le climat. Mais cela n’explique pas le réchauffement récent en revanche. La Nasa présente un graphique avec le rayonnement solaire quotidien entre 2000 et 2001. Il faudrait pouvoir observer dans le détail l’impact au quotidien sur les températures. Je t’invite à comparer mensuellement à la température mondiale : tu verras qu’il n’y a pas vraiment de corrélation. Les périodes de forte activité ne se produisent pas forcément aux moments les plus chauds, bien au contraire.
      D’après la Nasa, de telles variations de court terme ont peu d’impact sur le climat.

      • Merci Johan pour ces infos. Effectivement le graphique laisse profiter apparaître des variations très faibles et il paraît douteux qu’elles aient le moindre impact.

  3. Bonjour,
    Ce que je pense (en tant que simple citoyen et non spécialiste), c’est qu’il y a eu un vrai réchauffement tout à fait sensible. Ca ne fait aucun doute, car toutes les mesures le montrent sans ambiguïté. Par contre, le fait qu’il ne soit strictement dû qu’à l’augmentation du taux de CO2 me fait un peu tiquer, car il a été largement démontré qu’il y a eu par le passé des périodes peu ou prou comparables à celles d’aujourd’hui, et d’autres périodes très froides, avec des vitesses de réchauffement/refroidissement très élevées sans pour autant qu’il y ait eu de CO2 à incriminer. Ces variations ont d’ailleurs façonné l’histoire de l’humanité. Historiens et climatologues honnêtes en conviennent.
    Ce qu’on nous rabâche depuis 30 ans sen la manipulation et d’ailleurs ne convainc pas tout le monde. 99% des scientifiques valideraient la thèse de l’effet de serre ? Aucune statistique fiable et de toute façon la parole est confisquée… D’autre part, beaucoup de scientifiques, et non des moindres, ne valident pas du tout cette théorie.
    Ce qui décrédibilise énormément cette théorie, c’est l’écart inacceptable entre les modèles à la base de toutes les politiques et les mesures réelles. C’est aussi par exemple cette tentative désespérée en 2015 d’avoir voulu manipuler les données et l’opinion en voulant « effacer » le fameux hiatus. Depuis, on sait ce qu’il en est…
    C’est aussi cette fameuse courbe en crosse de hockey que toutes les personnes sensées ont rangé aux oubliettes de l’histoire de la manipulation, y compris l’instance catastrophiste qui a inventé l’effet de serre du CO2. C’est encore les gens comme Al Gore dont les prévisions se sont avérées fausses.
    Les quelques satellites High-Tech seraient moins fiables que les centaines de thermomètres gérés sur terre ? Permettez-moi là aussi d’en douter. De toute façon même s’il y a un offset avec les mesure terrestres, le delta d’anomalie entre Février et Mars est tout de même mesuré, et il est négatif.
    Qui gère les mesures satellitaires ? Les compagnies pétrolières ?
    Enfin, je vous prend pour beaucoup pour des gens passionnés, pas comme des suppôt du GIEC, mais totalement orientés vers le CO2 anthropique par conviction. Vous ne voyez que ça et occultez toutes les autres hypothèses, au point de vous servir du pic exceptionnel de Janvier 2016 pour titrer en gros et sans rire que le modèle moyen du GIEC est parfaitement valide.
    Là Johan, je suis un peu déçu.
    Vous croyez tous tellement dur comme fer que l’homme est responsable, qu’il DOIT être responsable. Moi je dis « attention, le temps et la science nous apporteront la réponse à cette épineuse question ».
    Je suis sûr que quoi qu’il arrive, que ça monte, que ça reste stable, ou que ça redescende, ce sera forcément pour vous le CO2 la cause de tout ça. Même si ça se refroidit, et bien ce sera… à cause du réchauffement !

    • Je ne comprends pas bien en quoi il est gênant de penser que l’activité humaine est la responsable de l’augmentation des températures mondiales et du changement climatique. C’est même plutôt une bonne nouvelle vu sous certains angles. En effet la première répercussion est que nous pouvons intervenir et empêcher que cela continue. Ensuite cela permettra de résoudre au passage des problèmes de pollution qui eux ne sont pas discutés (heu… enfin j’espère). Enfin cela peut permettre à l’humanité de créer encore un peu de croissance économique (mais pour la bonne cause ).
      Pour ce qui est de la responsabilité, comme les les générations précédentes se réfugient derrière le fait qu’elles ne savaient pas, les actuelles qu’elles héritent d’une situation, je ne suis pas sûr que la fameuse culpabilité judéo-chrétienne ait quelque chose à voir là-dedans. Des intérêts économiques puissants, la peur du changement et autres (mais je ne suis sociologue pour disserter là dessus) ont probablement davantage à voir avec cette volonté de nier la responsabilité de l’humanité…

      • Merci, j’ajouterais que les pays à tradition judéo-chrétienne ne sont pas les seuls à se soucier du réchauffement climatique. Il n’est pas exclu que des nations aux cultures très différentes soient plus en pointe dans la diminution des émissions.

    • Ninja,
      Certains ont dit récemment que l’homme était « en partie responsable du réchauffement climatique ». Cela signifie donc qu’une partie est due à des facteurs naturels. Je ne sais pas d’où ils tirent cette information mais pas des modèles en tout cas car ces derniers montrent qu’il y aurait même eu un léger refroidissement ces dernières décennies sans le CO2 d’origine anthropique.
      Maintenant vous pouvez douter des modèles, je serais moi-même incapable de vérifier les méthodes par lesquelles ils obtiennent leurs résultats. Ils sont tout de même le fruit d’une collaboration scientifique de très haut niveau.
      Les observations montrent aussi que la rapidité du réchauffement depuis une centaine d’années est sans précédent par rapport aux données tirées des cernes d’arbre et des carottes de glace.
      Quand à la fiabilité des relevés de températures, rappelons que Météo France, par exemple vous présente des températures tirées des thermomètres et non des satellites.
      Concernant les justifications du hiatus, vous n’êtes pas le premier à remettre en cause la crédibilité des explications proposés par les scientifiques. Je pense pour ma part que les explications proposées sont très crédibles, notamment celle concernant la fluctuation du Pacifique. Le réchauffement récent le montre d’ailleurs.
      Les modèles ne peuvent reproduire année par année les observations, cela va de soi. il faut mesurer leur fiabilité sur le long terme.
      Si la température avait baissé pendant un épisode El Nino comme celui de 2015/16, là c’est vrai il y aurait eu un problème. Mais vous voyez bien que cela n’a pas été le cas. L’explication du hiatus n’était donc pas une rationalisation à posteriori.
      Maintenant, il peut certes y avoir un débat sur l’ampleur et la rapidité du réchauffement. C’est d’ailleurs pour cela que l’on scrute avec autant d’attention les relevés de température tous les mois… Et pas seulement la température, mais d’autres paramètres comme la température de l’océan, les courants marins, les glaciers, la glace de mer, le volcanisme…

  4. Le problème avec la méga-campagne prônant la responsabilité humaine, c’est que cette responsabilité n’est pas assez démontrée et qu’elle créé un sentiment anxiogène dont on sait pas trop à quoi il sert. Il faut qu’on s’excuse d’être là et de vivre. Ca sent très fort la manipulation et le lobbying. Et en 2017, l’humanité a un méga-ras-le-bol de se faire manipuler et rouler dans la farine. C’est très exactement à cause de ce genre de gestion de la politique (pas celle-là en particulier), de mensonge organisé, d’écart effarant entre les prévisions et réalité qui ont conduit à l’élection de types comme Trump, aux extrêmes un peu partout en Europe, et qui nous amènera peut-être à mettre au pouvoir l’extrême droite en France.
    On n’en peut plus de tous ces mensonges et calculs politicards. Le GIEC est un ramassis de politicards internationaux, saupoudré de quelques scientifiques de seconde zone qui, s’ils veulent bénéficier des subventions pour continuer à exercer, ont intérêt à bien rester dans les « clous ». Il y a tout un business anti-CO2 qui s’est mis en place depuis 30 ans, et la monde va dépenser des milliers de milliards de dollars (ou d’Euros si on préfère) dans ce business. Tous cela pour arriver à des résultats plus qu’insignifiants. Des millièmes ou des centièmes de degrés, pour peu que le CO2 apporte un vrai réchauffement.
    On nous assène que la planète va se réchauffer d’ici à 2100 entre 2,5 et 6 °C je crois, alors que la réalité va plus probablement se situer à moins de 1,5°C. Et qui peut prévoir le climat dans 80 ans ????
    Les pétroliers ? A mon avis il se gaussent. Ils savent parfaitement que le pétrole sera impossible à remplacer avant très longtemps. Et le jour où on n’utilisera plus de pétrole ce sont eux j’imagine qui seront aux manettes des énergies nouvelles.
    Oui, diminuer la pollution, la vraie, ça c’est un vrai challenge. Bien sûr aussi que de développer les énergies renouvelables, c’est aussi un vrai challenge et un vrai moteur. Ne plus être dépendant des puits de pétrole du moyen orient, ça aussi c’est un vrai défi à relever.

    Pour le Hiatus qui n’aurait pas existé, ne me dite pas que Satellites RSS et UAH se sont « encore » vautrés… Il faut être sérieux. Même le GIEC le reconnait ce fameux hiatus.

    Personnellement, je n’ai aucun intérêt particulier à penser ceci ou cela, mais ce qui m’exaspère au plus haut point ce sont les mensonges et les manipulations.
    Que les grandes instances fassent preuve d’honnêteté et de réalisme, qu’elles apportent des vraies preuves, qu’elles tiennent un langage crédible, argumenté et raisonnable, qu’il y ait aussi un vrai débat de spécialistes sur cette question, et là je serai bien moins septique.
    Mais ça c’est pas pour demain. Il n’y a qu’à regarder nos guignols prêts à raconter n’importe quoi, tout et son contraire (comme Trump ?) pour se faire élire, pour se dire que sur un sujet aussi complexe que le réchauffement climatique, on n’est pas près d’y voir clair.

    • Le monde a tellement peur du réchauffement que cela fait une vingtaine d’années que les scientifiques annoncent une hausse des températures sans que cela ne se traduise par la moindre réduction des émissions de gaz à effet de serre.
      Quand aux lobbys, je ne sais pas si vous êtes sérieux car face aux associations et aux fabricants d’éoliennes, l’industrie pétrolière a un poids autrement plus conséquent. Le but de ce site n’est pas de contrecarrer les lobbys, c’est simplement d’informer sur l’actualité scientifique en matière de climat.
      Mais vous frappez fort en affirmant que Trump a été élu face par des citoyens excédés par les mensonges du GIEC. Encore une fois, je ne fais pas de politique, mais je ne sais pas d’où il a pu tirer, comme d’autres politiques, que le réchauffement climatique n’était qu’en partie le fait des activités humaines. Cela ne s’appuie ni sur les modèles, ni sur les observations, ni sur les archives paléoclimatiques. Mais apparemment son discours sur le climat trouve des adeptes et ce n’est certainement la caution scientifique qui l’explique. Le fait que de fausses informations non fondées sur le plan scientifique trouvent parfois autant d’écho que des articles publiés dans des revues scientifiques est peut-être une piste, vous ne pensez pas ?

  5. Je n’ai pas voulu dire que Trump n’a pas été élu spécifiquement à cause des mensonge du GIEC, mais qu’il a certainement été élu à la suite d’un ras-le-bol général à propos de toutes ces élites qui mentent, manipulent et décident pour tout le monde. Le peuples n’en peuvent plus de tout ce cirque, et le sujet du climat est un des nombreux numéros dans ce cirque.
    Il y a des scientifiques qui valident la thèse du CO2 et d’autres non, et leurs arguments paraissent tout aussi valables (variabilité du climat prouvée au cours des siècles et millénaires, impossibilité physique d’après eux que le CO2 retiennent autant la chaleur, etc…). J’ai découvert ces arguments récemment alors que j’estime qu’ils auraient du être entendu plus nettement dans une démocratie.
    On nous a fait croire aussi que certaines sécheresses étaient due au réchauffement, alors qu’elles ont toujours été récurrentes (Californie). J’apprends aussi que le Sahel a « reverdi » (comme la planète en général d’ailleurs) et qu’il n’est plus aussi sec. Etc… etc…
    Cette sélectivité dans les infos est douteuse de mon point de vue.
    Il y a réchauffement, c’est sûr. Mais pourquoi ? Là je ne suis plus aussi sûr du discours « officiel » comme il y a quelques mois.

    • Les mensonges, manipulations et autres coups de théâtre émanant de journalistes, de politiques, d’artistes ou autres personnalités n’ont à mon avis rien à voir avec la question du réchauffement climatique. Sur ce sujet, les gens qui sortent de leur réserve sont des scientifiques qui ont fait leurs preuves et non des élites autoproclamées. Ces chercheurs ne se contentent pas d’annoncer un réchauffement : ils tentent d’expliquer le fonctionnement du climat. S’ils passaient leur temps à manipuler les faits, il leur serait impossible de présenter un tout cohérent, où de nombreuses disciplines sont mêlées et parviennent aux mêmes conclusions avec des méthodes différentes.

  6. Merci Johan pour le suivi. On notera que, comme en février, ce résultat très élevé en mars est en grande partie la conséquence d’une forte surchauffe de l’hémisphère sud extratropical (-90/-20) qui dépasse de près de deux dixièmes de degrés le précédent record pour un mois de mars. Je serais curieux de savoir si les chercheurs auraient une explication concernant cette situation somme toute inédite de la partie sud du globe, mais je n’ai guère vu d’article qui évoquait cette situation. Si vous en voyez, je serais intéressé par le partage.

    Par contre, et la malheureusement c’est une habitude, l’hiver boréal a encore une fois été excessivement doux en Arctique. Même s’il faut les prendre avec circonspection, les modélisations de volume de PIOMAS estiment à 20400 km^3 le volume de glace de mer à la sortie de ce mois de mars, très largement en retrait de tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Si on met en face le fait que PIOMAS estime sur ces dernières années à ~18500 km^3 le niveau général de fonte entre le maximum d’avril et le minimum de septembre, on réalise que l’été prochain pourrait être pour le moins compliqué.

    • Merci pour cette remarque intéressante. Je n’ai pas vu d’explications particulières concernant ce phénomène mais si j’en trouve, je vous le ferai savoir. En tout cas, effectivement, l’hémisphère sud extratropical a été particulièrement chaud en mars 2017 avec +0,57°C au-dessus de 1981-2010 contre 0,33°C en mars 2016. A mon avis, cela est lié à la réorganisation climatique qui suit le passage d’El Nino à des conditions neutres. Cela est notamment vrai pour les températures de surface de la mer avec aussi +0,57°C pour l’hémisphère sud extratropical contre +0,21°C en 2016.
      Il semble quand même logique que l’on retrouve les plus fortes anomalies de STT au niveau des tropiques pendant El Nino et davantage hors des tropiques pendant La Nina et Enso neutre. Cette situation n’est pas inédite : en mars 1999, l’anomalie de STT dans le sud a été supérieure à celle de 1998, contrairement à la tendance globale.
      En résumé, à mon avis, il y a une forte part de réorganisation due au passage d’El Nino à enso neutre. Mais je ne sais pas si cela explique l’ampleur de l’anomalie où si un phénomène particulier a joué.

  7. Justement, je ne suis pas véritablement convaincu que l’on puisse incriminer El-Niño dans cette situation. Si on analyse les valeurs le l’HS extra-tropical sur le duo février + mars (j’ai élargi la comparaison car ce décollage avait déjà été observé le mois dernier) de la réanalyse, on trouve une stagnation entre 1983 et 1984, et une légère baisse (-0.08°) entre 1998 et 1999. Rien de comparable à la hausse brutale de +0.27° entre 2016 et 2017, alors que 2016 était déjà un nouveau record.

    L’explication tient probablement à des causes océaniques autres que l’ENSO, mais je ne saurais dire lesquelles.

    • Sur janvier-mars, 1998 est au-dessus de 0,6°C par rapport à 1999 entre +20 et -20. La différence est bien moindre entre -20 et -90. Cela se vérifie après chaque événement El Nino, 1983-84, 2010-2011 et 2016-2017 : les Tropiques se refroidissent fortement un an après El Nino alors que l’hémisphère sud extratropical est soit à peu près au même niveau, soit se réchauffe.
      Mais c’est vrai cela ne semble pas expliquer l’ampleur de l’anomalie sur 2016-2017.
      Ci-dessous j’ai pris sur Nasa Giss janvier-mars 1999 moins janvier-mars 1998 et ça donne la carte suivante :
      null

  8. Bonjour à tous, merci Johan, j’ai juste une petite question dont tu doit avoir la réponse: comment est mesuré le taux de co2 dans l’atmosphère???? (dans la glace et les sédiments pour l’histoire ok, mais avec des capteurs? depuis quand? à quelle hauteur dans l’atmosphère?)

    Et puis si tu as le temps, il me semble avoir lu dans « le mal de Terre » de Hubert Reeves : ??qu’une faible partie de co2 met un certain temps à monter dans l’atmosphère??….que si les émissions s’arrêtent aujourd’hui, la concentration de co2 atmosphérique prendrait des années avant de descendre??…..J’ai tenté quelques recherches sans résultats, comme je regarde le site tous les jours et que tu as l’air sympathique et très bien documenté….

    Merci encore pour tous tes articles, comment est ce possible que les modelés ne prévoient pas la chaleur accumulé dans l’océan?
    Bon il y a plus d’une question c’est sur

    Bonne journée ou bonne nuit

    Basile

    • Bonjour Basile,
      L’air est collecté dans des bouteilles puis analysé en labo. La méthode utilisée, les rayons infrarouges.
      Le Co2 est mesuré depuis 1958 à Mauna Loa, à Hawaï. En altitude. C’est Keeling le pionnier de cette mesure mais aujourd’hui le CO2 est mesuré partout sur le globe, avec les mêmes résultats.
      Si les émissions s’arrêtent, il faudra du temps avant que la concentration diminue grâce aux puits naturels des carbone.
      Sinon, les modèles calculent le réchauffement des océans.

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