Climat

Température mondiale : +0,40°C en septembre 2018

Avec +0,40°C au-desssus de la moyenne 1981-2010, septembre 2018 est le 7e plus chaud des archives NCEP-NCAR. 

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement publiées, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-octobre).

Le top 10 des mois de septembre les plus chauds

Avec +0,40°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de septembre 2018 est le 7e plus chaud des annales NCEP-NCAR. Les sept derniers mois de septembre sont les plus chauds depuis 1948.

Top 10 des mois de septembre les plus chauds depuis 1948. D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en septembre avec une tendance de fond au réchauffement depuis 1948. La tendance est de +0,155°C par décennie depuis 1948, avec une accélération à +0,292°C depuis 1988.

Anomalies de température mondiale en septembre par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

2018 toujours à la 4e place 

Le bilan est provisoire puisque l’on compare ici janvier-septembre 2018 à des années complètes. On notera que malgré des conditions La Niña en début d’année, 2018 se situe quand même au 4e rang. Les températures de surface de la mer dans la région Niño 3.4 sont neutres depuis avril.

Les températures du Pacifique tardent à atteindre le seuil El Niño avec seulement +0,11°C en août dans la région Niño 3.4. Le dernier relevé hebdomadaire de septembre est cependant à la hausse et les températures de surface de la mer sont susceptibles de franchir le seuil El Niño (+0,5°C) en octobre.

L’année pourrait ainsi se terminer avec un petit El Niño. Si cela se confirme, une remontée des températures interviendrait fin 2018 et surtout début 2019. La moyenne des modèles a été revue légèrement à la baisse et prévoit +0,80°C fin 2018 dans la région Niño 3.4, donc légèrement au-dessus du seuil El Niño.

Le top 10 des années les plus chaudes. 2018 est limitée à janvier-septembre. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en septembre 2018

La température globale remonte légèrement par rapport au mois d’août. L’Antarctique revient à des niveaux neutres tandis que l’anomalie est nettement positive en Arctique, davantage que ce que l’on avait vu ces six derniers mois. Les Tropiques se réchauffent très légèrement. A voir si cela se confirme au mois d’octobre avec la perspective d’El Niño.

Carte d’anomalies pour le mois de septembre 2018. D’après NCEP-NCAR.

+0,94°C en septembre 2018 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +0,94°C en septembre 2018, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

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Catégories :Climat

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7 réponses »

  1. Bonjour Johan,

    Est-ce que les données NCEP-NCAR mesurent la température de la surface (comme le fait la NOAA) ou bien celle de l’ensemble de l’atmosphère ?

    J’ai vu qu’il y avait deux niveaux (Surface or near the surface (.995 sigma level), or entire atmosphere (eatm)) et je me demandais ce qu’il en était des données que vous présentez.

    Roy Spencer, de son côté, donne des informations sur la « basse atmosphère » (je présume la troposphère sans savoir exactement s’il s’agit de la basse troposphère ou de sa totalité) et évidemment il trouve que septembre est le mois le plus frais depuis 10 ans !

    Bon hormis le fait que le climat ne se résout pas à la seule atmosphère et que les océans jouent un rôle prépondérant totalement ignoré de Roy Spencer et de ses fans, je pense utile de savoir quand même de quoi on parle quand on donne des mesures concernant la seule atmosphère, que ce soit à la surface ou dans ses basses couches.

    • Bonjour Géd,
      Surface et .995 sigma level (qui correspond à la pression au niveau de la mer) c’est quasiment la même chose . Ca revient à 2tm et c’est le même niveau que la Noaa. Uah en revanche c’est TLT pour lower troposphere. C’est donc la basse troposphère et non pas la surface exclusivement. De plus les satellites ne mesurent pas la température directement.

      • Et donc, pardon, les données Ncep Ncar publiées sur mon site sont celles de « surface ». 995sigma level donne des résultats quasi identiques. C’est vraiment la température de surface (océans+terres) comme la Noaa, la Nasa ou le Met Office pour leurs données les plus populaires.
        TLT d’uah et Spencer correspond à la zone entre la surface et 12 km. RSS publie aussi les résultats « basse troposphère », montrant un réchauffement nettement plus important qu’UAH.

        • Merci Johan, c’est bien ce que je pensais mais j’avais un doute donc j’ai préféré demander.

          Et oui je sais que UAH et RSS ne mesurent pas la température mais la calculent, ce qui fait que les mesures de surface sont plus fiables que celles issues des satellites.

          Pour les différences entre UAH et RSS ça va ça vient, il fut un temps où RSS montrait un plus faible réchauffement et Spencer était allé jusqu’à conseiller à ses lecteurs d’utiliser plutôt RSS s’ils voulaient montrer que les températures ne montaient pas tant que ça !

  2. À noter que le record d’énergie cyclonique pourrait être battu dans les jours qui viennent dans le bassin du Pacifique nord-est. Le record est pour l’instant détenu par l’année 1992 (290,6 Knots2) suivie de près par 2015 (288,1 Kt2). En 2018, on en est à 280 Kt2 (http://tropical.atmos.colostate.edu/Realtime/index.php?loc=northeastpacific) alors que Sergio devrait rester un ouragan majeur dans les prochaines 12 heures, et un ouragan jusqu’à mardi inclu (https://www.nhc.noaa.gov/graphics_ep1.shtml?cone#contents).

    Côté Atlantique, c’est plus calme. L’activité est dans la moyenne.

    • Bonjour Maignial, coté atlantique, l’année avait débuté avec une situation similaire au début 2017 mais un système anticyclonique à partir d’avril (résultat d’un blocage dû à l’affaiblissement du vortex polaire et de la débandade du jet stream ?) a réussi à provoquer un phénomène d’upwelling tel un « la niña » et des poussées de sables sahariens. Preuve, si on peut dire, que même dans une mauvaise situation, on peut toujours y trouver un coté positif.
      Par contre, l’activité me semble très intense cette année dans le Pacifique ouest, cela aurait-il davantage de sens de combiner l’ensemble des bassins pour évaluer l’évolution de l’énergie cyclonique totale ?

      • Salut Ghutz!

        L’activité cyclonique atteint un niveau record dans le Pacifique-est mais est également nettement au-dessus de la moyenne dans le Pacifique-ouest, en effet. Pour moi, regarder la totalité de l’hémisphère nord permet de se débarrasser en partie de la variabilité due à « el niño », notamment. On sait qu’une année « el niño » est généralement marquée par une activité intense dans le Pacifique-ouest mais faible dans l’Atlantique. Cette année, la puissance totale délivrées dans l’hémisphère nord est d’ores-et-déjà au-dessus de la puissance normale d’une année complète, sachant que l’année n’est pas finie.

        Cela dit, je pense que ça a du sens de regarder des phénomènes plus localisés s’ils sortent complètement des situations connues. Par exemple, la puissance totale dégagée l’an passé dans l’hémisphère nord n’avait rien d’extraordinaire. Pourtant, il y a eu des phénomènes totalement hors norme en 2017. Irma est le phénomène cyclonique a avoir passé le plus de temps continu en catégorie 5, tous bassins et toutes époques confondues. Ophélia est l’ouragan majeur le plus au nord-est à s’être jamais formé, et a longé la péninsule ibérique en catégorie 2 à seulement 1000 km au large. Harvey a délivré des pluies d’une quantité jamais vue aux U.S. Même s’il me paraît hasardeux de parler de preuves, je pense que ces évènements sont un indice supplémentaire que le climat se détraque.

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