Climat

Juillet 2018 : des records de chaleur dans l’hémisphère nord

Au niveau global, juillet 2018 a été le troisième plus chaud des annales, d’après la NASA et la réanalyse NCEP-NCAR. Les mois de juillet 2016 et 2017 occupent les deux premières places.

Juillet 2018 a donc été plutôt chaud sans atteindre un niveau inédit à la surface de la Terre. En même temps, des records locaux de chaleur sont tombés.

Ces records ont été principalement battus dans l’hémisphère nord, au-delà des régions tropicales (donc au-delà de 23,5°N). 90% de la population mondiale vit dans l’hémisphère nord.

Grâce à la réanalyse NCEP-NCAR, on peut zoomer sur la grande région située entre 25 et 70° de latitude nord, c’est à dire la zone ci-dessous :

Anomalies de températures entre 25 et 70° de latitude nord en juillet 2018. D’après NCEP-NCAR.

Ce focus montre que juillet 2018 a été le mois de juillet le plus chaud des archives entre 25 et 70° N, devant 2012 et 2016. Les annales remontent à 1948 mais depuis 2010, on ne trouve aucun mois de juillet en dehors du top 10.

Anomalies de température globale par rapport à la période 1981-2010 en juillet entre 25 et 70° de latitude nord.

Ces chiffres de la réanalyse NCEP-NCAR indiquent que juillet 2018, sans atteindre un record au niveau global, a concerné des régions très peuplées. Et qu’il y a bien eu un phénomène de grande échelle.

Voici quelques faits saillants :

En France, juillet 2018 s’est classé au 3e rang des mois de juillet les plus chauds derrière juillet 2006 et juillet 1983, d’après Météo France, dont les archives remontent à 1900. Lille a enregistré sa température la plus élevée depuis le début des mesures avec 37,6°C le 27 juillet dernier. L’été 2018 est en passe d’être le 2e plus chaud des annales au niveau national.

Au Japon, le mois de juillet a été l’un des plus chauds jamais enregistrés (premier rang dans l’est du pays, second dans l’ouest).  Le record national de chaleur a été battu le 23 juillet 2018 à Kamagaya, avec 41,1°C.

Toujours en Asie, Taïwan a battu son record avec 40,3°C.

Dans la Vallée de la Mort (ouest des Etats-Unis), le mois de juillet 2018 a été le plus chaud des annales avec 42,3°C de moyenne. C’est la deuxième année de suite que le record est battu et c’est aussi la moyenne mensuelle la plus élevée jamais enregistrée sur le globe.

Record de chaleur également en Californie avec une moyenne de 26,5°C. Dans l’Etat américain, des records ont été battus le 6 juillet à Chino (48,9°C) et Burbank (45,6°C).

Montréal, au Canada, a connu son 2e mois de juillet le plus chaud avec une moyenne de 24,5°C. Du 1er au 6 juillet 2018, la température a dépassé 35°C dans certaines régions du Québec et de l’Ontario. A Ottawa, un humidex de 47 a été relevé, la plus haute valeur jamais enregistrée dans la ville.

En Sibérie, la température a grimpé jusqu’à 37,2°C à Tompo le 9 juillet.

À Ouargla, dans le Sahara algérien, une température maximale de 51,3 °C a été observée le 5 juillet. Il s’agirait de la température la plus élevée jamais relevée en Algérie par des instruments fiables. Le record africain de température est actuellement détenu par la ville tunisienne de Kebili avec 55 °C en juillet 1931. Mais il y a des doutes sur la fiabilité des relevés de température effectués pendant la période coloniale en Afrique, indique l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

En Norvège, plusieurs stations ont observé un nouveau record absolu tous mois confondus. Des records de chaleur jusqu’à l’extrémité nord de la Scandinavie le 19 juillet et parfois à plus de 70°N de latitude, notamment 33°C à Lakselv ou 32.7°C à Berlevag.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet, la température n’est pas descendue sous 25.2°C au phare de Makkaur (à une latitude de 70.7°N) sur la côte nord du Finnmark, au bord de la mer de Barents. C’est la nuit la plus chaude jamais observée dans le nord de la Scandinavie et le record pour l’Arctique.

En Suède, on a relevé jusqu’à 34.4°C à Uppsala le 16 juillet, température la plus haute dans cette ville depuis 1975. Un record absolu a été battu près du cercle polaire à Kvikkjokk (66° de latitude nord) avec 32.5°C le 17 juillet.

En Finlande, le thermomètre est monté jusqu’à 33.7°C à Vaasa (63°C de latitude nord) le 18 juillet. En près de 60 ans de mesures, seul juillet 2010 avait atteint des niveaux de température plus élevés dans le pays. Les 33.4°C mesurés le 18 juillet à Utsjoki Kevo (à plus de 69°N de latitude) sont un nouveau record absolu de chaleur pour la Laponie finlandaise.

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5 réponses »

  1. Un effet inattendu et positif de ces canicules, c’est qu’elles révèlent, vu du ciel, des structures archéologiques inconnues jusqu’alors. Des fondations anciennes, en drainant plus ou moins l’eau par rapport à leur milieu environnant, ont un impact sur l’aspect de la végétation sauvage ou cultivée qui les surplombe lors des périodes de sécheresse. Des centaines de sites mégalithiques ou romains viennent ainsi d’être découverts en Irlande et au Royaume-uni: https://historicengland.org.uk/whats-new/news/hot-dry-summer-reveals-hidden-archaeological-sites

  2. Un bel été, si rare en France où le climat est de type océanique à été frais, sauf sur la façade méditerranéenne (atlas Bordas), devient une anomalie climatique. En tout cas, le migrations estivales de nos compatriotes n’ont pas changé de sens. Face au réchauffement climatique, heureusement les Français gardent la tête froide.

    • « C’est un phénomène inquiétant auquel ont pu assister les scientifiques qui surveillent les glaces polaires, comme le rapporte le Guardian. Dans l’Arctique, au nord du Groenland, la plus vieille et plus épaisse couche de glace a commencé à se briser. Habituellement, cette zone polaire reste pourtant figée toute l’année, y compris pendant les mois les plus chauds de l’été. Et pourtant, c’est la deuxième fois cette année que ce phénomène se produit, alors qu’il n’avait jamais été observé auparavant. »

      Je ne sais pas si vous souvenez, Michel, les « scientifiques » avaient prévu la fusion estivale COMPLETE de la banquise arctique pour 2012 !!! Plus prudent et révisant un peu ses calculs, notre représentant du GIEC, Jean Jouzel, parle maintenant de la fin du siècle. Le ridicule risquerait de le tuer, ce brave homme.
      Personnellement, je ne suis pas glaciologue ni scientifique mais j’ai quand même pu observer la banquise tout près du pôle nord (en avion de ligne, le ciel est très clair, on peut facilement en photographier tous les détails ) en septembre 1974 et 1977. De grandes fractures de la couverture de glace et des chenaux d’eau libre, on ne voyait que çà, même si j’étais un peu surpris au début. Les sous-marins nucléaires peuvent y faire surface. La rencontre de deux d’entre eux au pôle pendant l’été 1958 est resté dans les annales.

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