Climat

+0,85°C en août 2017, selon la NASA

Le mois d’août 2017 a été le deuxième plus chaud depuis le début des relevés de la NASA en 1880.  

Avec +0,85°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, août 2017 se situe derrière le record de 2016 (+0,99°C) mais devant le précédent maximum établi en 2015 (+0,80°C). Les quatre derniers mois d’août sont les plus chauds depuis 1880.

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

2017 sera au moins l’une des trois années les plus chaudes depuis 1880

Dans le Pacifique, les conditions ont été neutres en août 2017. On parle d’une situation neutre quand la température de surface de la mer dans la région Nino3.4 (au centre du Pacifique équatorial) est entre -0,5°C et +0,5°C.  Depuis le début de l’année, les anomalies oscillent entre ces deux bornes. En août 2017, les températures de surface de la mer ont été de -0,41°C dans la région Nino3.4.

Les modèles prévoient que les conditions devraient rester neutres en 2017, donc aucun réchauffement lié à la variabilité naturelle du Pacifique n’est à attendre. De même, la première moitié de l’année n’a pas été dopée par un épisode El Nino, contrairement à début 2016.

Pour la température globale, janvier-août 2017 se situe entre la moyenne de 2016 et celle de 2015 sur 12 mois. La NASA relève +0,93°C sur les huit premiers mois de l’année contre +1°C sur 12 mois lors de l’année record de 2016. On notera que les quatre années les plus chaudes (2017 étant limitée à janvier-août) sont dans l’ordre 2016, 2017, 2015 et 2014.

2017 sera donc l’année la plus chaude si la moyenne sur les quatre derniers mois est supérieure à +1,14°C. C’est assez improbable.

2017 sera la deuxième année la plus chaude si la moyenne sur les quatre derniers mois est supérieure à +0,75°C. C’est ce qui pourrait arriver si la tendance actuelle se poursuit.

2017 sera la troisième année la plus chaude si la moyenne sur les quatre derniers mois est inférieure +0,75°C. Cela n’est pas exclu, sachant que sur sep-oct-nov-dec, les 0,75°C n’ont été dépassés que trois fois dans l’histoire instrumentale. En revanche, il n’y a aucune chance de voir 2017 tomber à la quatrième place : il faudrait une moyenne de +0,33°C, ce qui n’est pas arrivé depuis 2000.

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

Les anomalies régionales

Au mois d’août 2017, l’hémisphère sud a connu des températures de +0,73°C, la quatrième plus forte anomalie depuis 1880. L’hémisphère nord est à +0,97°C, la 3è plus grosse anomalie après 2016 (1,08°C) et 2015 (+1°C).

On peut voir ci-dessous que les températures ont été supérieures à la moyenne dans la plupart des régions du globe. L’Arctique à nouveau assez frais.

Anomalies de température pour le mois d’août 2017. Source : NASA GISS.

+1,05°C au-dessus de la période préindustrielle

Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980 mais on peut aussi calculer les anomalies par rapport aux données les plus lointaines, à savoir la période 1880-1899, que l’on peut considérer comme représentative de l’ère préindustrielle, où au moins comme une période où les émissions de gaz à effet de serre anthropiques n’avaient pas encore profondément modifié le climat. Cela permet de comparer la situation actuelle aux objectifs que sont fixés les Etats pour contenir le réchauffement climatique en-dessous du niveau considéré comme dangereux. Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de 1,05°C en août 2017. Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Ce dernier niveau avait été dépassé en février 2016 avec +1,6°C.

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20 réponses »

  1. Un petit coucou pour apporter une petite note d’espoir dans ce monde tout carboné et réchauffé.
    Des scientifiques alarmistes (non des moindres apparemment) reconnaissent qu’ils se sont plantés (j’allais dire sciemment…) et que les modèles de température sont effectivement à la ramasse => http://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/full/ngeo3031.html?foxtrotcallback=true et https://www.nature.com/articles/ngeo3031.epdf?referrer_access_token=xkwtnMZBWpdT39x-Wiri9NRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0OhiLdhtid2wIzB9lmkCPRiTpKZ3UAQo2fv12-9gCU-pTXSmA81mvEIq5iu9iXO2tyw4dSYdYjuwcS7pSwhjFeC9NS-QdZLW4H8hYDxV2JKV_-qVjrERzMntwxCyN3v7bfkYAAV6Ui75h5mnpKRsb8SUrXk2rqW-o8aJvNONUEZ3i5FX3AORdqbDKuFS6Br4gS-svvpfpFgC_4xKLBlhQM4mC_fpjiUyS6aYdEPMM7287fUSBsvCBGJRco1BRfiWVqQW0dRqqIkFEiM_2QBUt4YLs_eX4DaHpPctJGIoBmytu-0PWBpLes1DCQbdCUFMv4%3D&tracking_referrer=www.washingtonpost.com&mc_cid=0b1b15dd5c&mc_eid=b25ed91986
    Pas de panique cependant, pour l’instant ils n’avouent juste que les modèles ont un décalage de 10 ans par rapport à la réalité. Avec un peu de chance, il finiront par avouer 20, 30, 50 ans, mais un peu plus tard.
    Et puis, la Terre en a vu d’autres puisqu’on n’est toujours pas au niveau des Romains question réchauffement, certaines voies Romaines dans les Alpes étant à ce jour en 2017, toujours impraticables puisque recouvertes par des glaciers… ( http://www.alpes-guide.com/Sources/decouverte/commune.asp?pcommune=05.050005 ).
    Aussi, notre électricité française est garantie à 97% sans carbone, que peut-on faire de plus nous les Français ? =>

  2. Oui mais troll officiel !
    J’avais simplement écrit mon pseudo dans le champ « Site web » au lieu de « Nom ». Pas de quoi en faire un fromage.

    Trope, que peut-on faire de plus ? arrêter de respirer pour éviter de répandre du CO2 dans l’atmosphère ? disparaître ? Mais vous allez dire que la décomposition de nos corps va créer une pollution…
    La Terre doit bien nous supporter un minimum non ? Et puis, ce sera elle qui aura toujours le dernier mot. Après 4,6 Milliards d’années d’existence, elle ne va pas se laisser impressionner par les bipèdes qu’elle a elle-même créé.

    🙂

    • « que peut-on faire de plus ? »
      je suis assez d’accord avec l’idée que nous sommes « doomed » (foutus ?)

      le système, de par ses rouages, ses verrous, les mécanismes qui le constituent (la croissance, l’emploi, la dette, la démocratie, etc…)
      est incapable de se remettre en question et finira par s’effondrer de lui-même.

      le problème, c’est qu’après l’effondrement la vie continuera,
      et elle continuera avec des sols morts (béton en zones urbaines ou détruits par l’agriculture intensive en campagne), un climat foutu en l’air, de l’eau polluée, etc…

      dans ce sens, les publicités de chez EDF sont irrecevables.
      il n’y aucune vraie solution je crois,
      mais arrêter de se mentir avec de futurs miracles technologiques me semble être un bon début.

    • Ha, un troll sautant trop vite sur un os et qui revient au galop… Il y a quelque chose d’attendrissant à cela. 🙂

      Généralement, ce n’est pas la « Terre » qui a le dernier mot, elle n’est qu’une « boîte de Petri » bien garnie, c’est la vie elle-même : si une espèce a un mode de vie attentatoire à une autre, et sauf éradication, en conservant ses caractères adaptatifs elle apportera une réponse plus violente. Si les conditions ne sont plus adéquates pour les formes de vies présentes, alors elles disparaîtront tout simplement. Et retourner aux condition de l’hadéen, je n’y songe pas sauf géocroiseur de plusieurs dizaines voire centaines de km de diamètre. En revanche, que cette planète retrouve les conditions d’il y 56M d’années, c’est davantage problable.

      http://www.nature.com/nature/journal/v548/n7669/full/nature23646.html

  3. Sauf que pour ce que l’on en sait, les actuelles émissions anthropiques de gaz à effet de serre sont plus intenses d’un ordre de grandeur que celles ayant conduit à l’extinction de masse du PETM.

    https://www.sciencedaily.com/releases/2016/03/160321123656.htm

    Et ce concomitamment au saccage systématique par la civilisation industrielle des puits de carbone à sa portée, tellement susceptible d’arranger les choses, n’est-ce-pas.
    De là à considérer les chances de la biosphère comme couramment surévaluées…

      • Ben c’est pas pour le plaisir de contredire, mais je me demande si se baser sur les seules émissions humaines à l’horizon 2100 ne serait pas plutôt un brin optimiste. On n’a toujours pas d’idée très claire des rétroactions que nous prépare le permafrost. Mais si j’ai bien suivi, il paraît que lesdites émissions sont censées stagner depuis 2014, aux dires de l’International energy agency. Sauf qu’à Mauna Loa comme à Tiksi comme dans toutes les stations de mesure, macache, la concentration en CO2 continue de monter.
        Ceci dit, j’ai trouvé la démarche de ce monsieur Rothman très chouette. Faire ses petites stats sur les extinctions de masses sur un coin de table, c’est tout à fait mignon, mais la démonstration est d’une élégance dans la simplicité… C’est la classe !

        • Ben oui, les émissions humaines stagnent, mais à un niveau très supérieur à la capacité d’absorption par les écosystèmes. Du coup, le taux atmosphérique continue d’augmenter; il augmente même de plus en plus vite, car les puits de carbone deviennent moins efficaces à mesure qu’il se chargent en CO2.

        • Pour l’instant, les clathrates semblent se tenir encore tranquille.
          Mais si l’exploitation (pêche benthique, gazière et autres explorations minières) de la mer Arctique se met en route rapidement à cause d’une libération précoce voire totale des côtes, rien ne dit que cela ne destabilisera pas les sols et laissera fuiter quelques poches.

    • Cet article a fait un peu de bruit. En effet. J’ai l’impression que la communication n’a pas été optimale. D’une part, les médias n’ont peut-être pas communiqué comme il le fallait, ne comprenant pas vraiment le sens de l’étude. D’autre part, les auteurs de l’étude n’ont peut-être pas présenté les choses de manière accessible au grand public.
      Il faudrait de longs développements pour expliciter ce sujet mais je reviendrai globalement quelques points :
      – L’étude ne remet pas fondamentalement en cause les modèles climatiques.
      – Les modélisations ne prennent pas en compte l’après 2015, ce qui aurait pu réconcilier modèles et observations.
      – L’étude est effectivement un peu plus optimiste que le Giec.
      – L’explication est simple : elle tient à l’écart entre modèles et observations en 2015. 0,3°C qui font la différence.
      – L’étude a pris +0,9 comme référence au lieu de 1,2. Même si le budget carbone est le même, les 1,5°C seront atteints plus tard si on considère que le 0,9°C de 2015 est la « vérité ».
      Voilà pour la source des incompréhensions… Il me semble !

    • Dans la publication scientifique d’origine, les données relatives à l’année 2015 ne sont pas les données observées, mais une estimation de ce qu’aurait été la température cette année là sans variabilité naturelle (+0,93°C théoriquement, calcul fait par une autre équipe, voir référence 2). Contrairement à ce que prétend l’auteur de l’article dont vous donnez le lien, il n’y a donc pas d’écart entre les observations et les modèles, mais écart entre deux modèles dont les estimations sont de nature différentes. On a donc le choix: où bien cette estimation de +0,93°C est correcte, et alors les modèles prédictifs surestiment le forçage radiatif dû aux émissions humaines (ou sous-estiment l’inertie du système climatique); ou bien les modèles prédictifs sont corrects, et la part anthropique du réchauffement est sous-estimée par ces chercheurs.

      Il faut quand même savoir que l’équipe qui a calculé l’index qui abouti à ce +0,93°C théorique en 2015, signale que cet index augmente moins vite à partir de 2000 en réponse au hiatus qui commence à ce moment là. Autrement dit, leur estimation, qui est sensée éliminer la variabilité naturelle, y est tout de même encore sensible. Si le calcul était fait aujourd’hui, le résultat serait probablement différent. En tout cas, ce que montre la publication scientifique c’est que certaines études peuvent se contredire entre elles, d’où nécessité de compiler les résultats de plusieurs études pour avoir un meilleur recul. Mais cela ne montre pas que les modèles du GIEC sont faux, même si vous voulez à toute force faire croire l’inverse.

      • C’est exact, l’observation pour 2015 est d’environ 0,9. Avec El Niño l’estimation est de 1°C d’après cette étude. Pour rappel, la Nasa table sur 1,22 en 2016 au-dessus de 1880-1899.
        Toujours est-il que la source de la différence avec la version du Giec réside dans l’estimation de la température actuelle.

  4. Merci pour vos réponses 😉
    Mais je ne vous sens quand même pas super à l’aise là…
    De mon côté, je préfèrerais effectivement que cette histoire de réchauffement anthropique ne soit qu’une grosse farce. Je vois d’un côté des lobbies (officiels) très puissants qui veulent nous faire croire coûte que coûte qu’on va dans le mur, de l’autre des gens nettement moins puissants qui ne manquent pas d’argument pour dire que tout cela n’est que fadaise. Qu’on ne me dise pas qu’il s’agit des pétroliers, ils sont tranquilles, ils savent que leur business est appelé à se développer encore (https://www.connaissancedesenergies.org/toujours-plus-denergie-et-un-mix-quasiment-inchange-en-2040-170915?utm_source=newsletter&utm_medium=cest-mardi-un%20peu-denergie&utm_campaign=newsletter/cest-mardi-un-peu-denergie-19-septembre-2017 )
    Ici-même, on a carrément des gens qui promettent des catastrophes pires que dans les films, quoi qu’il advienne. D’ailleurs, si j’en crois le dernier article, s’il fait froid, c’est aussi de la faute au réchauffement… ( https://global-climat.com/2017/09/25/comment-laffaiblissement-du-vortex-polaire-favorise-les-vagues-de-froid/ ).
    Heureusement pour vous, on a eu un bon gros El Niño (ça prend du temps à s’en défaire) qui a permis (en apparence) d’apporter une peu d’eau au moulin réchauffiste et à celui de la COP21.
    Un article d’un climatologue compétente sur le sujet => https://judithcurry.com/2017/09/26/are-climate-models-overstating-warming/
    A plus 😉

    • Non, non, je suis plutôt un peu mal à l’aise pour les auteurs de l’étude. Leur estimation de 2015 ne me semble pas correspondre à la réalité, ce qui fausse l’ensemble de l’étude. Et en plus, les conclusions ont été sur interprétées…

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