Climat

Le budget carbone entamé par le dégel du permafrost

Une nouvelle étude évalue l’impact de la fonte du permafrost sur les budgets d’émission de CO2. Le monde pourrait être un peu plus proche que prévu du dépassement des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Le pergélisol, ou permafrost, se définit comme un sol gelé toute l’année depuis au moins deux ans. Ces sols gelés occupent une partie importante du Groenland, de l’Alaska, du Canada et de la Russie. Au total, ils représentent  un cinquième des terres émergées de la planète.

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Carte du permafrost (source : NSIDC)

Le permafrost contient du carbone qui s’est accumulé dans les sols de l’Arctique pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d’années. Le froid gelant ces sols a évité jusqu’à aujourd’hui le largage de ses réserves qui représentent trois à sept fois la quantité de carbone séquestrée dans les forêts tropicales. Mais la couche supérieure de pergélisol dégèle périodiquement en été, avec ces dernières années un stress accru lié à l’augmentation des températures.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Geoscience montre comment le réchauffement climatique qui favorise le dégagement de carbone du pergélisol diminue  la quantité de CO2 que l’humanité peut se permettre d’émettre. Bien que le rapport le plus récent du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ait reconnu que le pergélisol se réchauffait, ses modèles climatiques n’ont pas pris en compte ces émissions lors des projections climatiques.

L’intérêt de la nouvelle étude est de mesurer que le risque sera encore plus important si les objectifs d’émissions sont dépassés, même ponctuellement. Dépasser signifie aller au-dessus du niveau ciblé, puis redescendre vers la cible. L’Accord de Paris reconnaît explicitement une trajectoire de dépassement, culminant d’abord sous les 2°C et poursuivant ensuite les efforts pour revenir à 1,5°C.

Le problème avec cette stratégie, c’est que pendant la période de dépassement la hausse des températures provoquera un dégel du carbone du pergélisol. Ce qui entraînera la libération d’un surplus de carbone qui devra être éliminé de l’atmosphère pour que la température mondiale diminue.

Le dépassement est donc une stratégie risquée et il sera extrêmement difficile de revenir à des niveaux inférieurs après un dépassement.

Le point central de l’étude n’est donc pas de déterminer les risques liés au permafrost – cela a déjà été fait et il reste encore beaucoup de travail – mais de déterminer comment ils modifient les scénarios d’émissions basés sur l’espoir d’un « overshoot » (dépassement).

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Dégel du permafrost au Canada. Source : Steve Jurvetson/Wikipedia.

Les budgets d’émission sont définis comme la quantité cumulée d’émissions anthropiques de CO2 compatibles avec une cible de changement de température globale, en l’occurence 1,5 et 2°C. Inclure les émissions du dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) sur les budgets d’émission par dégel du pergélisol change la donne.

La conclusion de l’étude, c’est qu’avec l’approche d’évitement, le budget d’émission pour rester en dessous de 2°C (avec une chance de 50%) est réduit de 100 (20-270) GtCO2 si les émissions nettes négatives s’avèrent réalisables ; de 150 (30–340) GtCO2 si elles ne le sont pas ; et de 190 (50–400) GtCO2 si la cible est dépassée de 0,5°C.

Ce qui signifie qu’en cas dépassement de l’objectif de Paris, il sera plus difficile de réduire l’effet de serre car entre temps le permafrost risque d’annihiler tous les efforts.

Pour la cible de 1,5 °C, les réductions du budget restant vont de 10% à plus de 100%. Cela signifie que le budget a peut-être déjà été dépassé.

En cas de dépassement des 1,5°C, les efforts d’atténuation ou les – éventuelles – technologies qui pourraient réduire l’impact des gaz à effet de serre seraient ainsi contrecarrés par les émissions du permafrost.

Il est difficile pour les scientifiques de déterminer les proportions relatives des émissions de dioxyde de carbone et de méthane qui pourraient résulter du dégel du pergélisol à grande échelle. La contribution spécifique des émissions de CH4 provenant du pergélisol a dû être prise en compte dans l’étude de Nature Geoscience. Le méthane représente 5 à 35% de l’effet total du pergélisol en fonction de la température cible et du parcours pour atteindre l’objectif. Dans les scénarios de dépassement, le CH4 joue un rôle moins important, car la cible est atteinte plus tard et le CH4 est un gaz à effet de serre à durée de vie relativement courte.

Rappelons maintenant quelques chiffres concernant le budget carbone. Le GIEC estime que le budget carbone pour avoir 66% de chances de rester en dessous de 2°C par rapport aux températures préindustrielles était en 1870 de 790 milliards de tonnes de carbone (790 GtC ou 2900 GtCO2 car 1 kg de CO2 contient 272,7 gr de carbone). Pour se donner 50% de chances de rester sous les 2°C, il ne fallait pas émettre plus de 820 GtC. Or ce budget a déjà été largement entamé : les émissions cumulées depuis la période préindustrielle ont déjà atteint 600 GtC environ. Ceci est une mise à jour de l’estimation du GIEC 1870-2011 de 515 GtC pour inclure les émissions de 2012 à aujourd’hui. A noter qu’il s’agit du budget alloué au CO2.  Si on prend en comte les autres gaz à effet de serre (GES), il est plus important. Mais alors, pour le budget restant, il faut aussi prendre en compte les autres GES qui seront émis à l’avenir.

Le rythme actuel d’émissions est de 10 GtC par an ou 40 GtC02. Une libération de 150 GtCO2 due au permafrost reviendrait à réduire le budget de 4 années. Sachant que sans ce permafrost, le budget restant actuel (pour avoir 50% de chances sous les 2°C) est d’environ 700 GtCO2 (les estimations varient) si l’on retient les chiffres du GIEC. Soit 17/18 ans d’émissions au rythme actuel.

Le pergélisol dégèle déjà à certains endroits et si le problème se propage, les scientifiques craignent que le réchauffement climatique ne s’emballe, davantage de dégel favorisant encore plus de hausse des températures… Et ainsi de suite.

Une récente étude faisait état récemment d’un risque de libération de 165 GtCO2 avec 2°C de réchauffement global d’ici 2100 en raison du dégel du permafrost. Il s’agissait d’une estimation moyenne, la fourchette allant de 73 GtC02 à 294 GtC02. De quoi élever la température de 0,04°C à 0,16°C supplémentaires. Cette fourchette traduit les grandes variations dans les diverses estimations à ce jour. On peut voir ci-dessous un éventail d’estimations encore plus large recensé par Kevin Schaefer en 2014 dans la revue Environmental Research Letters.

Permafrost estimations - copie

Il y a aussi de grandes incertitudes quand à l’effet à long terme du permafrost, c’est à dire pour les siècles à venir. C’est parce qu’en fin de compte, le réchauffement de la planète dû au dégel du pergélisol dépendra de la quantité de carbone libérée, de sa rapidité et de sa forme sous forme de CO2 ou de méthane.

L’impact pourrait être beaucoup plus important après 2100 en fonction des scénarios d’émissions. Zhang et al table sur 37 GtC en 2100, Raupach and Canadell sur 347 GtC (soit 1273 GtCO2). Harden et al mise en cas d’émissions anthropiques massives de GES sur 436 GtC en 2300 (soit 1600 GtCO2).

 

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37 réponses »

  1. Depuis que l’homme existe sous sa forme homo sapiens il a ouvert progressivement une boite de Pandore qui laisse régulièrement échapper son contenu ; au début ce fut la destruction de la mégafaune qui disparaissait là où l’homme mettait le pied, aujourd’hui ce qui sort de la boite est tellement varié qu’on a de la peine à en faire la comptabilité. Ce qui s’échappe ou va s’échapper du permafrost est une petite partie du contenu de la boite, nous ne sommes pas au bout de nos (supposées) surprises.

    • Bonjour Géd,

      Pour ce qui est de la boîte, il y a donc aussi la flore en rapport avec l’article sur le verdissement (l’équilibre actuel sur cette planète ne s’est réalisé que par le vivant pour le vivant, si on le détruit…) : https://phys.org/news/2018-09-taller-arctic-climate.html

      « An increase in taller plants could speed up the thawing of this frozen carbon bank, and lead to an increase in the release of greenhouse gases.
      We found that the increase in height didn’t happen in just a few sites, it was nearly everywhere across the tundra.
      If taller plants continue to increase at the current rate, the plant community height could increase by 20 to 60 percent by the end of the century. »

      Mais aussi celui-ci : https://phys.org/news/2018-09-climate-carbon-air-fast.html

      « When photosynthesis gets too much carbon dioxide, it can’t process it into sugars fast enough, » says Tom Sharkey, University Distinguished Professor at the PRL. « Photosynthesis cannot indefinitely increase its productivity levels. It reaches a ceiling, and more carbon dioxide won’t help. In fact, plants sometimes absorb less carbon dioxide as levels increase in the atmosphere. »

      Pour le « cold blob », il y a cet article sur le site : https://global-climat.com/2017/02/23/un-risque-de-refroidissement-rapide-dans-latlantique-nord/
      Il y des liens dans l’article et dans les commentaires qui pourront peut-être t’aider (possible que ce soit issu des travaux de S.Rahmstorf ou peut-être encore de K.K. Tung récemment). Sinon beaucoup de météorologistes en font l’apologie (système de haute ou de moins basses pressions au sud du Groenland modifiant la trajectoire des ouragans arrivant sur la côte est des USA) mais je n’ai vu effectivement aucune source bien documentée sur ce phénomène quand j’ai regardé vite fait.

      • Pour le cold blob il y a aussi Jennifer Francis (voir mon article http://sogeco31.blogspot.com/2018/09/jennifer-francis-lanti-roy-spencer-sur.html)

        Pour le verdissement celui-ci peut venir du CO2 mais aussi des précipitations (cas du Sahel), par ailleurs si ce verdissement se propage aux hautes latitudes et altitudes « grâce » au réchauffement climatique, ce dernier entraine aussi des effets négatifs bien supérieurs aux éventuels avantages du verdissement ; de plus le verdissement concerne aussi, et parfois surtout, les mauvaises herbes qu’il faut ensuite…éliminer ! Quel effet positif en vérité !

        • C’est bien après avoir lu cet article que je me suis permis d’aborder le « cold blob » à la fin. 🙂
          Il y a cet article qui peut aider à la compréhension de sa formation et de ses conséquences : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2018/05/if-you-doubt-that-the-amoc-has-weakened-read-this/ à partir de
          « Is there an alternative explanation?

          If the ocean temperature in any region changes, this can only be due to a change in heat supply or loss. That can either be a change in heat flow via ocean currents or through the sea surface. Thus the subpolar Atlantic can either have cooled because the ocean currents are bringing less heat into this region, or alternatively because more heat is being lost to the atmosphere. So how do we know which of these two it is?
          […]
          There is another well-known mode of Atlantic temperature variability known as AMO, which correlates strongly with our AMOC index. Its established standard explanation in the scientific literature is… variations in the AMOC. (The NAO and AMO connections are discussed in more detail in the Extended Data section of our paper.) »

          —–

          Le surplus de CO₂ seul n’explique pas un verdissement, c’est effectivement les changements hydrologiques régionnaux dû aux modifications de composition, de température et des courants de l’atmosphère ainsi que la modification des surfaces (déforestation/reboisement, pompage nappes/barrages, épuisement/lessivage préalable des sols et tant d’autres aménagements durables ou pas). Qu’E. Musk aille planter des choux à la mode sur Mars pour le fun… Et si les « mauvaises » herbes étaient le seul problème, ce serait encore gérable avec des petites mains; on se résoudra à en faire des infusions avec un peu de glyphosate. Mais quand il y a en plus

          – une diminution nutritionelle et des pertes de rendements de nos principales céréales qui ne peuvent pas être compensés par le génie génétique pour une population dont l’injonction suprême est de croître aussi vite que les dividendes de nos bienfaiteurs
          – modification de la distribution et des effectifs des ravageurs tel insectes, bactéries et moisissures (conditions et disponibilités de l’environnement), et de leur résistance aux produits en -cides à force de leur épandage

          nos sceptiquounets ont la solution ultime : ne pas aborder la question sous cet angle et de demander à répéter le mantra stipulant qu’il faut être confiant en l’avenir (y en a un, plus loin, qui a donné un lien vers un papier dont la magistrââle conclusion va en ce sens). Mais ce sont des réalistes qui aiment débattre après tout, enfin c’est tel qu’ils se définissent pour nous gâter.

          • Merci pour l’article que je vais mettre dans ma liste de lectures à court terme.

            Pour les sceptiqounets (on pourrait aussi dire les sceptiquouneuneus ou les sceptiquounuls, le concours est ouvert pour leur trouver le nom le plus adéquat) qui sont « confiants en l’avenir » on appelle ça des cornucopiens (qui vient de corne d’abondance) et leur doctrine est le cornucopianisme qui est la croyance en des ressources illimitées, tant matérielles qu’intellectuelles : l’homme dans son « grand génie » trouvera toujours une solution à ses problèmes et le pétrole continuera à couler à flots jusqu’à la fin des temps.

            Jusqu’à présent notre civilisation, basée sur le productivisme allié au consumérisme et aidée par la manne pétrolière qui n’est pas près de se tarir dans les décennies à venir, semble plutôt bien résister et donner raison aux sceptiquounawacs, mais c’est oublier que dans le passé bien des civilisations se sont éteintes, Jared Diamond, entre autres, est là pour nous le rappeler ; pour la nôtre ce n’est qu’une question de temps, soyons patients, heureusement pour moi je ne verrai probablement pas l’épilogue de l’histoire.

  2. Je viens de découvrir ce fort intéressant blog et j’en profite pour poser 2 questions :
    Quel est le taux de CO2 dans l’atmosphère, fin 2017 et actuellement,
    Pourquoi, lors des glaciations avec une différence de 100ppm la température a variée d’environ 5° alors qu’à l’heure d’aujourd’hui avec une augmentation d’environ 125 ppm, la température mondiale affiche une augmentation de seulement 1,1° ? L’inertie de la planète Terre ? Je sais que les scientifiques ont une réponse, mais j’ai du mal à comprendre !
    Merci pour votre réponse

    • Merci pour le commentaire.

      « Quel est le taux de CO2 dans l’atmosphère, fin 2017 et actuellement » : Fin 2017,la concentration de CO2 était de 406 ppm. Au dernier pointage d’août 2018, on était à 407 ppm (voir ici pour plus de données). Il y a des variations saisonnières avec un pic au printemps, 411 ppm en mai 2018. Et ça augmentera à nouveau d’ici mai 2019.

      « Pourquoi, lors des glaciations avec une différence de 100ppm la température a variée d’environ 5° alors qu’à l’heure d’aujourd’hui avec une augmentation d’environ 125 ppm, la température mondiale affiche une augmentation de seulement 1,1° ? L’inertie de la planète Terre ? » : les chiffres que vous citez sont exacts. En fait, la sortie de la glaciation ne commence pas avec une hausse du CO2 mais avec les cycles solaires (pas la puissance du soleil mais la position de la Terre par rapport au Soleil). Ces cycles de Milankovitch provoquent des interglaciaires tous les 100 000 ans environ en réchauffant intensément les hautes latitudes de l’hémisphère nord. Cela compte pour une bonne moitié de la sortie de la glaciation. Le reste est une conséquence du réchauffement de l’Océan austral : la solubilité du CO2 dans l’eau diminue. Cela conduit les océans à relâcher plus de CO2 dans l’atmosphère. Ce dioxyde de carbone réchauffe alors uniformément la planète, parachevant la sortie de l’ère glaciaire.
      La période actuelle est différente, le cycle solaire ne peut expliquer le réchauffement (c’est un phénomène de très long terme). Par contre le CO2 augmente à un rythme très rapide avec les émissions anthropiques, de même que les températures (10 fois plus vite que lors de la dernière déglaciation). Après, oui, il y a une certaine inertie, les émissions des dernières années n’ont pas encore fait sentir tous leurs effets.

    • Pour la concentration actuelle en CO2:

      On trouve les relevés en temps réel et les courbes à plus long terme sur le site de l’ESRL (https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/gl_full.html). Actuellement, à l’échelle planétaire, on en est à 408 ppm.

      Pour ce qui est du 2ème point, vous avez bien deviné: l’inertie du système climatique terrestre (qui comprend notamment l’atmosphère, les sols, la cryosphères, les océans) est gigantesque. Les océans, en particulier, stockent une quantité d’énergie gigantesque et croissante. Johan a consacré un billet de blog là-dessus (https://global-climat.com/2017/03/22/oceans-un-rechauffement-de-plus-en-plus-profond/). Par conséquent, la réponse du système climatique se fait avec retard. La dernière fois que la planète a connu un effet de serre similaire à celui d’aujourd’hui, c’était il y a environ 3 millions d’années au Pliocène. Or, la température était alors de 3°C plus élevée environ, et le niveau des océans, 20 mètres plus haut.

      Cela dit, le CO2 n’est pas le seul facteur à entrer en compte dans le réchauffement lors de la dernière déglaciation: la fonte des glaces a joué un rôle important, en modifiant l’albédo de la planète. Il faut se souvenir qu’il y a 18000 ans, de gigantesques calottes de glace recouvraient le Canada et l’Europe du nord. Sans compter que la couverture neigeuse saisonnière, ainsi que les banquises arctique et antarctique, devaient être bien plus étendues.

  3. Johan : « En fait, la sortie de la glaciation ne commence pas avec une hausse du CO2 mais avec les cycles solaires (pas la puissance du soleil mais la position de la Terre par rapport au Soleil). Ces cycles de Milankovitch provoquent des interglaciaires tous les 100 000 ans environ en réchauffant intensément les hautes latitudes de l’hémisphère nord. »
    Réduire le soleil au cycle de Milankovitch est très réducteur . Par la question d’A. Metivier et les réponses non objectives qui lui sont faites , on comprends tout de suite que la hausse continue des GES et leur concentration ne colle absolument pas avec les températures terrestres. Mais cela , il ne faut pas le dire car votre scenario permet de vendre de la peur .

    • Ne pas oublier que les taux de CO2 retrouvés dans les glaces de l’Antarctique et de l’Arctique montrent une corrélation avec les hausses et les baisses de températures liées à l’augmentation puis à la diminution des surfaces habitables par la faune et la flore qui émettent du CO2 lors de la respiration tout en absorbant de l’O2, sans oublier feux de forêt et autres évènements terrestres ce qui accentue les effets des cycles de Milankovitch. Actuellement la position de la planète par rapport au soleil et son inclinaisons sont stables, seul l’action du CO2 joue sur le climat.
      C’est ce que j’avais compris en étudiant les phénomènes qui agissent sur le climat.

        • @phil

          Pour parvenir à cette conclusion, il vous a fallu décortiquer le problème de la façon suivante:
          1) Soit le CO2 réchauffe la planète (A), soit le réchauffement libère du CO2 (B).
          2) On vérifie que l’hypothèse B est vraie, donc A est fausse.

          Seulement, il s’agit là d’un argument fallacieux qu’on appelle un faux dilemme. Car vous postulez à priori qu’un seul de ces 2 cas est vrai, alors que ce n’est pas pertinent.

          C’est un peu comme si je vous disais qu’un réchauffement fait fondre la glace, donc la fonte de la glace ne peut pas réchauffer la planète. Pour le coup, vous savez que c’est absurde puisque la rétroaction positive liée à l’albédo est connue de tous et que c’est même la seule explication que vous ayez, comme climatosceptique, pour comprendre les cycles de Milankovic. Mais cette absurdité découle d’un schémas de pensée identique à celui qui vous fait dire que le CO2 n’a pas d’effet sur le réchauffement. Or, de la même manière que le système glace-température est une rétroaction (et non une implication unidirectionnelle), le système CO2-température est aussi une rétroaction.

        • Certes, mais les variations de CO2 trouvés dans les glaces des pôles varient en fonction de la température terrestre : 180ppm lors des glaciations et 280ppm lors des inter glaciaires. Il faut bien que ce CO2 sorte de quelque part !!!

          • @Agnes Metivier: une eau chaude peut contenir moins de gaz dissous qu’une eau froide. Lorsque la planète se réchauffe, les océans dégazent à grande échelle et libèrent (notamment) du CO2.

            Lors des transitions glaciaire/interglaciaire de ces deux derniers millions d’années, l’insolation augmente dans l’hémisphère nord. D’où une fonte des glaciers et de la banquise arctique. D’où un réchauffement régional accru du fait de la modification locale de l’albédo. D’où, un réchauffement de toute la planète via les courants océaniques et atmosphériques. Une fois que les eaux polaires (arctique et antarctique) se sont réchauffées, elles rejettent plus de CO2 dans l’atmosphère. Voilà d’où vient la variation de ~90 ppm de CO2 atmosphérique entre une période glaciaire et un optimum interglaciaire.

            Je ne sais pas si ça répond à votre remarque?

    • @Phil

      Perso j’ai vu le nom du journal et le 3° auteur, je ne suis pas allé plus loin, ca ne sert à rien. Autant écouter un éditorialiste sur Fox News
      Et encore une fois, vérifiez vos sources!
      Vous nous sortez un article du « Journal of American Physicians and Surgeons », qui est édité par l' »Association of American Physicians and Surgeons », qui est un lobby médical ultraconservateur… ce journal n’a pas d’impact factor, car il n’est simplement pas référencés comme étant un journal académique. Les gens peuvent y publier n’importe quoi, du moment que c’est en accord avec la ligne du lobby, il n’y aura aucune vérification, c’est un outil de propagande, tout simplement.
      C’est dans ce même « journal », que des articles niant le lien entre VIH et SIDA ont été publiés!
      Je pense que les informations sont pus objectives dans le journal de Mickey.

  4. Voila quelque chose que j’ai remarqué : quand un article apporte une idée contradictoire aux vôtres , vous cherchez à décrédibiliser les auteurs ou le support de parution avant même de lire l’article.
    Vous avez raison , c’est un point important mais faites vous de même avec les articles défendant un hypothétique réchauffement anthropique ? vos auteurs sont payés par qui ? quelles sont leurs idées politique ?
    Maintenant que ceci est dit , les tableaux et autres supports de l’étude que je vous ai soumis sont ils trafiqués ? erronés ?
    Je ne le pense pas .

    • Je vérifie systématiquement mes sources, quel que soit les conclusions de l’article, c’est la base du scepticisme scientifique. Vous pouvez aller gratter pour trouver des éléments que j’aurais pu reporter ici et qui seraient issus d’un blog ou d’une revue telle que la dernière que vous nous proposez.

      A partir de là, non je n’irais pas vérifier si votre papier est un ramassis d’âneries ou une liste de vérités étayées. Le problème c’est que dans ce type de revue, Mrs Robinson et Soon peuvent dire ce qu’ils souhaitent, voir même de grosses co….ries, car ils ne soumettent pas leur travail à la relecture des pairs. Et personnellement, mes connaissances en climatologie sont trop maigres pour me faire différencier le vrai du faux à coup sur, je me repose donc sur l’expertise des pairs, vous devriez faire pareil.

      Si cet article remettait sérieusement en cause le consensus actuel sur le réchauffement climatique et ses milliers d’articles, il ne serait pas publié dans cette revue fantôme. Les grandes revues renommées s’arrachent les petites et grosses révolutions scientifiques et elles ont mêmes tendances à vendre la peau de l’ours 3 ou 4 fois avant de l’avoir tué… Le grand soir climatologique venant d’une revue obscure et publiée par un lobby ultraconservateur ? bof bof

      Le problème c’est que la majorité des informations que vous relayez proviennent soit de blogs, soit de revues/instituts « officiellement » politisées et non reconnues par la communauté scientifique (et pas que par les climatologues « réchauffistes », la revue de l’article de Robinson n’est même pas reconnue par l’U.S. National Library of Medicine alors qu’elle se targue d’être une revue médicale).
      Faites des recherches sur les sources de Mr Lorck ou sur mes posts précédents et faites-nous donc la démonstration que le NSDIC; la NASA, Nature Geoscience ou Nature Climate Change sont tous financés et édités par des lobby pro écolo et que les pairs validant le travail également. On pourra rediscuter du fond de votre article à ce moment là.

      • Phil, je vous cite, « Voila quelque chose que j’ai remarqué : quand un article apporte une idée contradictoire aux vôtres , vous cherchez à décrédibiliser les auteurs ou le support de parution avant même de lire l’article »…. puis « les tableaux et autres supports de l’étude que je vous ai soumis sont ils trafiqués ? erronés ? »
        La réponse, Phil, est oui. Ils sont trafiqués. Notamment le premier graphique. Tout d’abord, ils tentent de faire passer le graph comme représentatif de la température globale mais il s’agit en fait de données de la mer des Sargasses, une zone de l’océan Atlantique nord. Deuxièmement, ce graphique a été modifié par rapport aux données originales, ce qui est qualifié de période récente est en fait une période antérieure à 1950, peut-être même 1900. Voir ici pour plus d’informations à ce sujet.

        D’autre part, cet article de Robinson n’est pas issu d’une revue scientifique reconnue.Vous me direz, et alors ? Si seulement il apportait des données nouvelles. Mais cela n’est pas le cas. Un coup d’oeil sur les mises en relation de l’activité solaire et des températures me semble plus être un arrangement à sa sauce de données biaisées.

        Enfin, Phil, « vos auteurs sont payés par qui ? quelles sont leurs idées politique ? ». Ce que vous appelez « mes auteurs », ce sont des institutions comme la NASA, la NOAA, le Met Office, Météo France, l’Agence météo japonaise, etc… Il y a d’ailleurs aux Etats-Unis des Républicains qui soutiennent la réalité du réchauffement climatique (Berkeley Earth, Richard Alley).

        Je citerai enfin la dernière phrase de votre étude, qui vaut son pesant de cacahuètes, « We are living in an in creasingly lush environment of plants and animals as a result of this CO2 increase. Our children will therefore en joy an Earth with far more plant and animal life than that with which we now are blessed ».

  5. Johan : « ce sont des institutions comme la NASA, la NOAA, le Met Office, Météo France, l’Agence météo japonaise, etc… Il y a d’ailleurs aux Etats-Unis des Républicains qui soutiennent la réalité du réchauffement climatique (Berkeley Earth, Richard Alley).  »

    Je crois qu’il y a effectivement consensus concernant la réalité du réchauffement climatique . Qu’il y est donc des républicains pour le soutenir , c’est normal. Le désaccord n’est pas sur le fait mais sur la cause du réchauffement : vous les GES , d’autre l’activité solaire.

    D’autre part Johan , ce n’est pas mon étude. C’est une étude que je trouve plutôt bien faite ( en tout cas beaucoup mieux faite que certaines études qui annonçait une montée des eaux de 6 mètres en 2100 , n’est ce pas ? ) .

    Je vous ai soumis une étude , merci de vos commentaires ( Johan , Hector )qui sur le fond ne critique pas tellement l’analyse.

    J’oubliais Hector :  » Le problème c’est que la majorité des informations que vous relayez proviennent soit de blogs, soit de revues/instituts « officiellement » politisées et non reconnues par la communauté scientifique  » . Quand des scientifiques ou des journalistes subissent une pression terrible qui va jusqu’à les exclure ( directeur Nasa , météorologue , chercheur ) si leurs travaux ne vont pas dans le sens ( réchauffement anthropique) des politiques et donc des financeurs , il n’est pas étonnant que la minorité se taise ou soit exclus de publication. Votre constat est donc réel mais l’argument totalement malvenu ( je le dit sans agressivité mais avec une certaine tristesse car cela est plutôt inquiétant dans une démocratie).

      • Puisque Phil demeure muet quand je lui demande la source de son extravagante affirmation sortie tout droit de son chapeau de clown, je me permets de lui fournir ladite source : http://science.sciencemag.org/content/349/6244/aaa4019

        On y parle de 6 à 13 mètres de niveau plus haut qu’aujourd’hui…dans le passé !

        L’an 2100 doit lui avoir été soufflé par les mêmes sources à la fiabilité discutable dont il aime bien s’abreuver.

    • @Phil
      donc à chaque fois que Mr Soon et Mr Courtillot sont obligés de publier leurs « travaux » dans une revue sans comité de lecture, c’est à cause des pressions que subissent les autres revues?
      Vous pensez que le monde est « influencé » par des personnes tenant compte du réchauffement climatique? Perso je vois plutôt que seule une crise économique séculaire a réussie à temporiser la croissance des émissions de CO2, pas tellement les lobby « pro réchauffement climatique » et j’observe aussi un bel immobilisme politique, suffit de regarder la blague que représente le bilan du protocole de Kyoto ou encore les engagements mensonger de la COP21.
      Ce ne sont pas 15 quinze illuminés s’imaginant être censurés comme des hérétiques qui représentent la marche du monde.

  6. La minute de réflexion :

    Ils s’imaginaient sauver le monde: Chroniques sceptiques de la COP21 Broché – 8 juin 2016

    de Benoît Rittaud (Auteur)

    « Ils veulent agir pour notre bien, tous ceux qui tirent encore et toujours la sonnette d’alarme sur les « dérèglements climatiques ». Pourtant, les meilleures intentions du monde n’ont jamais garanti la justesse d’un diagnostic. L’énormité des sommes en jeu impose l’usage de l’esprit critique, et non une adhésion de complaisance. Nouvelle terreur millénariste, le dérèglement climatique n’est rien de plus qu’une illusion parée de science. Un sentiment de toute-puissance conjugué à la traditionnelle culpabilité judéo-chrétienne a conduit à cette nouvelle trahison des clercs et à l’émergence d’un clergé postmoderne composé d’intellectuels s’arrogeant la mission de faire le bien, oubliant leur rôle qui est d’abord de rechercher le vrai. En décembre 2015, la COP21, à Paris, a rassemblé quarante mille négociateurs qui devaient graver dans le marbre un engagement mondial exceptionnel pour réduire l’impact de l’homme sur le climat. Exagérations grossières des risques, vaines envolées lyriques, promesses non engageantes, dénonciation des déviants… rien n’a manqué au barnum dont le seul résultat réel a été que la bureaucratie climatique a fait ce qu’il fallait pour prolonger sa propre existence. Il est temps que les citoyens se demandent s’ils sont d’accord. »

  7. Comment se fâcher en famille sur le réchauffement climatique

    « Le changement climatique fournit à mes yeux un matériau de choix pour analyser la comédie du pouvoir et des croyances dans le monde contemporain. Autour de la thèse : la Terre se réchauffe du fait des activités humaines, l’affrontement est violent. D’un coté, les « climatozélotes » qui pensent qu’il n’y a plus de doute et qui ont fait de cette thèse une croyance absolue. De l’autre, les « climatosceptiques » qui pensent avoir relevé suffisamment d’incohérences dans les présentations et les chiffres pour afficher un scepticisme argumenté.
    Je me considère comme un « climatoagnostique ». Il en va de la thèse comme de Dieu. Pour l’heure, elle ne peut être ni démontrée ni infirmée. L’un des objets de ce livre est d’expliquer pourquoi, d’analyser données et observations, d’interpréter objectivement les résultats. J’interroge aussi la science d’aujourd’hui, sa relation à l’argent, à la politique et aux médias.
    Comment fait-on la différence entre une croyance collective et une certitude scientifique ?
    Un débat qui donne naissance à un spectacle quasi shakespearien. À l’exception de l’amour, toutes les passions humaines s’y déchaînent : soif de savoir et de pouvoir, quête de notoriété, goût inavoué pour l’argent, vanité, délire, et même haine jusqu’à l’excommunication ou la mise à mort… » Olivier Postel-Vinay

    La dernière phrase m’a bien fait rire , chacun d’entre vous y trouvera le nom ou l’adjectif qui lui correspond. Bien entendu ce résumé est celui d’un livre , les personnages sont donc nés uniquement de l’imaginaire de l’auteur …. 😉 .
    Etes vous capable ( sans aucun doute ) et ouvert ( c’est moins évident ) de réfléchir à cette synthèse ?

  8. Ghtuz , J’ai du lire , 3 fois ton nom avant de comprendre que c’était toi 🙂 , tu as perdu toute agressivité 🙂 ??
    Non pas la sainte parole , d’ailleurs je n’ai pas encore lu son livre . Je vous ai envoyé ce résumé non pas pour son rapport avec le climat mais pour la réflexion globale qu’il propose.
    J’avoue que j’aime bien le débat contradictoire et la remise en cause des idées que l’on peut avoir à titre individuel. En général un débat d’idée apporte beaucoup (si cela est fait dans le respect et avec une réelle écoute de l’autre) .

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