Climat

Température mondiale : juin 2017 à la 3è place (NCEP)

La planète a connu en 2017 son troisième mois de juin le plus chaud depuis le début des archives NCEP-NCAR. Les six premiers mois de l’année 2017 se situent toujours à mi-chemin du record de 2016 et du précédent pic de 2015.

Avec +0,385°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juin 2017 se classe au troisième rang des mois de juin les plus chauds depuis 1948, quasiment à égalité avec 2013 mais loin du record de 2016 (+0,51°C). L’année 2016 avait été dopée par le phénomène El Niño alors que les conditions sont neutres dans le Pacifique depuis le début d’année avec pour conséquence des températures moins élevées.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-juin).

Le top 10 des mois de juin les plus chauds

On peut voir ci-dessous que le mois de juin 2016 reste seul au sommet de l’archive NCEP-NCAR. 0n trouve dans l’ordre 2016, 2013 et 2017. Dans ce trio de tête, on notera que deux mois de juin (2013 et 2017) ne suivent pas un événement El Niño. Les gaz à effet de serre expliquent en très grande partie les niveaux atteints : en cette période de l’année, l’oscillation du Pacifique a moins d’impact sur la température globale (sans être nul pour autant).

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après : NCEP-NCAR.

2017 toujours entre 2016 et 2015,  les deux précédentes années record

La moyenne sur les 12 mois de 2016 reste à un niveau plus élevé que janvier-juin 2017 avec +0,67°C contre +0,54°C. Alors que les modèles avaient prévu un nouvel épisode El Niño pour le courant 2017, les dernières estimations tendent plutôt vers des conditions neutres. Il est donc encore moins probable de voir l’année 2017 battre le record de 2016… Au final, 2017 devrait rester dans le trio de tête.

Les dix années les plus chaudes depuis 1948 ont toutes été enregistrées au XXIè siècle avec les trois dernières années dans le top 3. Voici le bilan des 10 années les plus chaudes, sachant que pour 2017, seule la période janvier-juin est prise en compte.

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après : NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales

Les anomalies chaudes les plus notables se situent en Europe et en Sibérie. Le monde est globalement chaud mais le refroidissement est significatif sur de larges portions de l’Antarctique.

Carte d’anomalies pour le mois de juin 2017.

+1,02°C en juin 2017 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). Comme en avril, l’anomalie est de +1,02°C en juin 2017 : on revient nettement sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C). Voici un graphique montrant les données mensuelles NCEP-NCAR couplées à celles de la NASA (pour remonter plus loin dans le temps car NCEP commence en 1948) :

 

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56 réponses »

  1. Le Dr Roy Spencer, climatologue (ils seraient paraît-il une centaine dans le monde à pouvoir prétendre à ce titre), constate lui que le mois de juin marque une baisse d’après ses satellites. Pour lui, on est redescendu au niveau de 2015, et la tendance est à la baisse, même si ça reste à un niveau élevé bien entendu, d’où le classement dans le top 3, forcément.
    Le graphe => http://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/UAH_LT_1979_thru_June_2017_v6.jpg
    Ça démontre aussi un peu plus que l’utilisation du pic de janvier 2016 pour justifier les modèles était pour le moins cavalière.
    Ça n’empêche pas qu’on en saura bien plus dans les années à venir 😉

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    • @Ninja: sauf que 2015 se situait juste en dessous des prévisions centrales du GIEC, et 2016 au-dessus. Même si on était revenu au niveau de 2015 (ce qui n’est pas le cas si on se fie à « votre » graphe où la tendance des 6 derniers mois est stable à un niveau supérieur à ce qu’on relevait en 2015), on serait donc quand-même dans les prévisions.

      Par ailleurs, les fluctuations décennales, encore très difficiles à prévoir, font que les relevés peuvent s’écarter provisoirement des modèles sans que cela remette en cause le rôle du CO2. Je vous l’illustre plus simplement à travers un exemple, car vous n’avez pas l’air d’avoir compris mes explications nombreuses à ce sujet: imaginez que vous mettez de l’eau à chauffer dans une casserole, avec un thermomètre pour suivre l’évolution de la température. À intervalle régulier, vous jetez une partie de cette eau pour la remplacer par de l’eau froide. Sur vos relevés de température, vous remarquez des cycles réguliers: ça monte régulièrement, puis ça chute brusquement, puis ça remonte… Bref, ça fluctue. Vous pourriez en tirer la conclusion que votre plaque n’a pas d’effet sur la température de l’eau, puisque son activité n’est pas exactement corrélée à l’évolution de la température, mais on ne vous prendrait pas au sérieux… La réalité, c’est que votre plaque a bien un effet, mais qu’un autre facteur s’oppose à cet effet. Avec le C02, c’est pareil: il ne suffit pas à lui seul à expliquer tout ce qu’on observe, car il y a d’autres facteurs en jeu; mais sans lui, on ne comprend rien à l’évolution climatique de long terme. Il n’y a aucune incompatibilité entre le fait que le CO2 réchauffe le climat, et le fait que les courants marins voire les cycles décennaux du soleil ont une action de court terme qui conduit à des fluctuations qu’on n’arrive pas à anticiper.

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  2. Je ne connais que ce graphe du GIEC, et il est dans son dernier rapport => https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=212406GIEC10112b.jpg
    On y voit clairement qu’on était, et qu’on est, loin de la prévision centrale.
    Une mise à jour de 2016 => https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=572177GIECMAJ.jpg
    Certes le pic de janv.2016 était dans les clous, mais aujourd’hui c’est redescendu et on est toujours limite.
    Sur la base de ces documents de GIEC on serait plutôt dans les prévision ultra-basses des modèles. A la limite de décrochage, et en tout cas loin de la « moyenne » des modèles.
    Si on observe la courbe UAH on est plutôt parti pour une descente en dents de scie, mais bien une descente. Du moins, pour l’instant.
    Apparemment, les « sceptiques » considèrent aussi que le CO2 réchauffe le climat, mais certainement pas dans les proportions indiquées par les alarmistes et le GIEC.

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  3. On ne sait vraiment plus à qui se fier… 🙂
    Finalement, à chaque fois que les choses ne tournent pas au réchauffement pur et dur, il y a toujours une « étude » qui dit le contraire, comme celle qui niait le hiatus.
    En tous cas Spencer (climatologue) continue à faire confiance dans ses satellites. C’est marrant d’ailleurs, le concernant : il y a des gens qui lui disent que c’est un réchauffiste patenté, et d’autres qui le trouvent trop sceptique.
    Normal, il me semble qu’il a écrit sur son blog il n’y a pas si longtemps que 50% du réchauffement actuel seraient dus à l’homme et 50% aux cycles naturels, tout en ajoutant qu’il n’a aucune preuve…

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    • Savoir à qui se fier, personne ne vous le demande. Parce que la vérité est ennuyeuse pour certains et inaccessible pour d’autres, c’est toute la beauté, ou la laideur (c’est selon), de ce monde : avoir tout et son contraire pour tout et n’importe quoi. 🙂

      Pour Spencer, avec tout le respect qu’il se doit et avec ses connaissances pointues, il n’est pas immunisé contre l’erreur, c’est humain – persévérer est diabolique . Ce n’est pas le satellite qui est focément en cause, c’est l’algo qui permet de corriger les données brutes en fonction des données d’un système (comme en photographie numérique, la correction des blancs, les pixels morts, la distorsion des lentilles, etc.).
      Cependant, il le dit comme il le souhaite avec des pourcentages ou avec esprit, je préfère dire souvent prosaïquement que le boost de nos activités (déterrage/exploitation de ces ressources fossiles, déforestation, destructions des espèces, etc.) ont rompu ou redonné de la cinétique à une oscillation tendant vers un équilibre du système « terre », et que pour compenser tout cela (redissiper l’énergie accumulée durant cette phase de déséquilibre), nous prenons un risque énorme de payer le prix fort.

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      • J’ai souvent eu ces objections sur les satellites, l’un des principaux arguments pour contester l’impact des GES.
        Voici quelques réponses :
        – Les satellites ne font qu’interpréter les températures de la basse troposphère.
        – le glissement orbital est propice aux erreurs qui doivent être corrigées.
        – les satellites sont très sensibles à El Nino. Le réchauffement qui se propage à travers l’atmosphère lors d’El Nino se diffuse ensuite différemment latéralement en raison des vents au-dessus des continents et des océans. En surface, les STT jouent différemment.
        – Il y a deux jeux de données. Vous ne mentionnez que uah mais il y a aussi rss. Une nouvelle correction montre un réchauffement de 0.17 par décennie pour rss, autant que les thermomètres. Voir http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JCLI-D-16-0768.1

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  4. Pas forcément besoin des données UAH ou RSS pour avoir des doutes.
    Il suffit de reprendre les graphes et modèles du GIEC, ceux qui servent à déterminer les politiques écologiques pour s’apercevoir qu’ils sont pour la plupart très biaisés :
    https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=121449GIEC10112c.jpg
    https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=423053GIECMAJJPG2.jpg
    Heureusement qu’il y a un zone hachurée dans le 2ème graphe…

    Si on veut être honnête, il faut attendre quelques mois, voire quelques années pour savoir si ça va remonter ou continuer à baisser, car là on est encore « pollué » par le dernier gros El Niño.

    Et puis l’analyse spectrale par Otto Weiss des données de température depuis qu’elles existent ne montre aucune trace d’influence du CO2 qui augmenté constamment.

    Enfin, on pourra dire ce qu’on veut, ici et ailleurs,mais aucun Pays ou presque ne fera le nécessaire pour diminuer drastiquement ses émissions de CO2.
    La France avec une diminution de 20% de ses 10% de CO2 Européens (Europe qui ne représente que 11% du total mondial) n’influera strictement en rien sur le climat mondial, même s’il était avéré que le CO2 soit la cause du réchauffement actuel.

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    • Mais dans le climat réel, on est toujours pollué par tel ou tel mode de variabilité naturelle. De même, donc, le début du 21è siècle a été pollué par une PDO négative.
      Puis El Niño a placé 2016 très légèrement au-dessus des prévisions centrales publiées par le Giec, ce qui n’apparaît pas sur vos graphes. Ce qui a levé l’argument 1 sur la fausseté des modèles. L’argument 2, celui des satellites, vient d’en prendre un coup également.

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  5. @ Johan : vous tentez de justifier les modèles parce qu’une seule fois, ponctuellement, et à la faveur d’un fort El Niño, la mesure était au milieu du nuage de modèles.
    En fait, sur 10 années, il y a eu environ 80% du temps (soyons bons…) où 90% modèles étaient faux, voire très faux, et seulement 20% de ce temps où, coup de bol, les modèles pouvaient presque apparaître bons.
    Difficilement défendable…

    @ Ghutz : il ne s’agit pas de minimiser quoi que ce soit, mais de connaître juste la vérité. Car qu’y a-t-il exactement derrière tout ça ? de la manipulation ? Pour qui ? Pour quoi ? Et de toute façon, quelle est la meilleure attitude à avoir par rapport au carbone qui est la base de notre développement ? Et par quoi le remplacer, sans faire de bêtises ? Fabriquer des milliards de tonnes de batterie, de panneaux solaires, d’éoliennes, etc… avec tout ce que ça implique, est-ce plus ou moins polluant que le pétrole ?
    Si on trouve une énergie bon marché et moins polluante, je suis preneur, et c’est sans regrets que je laisserai tomber le pétrole. Rien que du fait qu’il nous rend dépendants des pays producteurs, et qu’il finance certaines organisations pas du tout recommandables, on auraient envie de s’en passer.
    J’espère que la science va avancer et nous trouver cette fameuse énergie pas chère et pas polluante.

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    • @ninja: « vous tentez de justifier les modèles parce qu’une seule fois, ponctuellement, et à la faveur d’un fort El Niño, la mesure était au milieu du nuage de modèles ».

      Non! Je vous remet tel quel ce que j’ai écrit plus haut, qui est sans doute passé inaperçu car d’autres commentaires se sont rajoutés juste après:

      Sur le 2ème lien que vous donnez (https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=572177GIECMAJ.jpg), « La mise à jour s’arrête à 2015 [et non pas en 2016], c’est d’ailleurs précisé dans la légende. À en croire le graphe, les mesures sont, pour cette année là, dans les prévisions centrales du GIEC, vers le milieu de la fourchette. 2016 était au-dessus, dans les prévisions hautes, mais on ne le voit pas sur ce graphe. 2017 sera probablement environ au niveau de 2015, ou un peu au-dessus ».

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    • « il ne s’agit pas de minimiser quoi que ce soit, mais de connaître juste la vérité. »
      Alors ne faîtes pas non plus de procès d’intention en estimant que personne/aucun pays ne baissera ses émissions de co2 ou de dire que les efforts de la france ne serviront à rien car le problème, en plus d’être dillué, ne serait même pas là !

      Il n’y a aucune manipulation, aucun complot, n’en cherchez pas, vous y glisseriez aisément en introduisant le financement de « certaines organisations pas du tout recommandables ». Il n’y aurait que des croyances ou celles que certains prètent aux autres que je ne partage absolument pas et des opportunités de croissances [financières] « vertes ». Ce n’est pas la « science » et plus précisément ses applications pratiques (scientisme) dans les énergies industrielles renouvelables hi-tech qui vont nous sauver, elles ne feront qu’aggraver les choses. Je propose une lecture/écoute de Philippe Bihouix. Tout ceux qui ont un peu de véritable curiosité dans ce domaine (vous semblez en avoir, je le perçois :)) et comprenant que notre gloutonnerie énergétique est sans limite, le savent. Il n’y a que ces grands groupes avides pour s’en convaincre et trouver le soutien de ceux qui peuvent encore être convaincu. Quand on soigne un patient qui veut être soigné, on ne remplace pas les pathogènes ou les tumeurs, on les éradique. Une énergie non polluante, sûre, neutre et bon marché, c’est un conte de fée (ou de Dyson ?) ou ça s’appelle photosynthèse. Le déclins, les low-tech, voire l’effondrement, c’est à dire le renoncement à un certain confort et revoir totalement nos modes de vie s’il n’est pas trop tard sans sombrer dans le déni, là est notre salut. Pas ailleurs.

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      • @Ghtuz: rien qu’en interdisant l’obsolescence programmée, avec l’éco-conception des produits et la relocalisation de l’activité, on peut réduire très fortement notre consommation énergétique et matérielle. Et cela ne nécessite aucun sacrifice, au contraire: en gaspillant moins, on gagne du temps en production et on préserve notre porte-feuille en consommation… À condition que le travail et les richesses soient correctement partagées, ce qui est de moins en moins le cas.

        Après, faudra-t-il renoncer à certains conforts? Je dirais oui. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut rationner la viande et interdire la construction d’hyper-centres « culturels » et commerciaux sur des dizaines d’hectares, par exemple. Mais, d’une manière générale, il faut l’expliquer, la décroissance n’est pas synonyme de sacrifices. Au contraire! Elle peut être un formidable levier pour renchérir nos droit sociaux, écologiques et démocratiques.

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        • Je plussoie – et ce n’est pas une croyance, dans une approche thermodynamique, c’est une certitude pour moi (voir adrastia.org par exemple). Mais quand le rythme de vie d’une caste détenant de grand groupes média et de distribution (pantouflant de temps en temps dans une chambre parlementaire) est basée sur la croissance, que c’est répété ad nauseam comme la seule voie possible, le progrès, une fin en soi, jusqu’à nos structures éducatives, je dis que ce qui va être présenté est un sacrifice énorme et destructeur d’emplois ou de tas d’autres valeurs dites positives. Le discours du chantage à l’emploi est d’ailleurs très à la mode, c’est pour cela que nous avons perdu autant de temps. Ce genre de choses, ça a la peau dure, ça s’accroche.
          Pour beaucoup, il faudra démontrer et éduquer cependant en quoi et comment les droits sociaux et l’excercice démocratique se trouveront renforcés quand une société mute ou bien que ses structures qui les garantisaient se transforment (voire disparaît). L’histoire nous rapelle qu’il n’est pas si difficile de nous abreuver de faux espoirs et qu’une poignée d’individus au final s’empare des outils de transformation pour leur propre intérêts. De mon coté, je ne compte plus sur des recettes. La résilience ne passe pas forcément par l’universalisme. 😉

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      • @Ghtuz: rien qu’en interdisant l’obsolescence programmée, avec l’éco-conception des produits et la relocalisation de l’activité, on peut diminuer très fortement notre consommation énergétique et matérielle. Et cela conduirait à un gain d’énergie et de temps sur la production, et d’argent sur la consommation; sans compter les bénéfices environnementaux bien sûr.

        Après, faudra-t-il renoncer à certains conforts? Je le crois. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut rationner la viande et mettre fin à la construction d’hyper-centres « culturels » et commerciaux sur des dizaines d’hectares, par exemple. Mais, d’une manière générale, la décroissance n’est pas, à mon avis, synonyme de sacrifices. Au contraire! Elle est un levier formidable pour renchérir nos droit sociaux, écologiques et démocratiques.

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    • Voici une comparaison entre la prévision centrale des modèles (scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5) et la température mondiale d’après NASA GISS
      null
      Effectivement, au début du XXIe siècle, les modèles sont en dessous des observations. Si les modèles montrent un réchauffement linéaire (c’est normal puisqu’il s’agit d’une prévision centrale), les observations fluctuent davantage.
      Je rappelle une nouvelle fois que 1998 a été marquée par un El Nino majeur au terme d’une phase de PDO positive. Les années 2000 ont suivi un fort épisode La Nina et ont été marquées par une PDO négative.
      A partir de 2015, les observations montent rapidement et dépassent en 2016 les prévisions centrales des modèles (en valeur annuelle).
      Vous oubliez une donnée très importante : cela serait impossible si les modèles se trompaient. Car El Nino peut booster la température globale de 0,2°C environ. Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de 1,22°C sur l’année 2016. El Nino n’aurait pu à lui seul provoquer une telle élévation. Lors du maximum atteint en février, l’anomalie a même atteint +1,64°C au-dessus de la période préindustrielle.

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  6. J’ai essayé de prolonger la courbe la plus récente et ça donne ça => https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=253943GIECMAJJPG3.jpg
    Je me suis basé sur la vraie courbe qu’on trouve ici => http://www.climate4you.com/ en soustrayant environ 0,15°C pour le mois de juin puisque que c’est à peu près la baisse enregistrée ce mois-ci par UAH. On va pas chipoter sur les zigouigouis, on est à peu près là.
    El Niño se termine, ça tombait bien pour les modèles, mais ça n’a pas duré…

    Je vous trouve bien pessimiste quand même par rapport au futur proche. De mon côté, je reste confiant, et je ne répudie pas trop notre société. Globalement, on doit vivre bien mieux et bien plus longtemps qu’au Moyen-Age. J’aime le progrès qui me sauve en cas de besoin. J’aime aussi ma liberté de bouger, et ma « bagnole ». Reste quand même à ne pas trop polluer notre environnement et à en prendre soin. Là, pour ça, je compte sur les Hulot & Cie pour montrer l’exemple.
    Je prends note pour Philippe Bihouix.

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    • @Ninja: en gros, vous projetez que 2017 sera entre 2013 et 2014. Bon. Ce n’est pas la 1ère prédiction du genre que vous faites, mais je n’ai lu aucun spécialiste s’aventurer à prévoir que 2017 sera aussi « froide » que cela alors qu’elle est à mi-chemin entre les net records de 2016 et 2015 sur les 6 premiers mois de l’année. Il n’y aura donc pas longtemps à attendre avant de voir ce qu’il en est… Ceci dit, même avec votre estimation (probablement très en deçà des relevés à venir), on reste dans les clous par rapport à ces fameux modèles (certes, sur les prévisions les plus optimistes).

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    • N’oubliez pas, le réchauffement modifie aussi la fréquence et l’intensité des ENSO (peut-être un « 3.4 » faible en préparation pour l’année prochaine ?), cela va perturber vos projections et vous allez devoir retirer beaucoup plus de choses pour arriver à une température stable.

      Pour le vivre mieux, ce n’est pas au moyen-âge qu’il faut remonter (l’épouvantail de l’homme moderne), c’est bien, bien, bien avant.
      Les carences, les famines et les guerres coercitives de cette époque sont inhérentes à notre modèle d’approvisionnement et il est toujours d’actualité : globalement, c’est peut-être même pire – oui, nous faisons partie des « privilégiés » nécessaires à notre broyeuse planétaire; cela n’existait pas autant avant il y a 12000 ans. Vous pourrez toujours faire quelques sauts sur des sites comme hominides.com. Je l’aime bien celui-là.
      Quant à la bagnole, son usage a été rendu indispensable entre les différentes localisation [de plus en plus] éloignées de nos activités, là où avant tout se passait à proximité. Et sauver, on se demande bien de quoi… des maladies actuelles ou à venir neurodégénératives et autres cancers dus aux nouveaux matériaux, de la chimie dans l’alimentation et des pollutions modernes (ou vous faire vivre plus longtemps et pas forcément en bonne santé pour vous faire travailler plus longtemps), des accidents de voitures/transports ou domestiques. Vous êtes accros à votre confort, ce n’est pas dramatique, j’en serai aussi malheureux et quelque peu perdu au début. C’est juste que vous êtes comme un enfant, effrayé par l’idée que tout s’arrête et d’être perdu dans l’obscurité avec les loups alors vous vous accrochez à vos grigris, là où j’y vois une nouvelle voie à explorer et laisser tomber ce qui devient inutile.

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  7. Prévisions, prévisions… je me garde bien de prédire exactement ce qu’il en sera, mais je constate seulement que la courbe de monte vraiment pas beaucoup, qu’elle obéit à une certaine logique, et qu’on est à ce jour loin des discours très alarmistes dont on nous abreuvent dans les médias.
    Ça m’embête aussi qu’un évènement exceptionnel soit exploité tant et plus pour justifier les pires prédictions (genre +4 à +6°C en 2100). Cette « poussée de fièvre » aura duré entre 4 et 5 ans, entre le début de la montée et la fin de la descente. A notre échelle humaine c’est une éternité et plus qu’il n’en faut pour fantasmer inconsidérément. On en a minimum pour 12 mois encore, avant de se débarrasser des retombées du dernier El Niño
    Mon point de vue à moi, est le suivant : on est à la croisée des chemins, mais à l’échelle climatique on parle en années, et c’est long pour nous…
    – Soit d’ici 4-5 ans on sera revenu clairement au niveau du « plateau climatique », et là le monde va commencer à se poser beaucoup de question sur le GIEC & Cie.
    – Soit ça va commencer à baisser, ça donnera raison à ceux qui prévoyaient un net refroidissement, et on pleurera le bon temps de l’optimum climatique actuel (et quid du GIEC ?).
    – Soit le réchauffement reprendra, et là ça renforcera nettement la théorie du réchauffement anthropique, quelle que soit l’origine exacte dudit réchauffement.

    Hé oui, je me sens bien dans mon époque. Si vous, vous avez une santé de fer qui vous permettrait d’affronter des conditions moyennâgeuses, tant mieux pour vous. Peut-être considérez-vous normal que les plus faibles que vous crèvent au nom de la sélection naturelle. Je pense que tout être humain doit pouvoir vivre dans des conditions décentes, et si pour ça on doit pomper les ressources naturelles, tant pis. A nous de les gérer au mieux.
    D’ailleurs en cas de décroissance, on aurait toujours une élite, celle-là même qui aurait imposé cette décroissance justement, qui continuerait à profiter de toutes les largesses possibles. En 2017, un ouvrier occidental mange à sa faim, se fait soigner quasiment comme n’importe quel « élite », et a le droit lui aussi de se déplacer dans de bonnes conditions de confort sans avoir à marcher à en crever. Il vit mieux qu’un roi au moyen-âge.
    Pas d’inquiétudes cependant, on est sur un pic interglaciaire et il n’y en a probablement pas pour des milliers d’années avant de repartir pour une nouvelle ère glaciaire, ce qui règlera sans aucun doute les petits problèmes de notre civilisation.
    La terre nous survivra sans aucun problème.

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    • Encore une fois, la température observée ne pourrait pas suivre les modèles si ces derniers étaient faux. Elle reste toujours plus ou moins dans la fourchette, fut elle basse. Un revirement dans le Pacifique suffit à revenir en quelques années légèrement au-dessus de la prévision centrale.

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    • C’est juste que vous êtes encore trop englué. 🙂
      En jouant votre jeu, je dirai que les conditions du moyen-âge n’étaient pas aussi catastrophiques que vous semblez penser, c’était même plutôt l’inverse avec son fameux optimum médiéval et le fameux « groenland ». C’est qu’aujourd’hui nous sommes condamnés à des efforts si élevés que pour avoir notre niveau actuel réservé à l’occident, plus de la moitié de la planète est obligé pratiquement de crever (les biomes surexploitées que nous transformons en « ressources naturelles » encore plus mal réparties). Et les hominidés du paléolithique pouvaient vivre aussi au-delà de 60 ans (faute de rester sage à l’école, ça pouvait partir sec très tôt dans la pampa). Sans aller cherchez très loin, il reste encore quelques tribus dans ce monde en déshérence. Allez sur le site que j’ai donné en exemple, cherchez les études de Gurven/Kaplan ou autre.

      … « avant de repartir pour une nouvelle ère glaciaire » ou pas. Ce n’est pas un acquis social, nous ne sommes plus à 280ppm de CO2 dans l’atmosphère. De plus l’un comme l’autre, ce sera l’effondrement.

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  8. Nous occidentaux, serions responsables de la misère des autres pays ?
    C’est de notre faute si les autres n’ont pas accès à notre vie moderne ? Vous rigolez ou quoi ? En quoi on les empêche d’être heureux, eux qui font tout leur possible pour venir chez nous pour vivre comme nous ? Qu’est-ce que nous leur volons ? Est-ce aussi de notre faute toutes ces guerres interminable ? de notre faute l’islamisme ?
    Si nous n’étions pas là, il y aurait probablement des gens qui s’en porteraient mieux, mais ça ne donnerait pas une meilleure qualité de vie à tous les autres.
    Le jour où nous n’achèterons plus de pétrole aux pays producteurs ? ça fera comme pour le Vénézuela ?
    C’est fou comme vous tenez absolument à nous rendre responsable de tout ce qui ne va pas sur terre. C’est quasiment de la rage à ce niveau-là.

    Pour votre réponse concernant les données de température satellitaires, ça ne concerne que les données RSS. Pour les données UAH, ça va plutôt bien, pas de correction à apporter et elles démontrent sans la moindre ambiguïté une descente depuis le dernier pic El Niño, ne vous déplaise. Par ailleurs, la correction des données RSS reste minime.

    Enfin dire qu’il suffit que le pacifique revire pour qu’on raccroche les prévisions, mouais… on peut tout dire, ça n’engage à rien…
    Le modèles son nuls, ils vont dans tous les sens, sauf le bon, preuve qu’ils sont complètement à la ramasse. Quand on regarde les 42 modèles les uns sur les autres, ça ressemble à un tas de fils sans queue ni tête, et surtout pas à la réalité, même vaguement. Pas concluants du tout.

    Franchement, je préfère attendre et voir avant d’affirmer quoi que ce soit.

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  9. @Ninja: comme nous ne sommes pas sur un blog politique, je m’abstiendrai d’un long développement sur l’explosion de la pauvreté en France et de la souffrance au travail, qui se termine par la mort ou des maladies chroniques ou psychiques de longue durée pour des milliers de gens chaque année. Sans parler de retourner au Moyen-Âge, ce que je ne souhaite pas pour ma part, je pense qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’extasier sur le fonctionnement de notre société et qu’on pourrait faire bien mieux.

    D’un point de vue climatique, on a vu. Et je constate que les interprétations que vous tirez de graphes que vous nous soumettez vous même, ne correspondent pas à ce qu’on peut y voir. Ainsi, 2015 est en plein dans les prévisions centrales du GIEC et 2016 dans la fourchette haute des modèles. 2017 sera probablement au niveau de 2015, à quelques centièmes de degrés près. Soit 3 années de suite pour contredire l’affirmation selon laquelle le climat ne se réchauffe plus. Et puisque votre nouvel argument est maintenant de décréter qu’un pic el nino dure 3 ans (ce qui vous permet d’affirmer que les années suivantes seront plus froides), je vous rappelle que le pic de 1998 (d’intensité similaire à celui de 2016) n’a duré qu’un an. Dès 1999, la température mondiale s’était stabilisée à un niveau nettement plus bas avant de remonter en 2001. Si vous voulez être honnête avec nous et avec vous-même, la moindre des choses serait donc de justifier pourquoi il en irait différemment cette fois. En attendant, on ne peut pas dire que vous fassiez preuve d’une grande rigueur…

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  10. Les graphes que je présente sont ceux qui se trouvent dans le rapport du GIEC !!! Vous tenez absolument à y voir  » l’apocalypse « , « le début de la fin du monde « , etc…,c’est votre droit, mais à propos d’honnêteté…
    Je ne décrète rien, mais il y a une une forte élévation de température, et s’en est suivi une descente qui dure. Entre le début et la fin de ce pic il se passe plusieurs années, c’est ce que je constate. Et il est lié à El Niño.
    Maintenant, je ne suis pas scientifique et je ne vais pas faire semblant de l’être. Vous ne l’êtes pas non plus.
    Je vois que peu avant 1880 il y a eu une forte variation de température, ça ne semble donc pas nouveau => http://www.woodfortrees.org/graph/hadcrut4gl
    Vous utilisez des phénomènes qui durent très peu de temps à l’échelle climatique pour dire  » en 2015 on était en dedans, en 2016 on a dépassé les prévisions, et en 2017 on sera comme en 2015″. Bravo, vous venez de décrire une montée, un pic, et une descente. Large le pic, mais un pic.
    Et en 2018 et 2019 vous voyez quoi ?
    La rigueur ? Utiliser les petits déboires de RSS pour dire que les relevés UAH ne valent pas tripette (c’est l’interprétation que je fais de ce qui a été dit), ça c’est rigoureux ???? Surtout quand les datas UAH sont visiblement traitées par un climatologue, un vrai (je ne connais pas les détails, ce n’est pas mon métier, et je n’ai pas cette prétention moi. Vous m’en excuserez).
    Refuser de voir une tendance inexorable à la descente depuis janvier 2016, ça aussi c’est faire preuve de rigueur ? ( http://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/UAH_LT_1979_thru_June_2017_v6.jpg ).
    Pour les catastrophistes, cette histoire de réchauffement (bien réel, ça c’est sûr), c’est du pain béni, car quand on écrit ou prédit des choses imprévisibles, il faut des années et des années pour que les faits réels apparaissent. Ça laisse largement le temps d’y croire et de broder…

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  11. J’imagine qu’il eut fallu que j’approuve sans réserve vos réponses parce que vous, vous êtes par définition et de manière définitive dans le vrai ?
    Je vous le dis sans aucune agressivité: ce n’est pas doute qui vous semble pour gêner beaucoup 🙂

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  12. @Ninja « Bravo, vous venez de décrire une montée, un pic, et une descente. Large le pic, mais un pic »

    Et bien non, justement. Je donne 3 moyennes, mais sans dire ce qu’il se passe au sein de ces moyennes. Alors regardons un peu mieux: la montée commence à l’automne 2015 seulement, pour se terminer en février 2016. 6 mois seulement. Cela, c’est acquis. En suite, la baisse s’amorce dès le printemps 2016 et la question est de savoir si elle est toujours en cours plus d’un an après (ce que vous supposez de façon insistante, mais ce n’est qu’une supposition et non une constatation) ou si la température s’est déjà stabilisée à son plus bas niveau à la fin des effets du dernier el nino. Alors, je recommence: à la suite du pic de 1997-1998, la température s’était stabilisée dès le début de l’année 99 et n’avait plus baissé par la suite. Bien sûr, on parle là de tendances, quand bien même il peut y avoir des fluctuations importante de quelques dixièmes de degrés d’un mois à l’autre. Tous les organismes de mesure le montrent, et pour vous en convaincre, je remets ici un lien que vous nous aviez déjà donné, comme ça je pense que vous n’en contredirez pas les résultats: http://www.climate4you.com/GlobalTemperatures.htm

    Pareil en 1878, 3ème el nino majeur depuis le début des relevés: on voit bien sur votre lien (http://www.woodfortrees.org/graph/hadcrut4gl) que les effets de ce phénomènes se sont estompés au bout de quelques mois, pas 2 ans!

    Si la même chose se reproduit aujourd’hui, la température a donc déjà dû se stabiliser (encore une fois, je parle de tendance, il y a et aura encore des fluctuations autour de cette tendance).

    Vous confirmez donc que pour vous, ce pic 2016 se sera étalé sur 3 ans, alors que rien de tel ne s’est produit par le passé. J’attends donc toujours que vous nous expliquiez pourquoi ce serait différent cette fois, et bien sûr, je ne parle pas de vos prédictions sur la descente du pic puisqu’on n’a pas le recul nécessaire pour « constater » ce qu’il en est, contrairement à ce que vous prétendez. Je me passerais bien aussi du tour de passe-passe qui consiste à transformer une montée de quelques mois (automne-hiver 2015) en une montée d’un an (toute l’année 2015).

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  13. Je n’ai ni l’envie, ni le temps, ni la compétence (je le reconnais, moi…) pour me lancer dans une analyse fine des courbes de températures et parler de climatologie de manière pointue.
    Qaund on regarde ceci sur près de 170 ans, on voit qu’il y a eu un pic ressemblant (en amplitude) vers 1880 => http://www.woodfortrees.org/graph/hadcrut4gl
    http://www.woodfortrees.org/graph/hadcrut4gl/from:1875/to:1882
    http://www.woodfortrees.org/graph/hadcrut4gl/from:2010/to:2017
    Par ailleurs, le relevé UAH montre qu’on est quasiment revenu au niveau d’anomalie des années ~2005 ( http://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/UAH_LT_1979_thru_June_2017_v6.jpg ).
    Que vous ne vouliez pas voir les évidences ne m’étonne guère, car il y a ici (vous ? d’autres ?) des gens qui croient dur comme fer en la courbe en forme de crosse de Hockey dont on sait comment elle a été obtenue… A partir de là, le dialogue risque d’être difficile non ?
    De même il en est ici qui « exploitent » tant qu’il peuvent le pic de Janvier 2016 pour justifier les modèles, même si en juin 2017 on est de nouveau pas loin du décrochage du réseau de courbes proposés par le GIEC.
    Si vous le voulez bien, on peut clore ici 🙂

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    • Il me semble judicieux de préciser certains points qui permettraient une discussion rationnelle :
      – Pas d’insultes
      – Pas d’attaques ad hominem
      – Pas de procès d’intention
      – Des commentaires politiques, pourquoi pas, même si cela n’est pas la vocation de ce blog.
      – Si possible donc des arguments rationnels qui concernent le sujet lui-même et non celui qui les exprime (à moins que cela soit à des fins de transparence).
      Merci

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  14. Donc je ne prétends pas être un spécialiste du climat, je me permets juste de commenter (modestement) une courbe, ayant quelques notions que j’utilise tous les jours dans ma vie professionnelle (tendance, régression, moyenne mobile, etc…).
    La politique ? S’il est sujet éminemment politique, c’est bien le climat. Plus politique que ça, c’est pas possible. Déjà le GIEC est une organisation politique avec quelques scientifiques de seconde zone si j’en crois ce que j’ai pu lire ici ou là. Ensuite voici ce qu’assène le Pr Gervais et d’autres : « La Banque Mondiale, grande spécialiste du climat comme chacun sait, a estimé le coût de la lutte contre le réchauffement climatique d’ici 2030 à 89 000 milliards de dollars. Autrement dit elle préconise de multiplier la dette souveraine mondiale par 2,5 ! Au profit de qui ? ».
    Traduction de ce que dit Gervais et d’autres : on va se ruiner comme des imbéciles parce que le climat subit des variations naturelles qu’on aura opportunément mis sur le dos du CO2 (les investigation de Gervais dans son labo l’auraient convaincu de beaucoup de choses sur l’effet du CO2). De plus on voudrait empêcher l’accès à une énergie bon marché aux pays les plus pauvres, énergie qui nous a permis à nous de nous développer.
    Que les grands financiers de ce monde se pourlèchent les babines à la vue de ce gâteau de 89.000 milliards de dollars ne me dit rien qui vaille. Que des grands pétroliers Américains fustigent Trump pour sa décision de quitter l’accord de Paris m’inspire aussi la plus grande méfiance…
    Vouloir sauver la Planète est certes une grande cause, encore faut-il être sûr de la vraie cause du réchauffement, être sûr de ses conséquences. Là ça tourne à l’hystérie. Certains politiques tentent aussi absolument à entrer dans l’histoire en utilisant ce tremplin (Hollande, Fabius, Royal, et toute la clique).
    « Make our Planet great again » => ça a de l’allure à la TV, mais là aussi on découvre éberlué qu’on a finalement élu un Président très écolo, qui a propulsé Mr Ushuahia n°3 du gouvernement là aussi à notre grande surprise. Pourtant, je ne me souviens pas qu’il ait dit un mot sur le réchauffement pendant sa campagne notre jeune président.

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    • À propos de l’interview de François Gervais, je vais reprendre quelques points:

      -Il prétend que, puisque l’évolution de la teneur atmosphérique en C02 ne corrèle pas avec l’évolution de la température, c’est qu’il n’y a pas de lein entre les 2.

      Et voilà! La même bếtise 1000 fois rabâchée, sur laquelle je suis revenue souvent ici avec l’efficacité de celui qui prêche dans le désert… Comme vous avez l’air d’aimer les courbes, je vais tenter ce coup-ci de vous expliquer en graphe pourquoi cette affirmation est fausse: http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=140462IMG20170708123455.jpg

      Sur le 1er graphe, vous voyez 3 courbes, dont l’une (rouge) est la somme des 2 autres (verte et noire). La noire ne corrèle pas à priori avec la rouge, et il semble que la verte suffise à expliquer l’évolution de la rouge. Maintenant, voyons voir ce qu’il se passe si la noire n’est plus horizontale mais monte dans le temps (2ème graphe). Vous voyez bien que la rouge évolue différemment en conséquence. C’est donc bien qu’il y a un lien entre ces 2 courbes, contrairement à ce qu’on pouvait croire. Enfin, imaginez que vous avez en noir, le CO2, en vert, la variabilité naturelle (courants marins, soleil, éruptions volcaniques) et en rouge, la température. Vous comprenez alors que la température augmente sur le long terme à cause de l’augmentation du CO2, même si à court terme, la variabilité naturelle fait que la température peut provisoirement baisser ou stagner. Voilà expliqué le plus simplement possible pourquoi il est stupide de chercher une corrélation exacte entre 2 facteurs (ici, le CO2 et la température) lorsque ne serait-ce qu’un seul autre facteur entre en jeu. Vous, vous avez l’excuse de ne pas être bon en maths. Mais Gervais, qui est un physicien, sait parfaitement cela et c’est un menteur. C’est impardonnable de dire consciemment une bêtise pareille!

      -« Les phases montantes de 1910 à 1940 puis de 1970 à 2000 du cycle de 60 ans sont toutes deux d’une même amplitude de 0,6°C alors que durant la première, les émissions de CO2 étaient 6 fois inférieures à celles durant la seconde. On ne dispose donc d’aucun élément factuel pour incriminer ce gaz trace. »

      Voilà une autre idiotie qu’il est facile de démonter: premièrement, les puits de carbone (notamment les océans) ont absorbé jusqu’alors une bonne part de nos émissions. Si bien que, pour des émissions 6 fois supérieures lors de la seconde phase, l’augmentation de CO2 atmosphérique n’y fut « que » 3 fois supérieure. Mais surtout, compte tenu de l’inertie gigantesque des océans, il est clair que l’évolution de la température mondiale a toujours un temps de retard par rapport à l’évolution de l’absorption d’énergie par le système climatique. Enfin, j’ai déjà lu que le CO2, une fois relâché dans l’atmosphère, n’est pas immédiatement à son maximum d’efficacité. Il faut une dizaine d’année pour cela. Mais je maîtrise moins bien cet aspect et je ne le mentionne que pour montrer que la situation ne ressemble en rien au discours simpliste de Gervais.

      -« Ce qui est improprement appelé effet de serre du CO2 est proche de la saturation de sorte qu’il subsiste un lien résiduel entre émissions et température mais son impact est beaucoup plus faible que ne le prophétisent les modèles du GIEC ».

      Encore un aspect qui a été discuté ici, apparemment sans résultat… Le taux de CO2 atmosphérique est proche de la saturation dans la basse troposphère, mais pas en altitude puisque la pression y est moins élevée. Or, le CO2 de la basse troposphère ne conserve pas les radiations terrestres absorbées: il les réémet, en partie vers la Terre (effet de serre), en partie vers l’espace. Dans le 2ème cas, l’énergie est perdue, sauf s’il y a en altitude assez de CO2 pour la capturer à nouveau et la renvoyer en partie vers la Terre. Or, en augmentant le taux de CO2 atmosphérique, on favorise cette recapture en altitude et c’est ainsi que l’effet de serre augmente, même s’il y a saturation au sol.

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  15. Vous partez avec l’idée obligatoire que la température doit augmenter proportionnellement avec le CO2. Bon, ce n’est pas du tout l’avis de tous les scientifiques.
    Ensuite vous n’avez plus qu’à additionner très simplement 2 fonctions, une sinusoïdale et l’autre linéaire (NB : le genre de choses que je fais très souvent avec mon PC. Ca ne fait surtout pas de moi un cador en mathématiques, néanmoins mes collègues m’écoutent toujours très attentivement lorsque je leur explique certaines choses).
    Par ailleurs, d’un côté une faible augmentation du taux de CO2 augmente la température de 0,6°C et là il n’y a aucune inertie, et de l’autre côté la teneur a été 3 fois supérieure, mais là ça n’augmente que de 0,6°C (aussi) parce que ce coup-là il y a de l’inertie qui fait que ça n’a pas pu augmenter plus.
    Difficile d’adhérer, mais je prends note qaund même.
    Si Gervais était un menteur, quelqu’un qui sait qu’il raconte des mensonge, ce serait tout simplement un malade. Et il y aurait beaucoup de malades chez les scientifiques.

    « Sauf s’il y a en altitude assez de CO2 pour la capturer à nouveau et la renvoyer en partie vers la Terre » : je veux bien tout, mais est-ce que c’est bien vrai et si oui, en sommes-nous à ce point ? Si vous voulez, voici les températures à tous les niveaux d’altitude => http://images.remss.com/msu/msu_time_series.html

    Enfin, outre le fait que les modèles climatiques sont loin de la réalité des mesures, certain discours sont désespérants de bêtise outrancière et décrédibilisent à chaque fois la « cause climatique » => https://www.climato-realistes.fr/le-rechauffement-climatique-augmente-de-140-depuis-1998-le-commentaire-de-roy-spencer/
    140% de rien, ça fait toujours pas grand chose, mais quand on dit 140% tout de suite ça claque, et on espère manipuler les consciences avec ça.
    J’ai en tête aussi Hollande devant l’ONU déclarant que les tremblements de terres et Tsunamis étaient liés au RC. J’ose imaginer que Hulot est un peu plus érudit sur la question…
    Au fait, tant qu’on est dans la politique, le G20, ça dit quoi à ce jour ? car pour l’instant les climat, tout le monde s’en fout comme de l’an 40 et nos grand journalistes spécialistes de la question ne font que pérorer sur la force de la poignée de main entre Trump et Poutine…
    (Il va falloir trouver le moyen de leur coller des jauges de contrainte pour mesurer tout ça précisément, puisqu’il n’y a que ça qui semble compter).

    PS : je veux bien que vous m’expliquiez comment vous faites pour coller une courbe sur ce blog. Si je cherche, je vais trouver mais je risque de faire quelque boulettes pour rien, étant donné qu’on ne peut pas éditer. Merci 🙂

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  16. Oh, ça se fait facilement à partir de Hosting (je sais que vous l’utilisez aussi): vous téléchargez votre image (ici, une photo que j’ai prise), vous l’envoyez sur le serveur, vous l’ouvrez comme d’habitude… Mais là, au lieu de simplement copier-coller le lien, vous faites clic droit sur l’image, puis « afficher l’image » et là un nouveau lien est créé, que vous copiez-collez sur le message. L’image est alors directement affichée. J’ai trouvé ça par hasard, pour être honnête 🙂

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    • Petite précision: je ne crois pas du tout que la température augmente proportionnellement au CO2, car il y a d’autres gaz à effet de serre et leur action n’est pas linéaire. Les graphes au-dessus, c’est juste pour expliquer l’histoire des corrélations entre facteurs, mais je ne prétendais pas reproduire la réalité, loin de là!

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  17. @Ninja, pour répondre sur le CO2 et l’inertie des océans: il ne faut pas oublier que la variabilité naturelle se superpose constamment aux effets du CO2. Le CO2 n’a donc évidemment pas provoqué une hausse planétaire de +0,6°C de 1910 à 1940, mais sans doute moitié moins compte tenu de la variabilité. Et il ne faut pas oublier non plus que le taux de CO2, en 1910, était déjà 20 à 30 ppm plus haut qu’en 1800. Une hausse modeste, mais de longue date. Entre 1970 et 2000, par contre, le CO2 est passé de 320 à 360 ppm en seulement 30 ans. À des échelles de temps si courtes, oui, l’inertie des océans masque les changements, et la hausse de température observée à cette époque est probablement plutôt due aux émissions plus anciennes de CO2.

    Autre point à avoir en tête: les échanges de chaleur entre deux corps sont proportionnels à la différence de température entre ces corps. En 1880, les océans et l’atmosphère étaient à l’équilibre; en 1940, la hausse, quoique non négligeable, était sans commune mesure avec celle qu’on a aujourd’hui. Rien d’étonnant, donc, à ce que les océans absorbent beaucoup plus d’énergie depuis 20 ans (à un rythme 4 fois plus rapide que précédemment, cf récent billet de Johan Lorck: https://global-climat.com/2017/03/22/oceans-un-rechauffement-de-plus-en-plus-profond/). Et voilà pourquoi l’augmentation de la température accélère à un rythme moins rapide que l’augmentation du CO2.

    @Ghutz: j’avoue que je n’ai pas compris l’allusion à l’Oklahoma :-/

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