La planète a connu en 2017 son deuxième mois de mars le plus chaud depuis le début des archives NCEP-NCAR. Le premier trimestre 2017 se rapproche un peu plus du niveau record de 2016.
Avec +0,67°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mars 2017 se classe au deuxième rang des mois de mars les plus chauds depuis 1948. C’est moins que le record de 2016 (+0,89°C) mais l’anomalie marque une légère hausse par rapport au mois de février (+0,649°C). Le début d’année 2016 avait été dopé par le phénomène El Niño alors que les conditions sont actuellement neutres dans le Pacifique. En théorie, les températures devraient donc être moins élevées. Une preuve de plus que la concentration de gaz à effet se serre contrarie la variabilité naturelle du climat.
Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-mars).
Le top 10 des mois de mars les plus chauds
On peut voir ci-dessous que les deux derniers mois de mars devancent très largement le reste de l’archive NCEP-NCAR, 2010 se trouvant une nouvelle fois loin derrière. Sans le concours d’El Niño, le niveau atteint en 2017 semble montrer qu’un pallier a été franchi.

2017 se rapproche de 2016, année marquée par un record de chaleur
La moyenne sur les 12 mois de 2016 reste à un niveau plus élevé que janvier-mars 2017 avec +0,67°C contre +0,62°C. Peut-on encore dire que 2016 a toutes les chances de rester l’année la plus chaude des archives ? Avec un trimestre déjà passé, 2017 semble en route pour confirmer la tendance de 2016 sachant qu’en plus, un nouveau El Niño se profile (à priori moins important qu’en 2015/16). Les prévisions du modèle NCEP CFSv2 prévoient un pic à près de +1,4°C (le seul El Niño est franchi à +0,5°C) en janvier 2018 dans la région clé Niño 3.4. Il s’agirait quand même d’un événement d’importance susceptible de réchauffer ponctuellement la planète.

Le précédent record de 2015 (+0,46°C) arrive désormais loin derrière. Les dix années les plus chaudes depuis 1948 ont toutes été enregistrées au XXIè siècle. Voici le bilan des 10 années les plus chaudes, sachant que pour 2017, seule la période janvier-mars est prise en compte.

Les anomalies régionales
On observe des températures assez élevées en Arctique, comme depuis cinq mois, avec une anomalie très chaude qui touche aussi l’Europe et la Russie. Des anomalies exceptionnelles ont été relevées aux Etats-Unis, mais moins étendues qu’au mois de février. Le Canada connaît des anomalies négatives, contrairement au mois dernier. L’Antarctique alterne le froid et le chaud.

+1,40°C en mars 2017 par rapport à l’ère préindustrielle
On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,40°C en mars 2017, légèrement sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C). Voici un graphique montrant les données mensuelles NCEP-NCAR couplées à celles de la NASA (pour remonter plus loin dans le temps car NCEP commence en 1948) :



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