Climat

Température mondiale : +0,77°C en août 2018, d’après la NASA

Le mois d’août 2018 a été le cinquième plus chaud depuis le début des relevés de la NASA en 1880.  

Avec +0,77°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en août 2018 est quasi stable par rapport à juillet (+0,78°C). Les cinq mois d’août les plus chauds depuis 1880 ont tous été observés ces cinq dernières années.

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

Pour le mois d’août, sur les 100 dernières années, le réchauffement est de +0,096°C/décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1998), la tendance a accéléré à +0,19°C/décennie. On peut voir ci-dessous une tendance de long terme au réchauffement avec un lissage sur 10 ans (courbe rouge) :

Anomalies par rapport à 1951-1980. Source : NASA GISS.

2018 toujours derrière le trio 2015-2016-2017

Pour l’année en cours (janvier-août), 2018 est à +0,81°C. Le trio record 2015-2016-2017 est encore devant à la faveur de conditions qui furent plus chaudes dans le Pacifique.

Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA.

On peut le voir ci-dessous avec l’ONI index sur janvier-août (moyenne des anomalies SST ERSST.v5 dans la région Niño 3.4). Rappelons que la température dans la région Niño 3.4 a un impact important sur la température mondiale à court terme :

Année ONI index de janvier à août
2015 +0.95
2016 +0.85
2017 +0.22
2018 -0.28

Les températures de surface de la mer sont cependant en train de remonter dans l’océan Pacifique central et oriental, qui se trouve dans une configuration ENSO-neutre (+0,11 en août dans la région Niño 3.4).

Pour la fin d’année, les modèles tablent sur un petit El Niño avec une prévision de +0,9°C dans la région Nino 3.4 en octobre-novembre-décembre.

Les anomalies régionales

L’Europe a encore connu un mois plus chaud que la moyenne. En Asie les anomalies sont aussi nettement positives. L’hémisphère nord n’atteint cependant pas des sommets car l’Arctique affiche des valeurs plutôt banales. L’Antarctique affiche en revanche des températures plus élevées que la moyenne, poursuivant sur la tendance des derniers mois.

Anomalies de température pour le mois d’août 2018. Source : NASA GISS.

+0,955°C au-dessus de la période préindustrielle

Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980 mais on peut aussi calculer les anomalies par rapport aux données les plus lointaines, à savoir la période 1880-1899, que l’on peut considérer comme représentative de l’ère préindustrielle, où au moins comme une période où les émissions de gaz à effet de serre anthropiques n’avaient pas encore profondément modifié le climat. Cela permet de comparer la situation actuelle aux objectifs que sont fixés les Etats pour contenir le réchauffement climatique en-dessous du niveau considéré comme dangereux. Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de +0,955°C en août 2018. Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Ce dernier niveau avait été dépassé en février 2016 avec +1,6°C.

 

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7 réponses »

  1. Donc au moins la température est stable aux environs d’un delta de +0,8° depuis plusieurs mois… voyons si les mois qui viennent s’avèrent aussi catastrophique que prévu dans l’article précédent.

  2. Petite question de béotien: comment se fait-il que la surface de la banquise en fin d’été 2012 ait été historiquement basse alors que 2012 ne figure pas dans le top 5 voire 10 des années les plus chaudes ??

    • L’extension a été très réduite en 2012. Si les températures estivales dans l’Arctique ont été plus chaudes que la moyenne, on a effectivement déjà vu plus chaud qu’en 2012. D’après le NSIDC, l’événement le plus notable a été une très forte tempête centrée sur l’océan Arctique central au début d’août. Il est probable que la principale raison de la perte importante de glace cet été est lié à la fragilité de la glace. L’Arctique a été soumis à rude épreuve de 2007 à 2012. Une glace moins épaisse est plus susceptible d’être brisée et fondue par des phénomènes météorologiques. L’extension n’est pas le seul paramètre, l’âge de la glace est aussi à prendre en compte. Or depuis les années 2000, la proportion de glace jeune a beaucoup augmenté.

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