La plupart des bilans de température pour l’année 2017 ont été publiés. La moyenne des différentes archives (stations au sol, satellites, réanalyses) permet de dire que 2017 se classe au deuxième rang derrière le record de 2016.
La NASA vient d’annoncer que l’année 2017 avait été la deuxième plus chaude depuis les relevés en 1880. L’anomalie de +0,9°C par rapport à la moyenne 1951-1980 se situe juste derrière le record établi en 2016 (+0,99°C). Si l’on compare par rapport à la période préindustrielle (définie ici comme 1880-1899), l’anomalie a été de +1,13°C en 2017. A noter que l’objectif de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique est de limiter la hausse à 2°C, voire +1,5°C « si possible » à l’horizon 2100.

Fait remarquable, malgré des conditions La Niña en fin d’année, 2017 a été près de 0,3°C plus chaude que 1998. Cette dernière fut pourtant marquée par un des épisodes El Niño les plus importants de l’histoire instrumentale. De 2014 à 2016, la NASA a annoncé trois records de chaleur consécutifs.
On peut régulièrement voir sur le site global-climat les relevés mensuels de la NASA, qui propose des bilans de température globale à partir des stations au sol et des instruments à la surface de la mer. Mais ce n’est pas la seule archive globale. La NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), HadCrut (du Met Office britannique), la JMA (agence météorologique du Japon), proposent également des bilans tirés des stations au sol. Il y a aussi les satellites dont les données sont publiées par deux organismes, RSS (de la société privée Remote Sensing Systems) et UAH (université américaine, située à Huntsville). On peut aussi citer les réanalyses Era-Interim (d’ECMWF, le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) ou NCEP-NCAR (recherche climatique américaine). Cette liste n’est pas exhaustive mais représente quand même un panel très représentatif.
Pourquoi faire une moyenne des différents bilans ? Parce qu’on a régulièrement vu ces dernières années des tentatives de contester la réalité du réchauffement climatique par le recours à certaines archives. Notamment, les analyses d’UAH tirées des satellites ont souvent été mises en avant par les sceptiques, en raison d’une tendance moins marquée au réchauffement. Il m’a donc semblé intéressant de proposer une moyenne des différents relevés pour y voir plus clair. Certaines agences classent 2017 en deuxième position, d’autres en troisième position. Pour comparer leurs résultats, il faut calculer les températures par rapport à la même période de référence. J’ai choisi ici la période 1981-2010 la plus communément utilisée.
Au final, la moyenne des 8 groupes (NASA, NOAA, HadCrut, JMA, RSS, UAH, Era-Interim, NCEP-NCAR) place 2017 au 2è rang, avec +0,45°C au-dessus de 1981-2010. On peut voir ci-dessous un bilan des trois dernières années, les plus chaudes de l’ère instrumentale :
| 2015 | 0,42 | 0,44 | 0,47 | 0,47 | 0,46 | 0,43 | 0,27 | 0,42 | 0,42 |
| 2016 | 0,45 | 0,57 | 0,51 | 0,50 | 0,67 | 0,62 | 0,51 | 0,61 | 0,56 |
| 2017 | 0,39 | 0,48 | 0,41 | 0,38 | 0,51 | 0,53 | 0,38 | 0,50 | 0,45 |
| JMA | GISS | NOAA | Hadcrut | NCEP-NCAR | ERA Interim | UAH | RSS | Moy |
L’année 2016 se classe sans surprise en tête, devant 2017, 2015, 2010 et 2014. Dans le Top 10, on ne trouve que 1998 pour représenter le XXe siècle :
La moyenne des 8 archives montre un réchauffement incontestable depuis 1979 (date du début des relevés satellites) avec une tendance de 0,16°C par décennie. A noter que la tendance la plus marquée est relevée sur RSS (satellites) avec +0,19°C par décennie sur 1979-2017. La plus faible est observée sur UAH (satellites également), avec +0,13°C par décennie.



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