Climat

Température mondiale : les prévisions du Met Office pour 2019

D’après les dernières prévisions du Met Office publiées fin décembre, la température mondiale serait encore à un niveau élevé en 2019, approchant le record de 2016. 

Les années 2015, 2016 et 2017 et 2018 (sur janvier-octobre) ont été les quatre plus chaudes de l’histoire des relevés climatiques, d’après le Met Office.

Et pour 2019, le Met Office table sur une anomalie entre 0,98°C et 1,22°C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900). L’estimation centrale est de +1,10°C, ce qui placerait 2019 juste derrière le record porté en 2016 à +1,15°C.

met off2019

Température annuelle globale d’après le Met Office. 1989-2018 : anomalies observées par rapport à 1850-1900 (2018 limité à janvier-octobre). 2019 : prévisions du Met Office.

Les prévisions de température globale du Met Office suggèrent que 2019 sera proche d’une chaleur record en raison du changement climatique et de l’effet supplémentaire du réchauffement lié au phénomène El Niño dans le Pacifique. Celui-ci étant prévu avec une faible intensité, le coup d’accélérateur lié à la variabilité naturelle serait nettement moins important qu’en 2016. L’arrivée d’El Niño est jugée très probable cet hiver même s’il tarde à se manifester.

2018 a commencé avec un événement La Niña qui s’est poursuivi jusqu’en mars. Cependant, en octobre, les températures à la surface de la mer dans le Pacifique tropical oriental montraient des signes d’un retour aux conditions d’El Niño, bien que l’atmosphère ne réagisse encore que très peu. Si El Niño se développe, 2019 devrait être  plus chaude que 2018 et pourrait approcher les niveaux atteints en 2016.

Si la prévision pour 2019 se confirme, 19 des 20 années les plus chaudes enregistrées auront été enregistrées après l’an 2000, sur une archive qui remonte à 1850.

Les prévisions sont basées sur les principaux facteurs du climat mondial, mais elles n’incluent pas certains événements imprévisibles, tels qu’une grande éruption volcanique, qui provoqueraient un refroidissement temporaire. Les projections du Met Office sont basées sur l’état réel du climat au moment où elles sont faites.

Chaque année, depuis 2000, le Met Office publie des projections pour la température mondiale. Depuis cette date, les observations ne sont jamais sorties de la fourchette prévue.

Les prévisions du Met Office concernant la température moyenne mondiale pour 2018, publiées à la fin de 2017 (0,88 ° C à 1,12 ° C avec une estimation centrale de 1,00 °C), concordent étroitement avec les dernières observations de la température mondiale enregistrées jusqu’à présent cette année. Les données de janvier à octobre 2018 montrent que la température moyenne mondiale est de 0,96 ± 0,12 ° C au-dessus des niveaux préindustriels.

En janvier 2018, le Met Office avait estimé que sur la période 2018-2022, la température moyenne mondiale allait se situer entre 1,10°C et 1,40°C au-dessus des conditions préindustrielles (la moyenne des températures entre 1850 et 1900). La prévision centrale du Met Office tablait sur une anomalie de +1,25°C.

Cette prévision est dans la partie moyenne à supérieure de la fourchette simulée par les modèles CMIP5 qui n’ont pas été initialisés avec les observations (ombrage vert sur la figure ci-dessous).

decadal-forecast-2018-2022

Température mondiale par rapport à la période 1850-1900. En noir : observations (Met Office Hadley Centre, GISS and NCDC). En bleu : prévisions du Met Office pour 2018-2022. En vert : prévisions de 22 modèles du Coupled Model Intercomparison Project phase 5 (CMIP5) non initialisées par rapport aux observations. Source : Met Office.

11 réponses »

  1. Bonjour , j’avais un site pour suivre la température de surface des mers en live ( c’est pratique pour avoir la tendance el nino ou nina) mais il ne semble plus fonctionner . Avez vous un lien à me fournir ?

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  2. Bonjour Johan et bonne année 2019.
    Savez-vous quand la réactualisation du suivi des températures quotidiennes poura se faire ???
    Faudra-t-il attendre la fin du shutdown américain pour ça ?
    N’y aurait-il pas une source européenne fiable ?

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    • Bonjour, bonne année à vous aussi.
      On ne sait pas quand le shutdown prendra fin. Trump se dit prêt à le faire durer très longtemps, tant que son mur ne sera pas approuvé.
      Pour la source européenne, il y a ECMWF (Copernicus) mais au niveau quotidien il n’y a que des cartes, pas de chiffre brut divulgué publiquement. Sinon il y a GFS, via Climate Reanalyzer.

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    • Ces anomalies sont calculées par rapport à la période de référence 1985-2003, je précise. Sinon ça ne veut rien dire, même en supposant que chacun peut « en tirer une tendance ou une conclusion » au point de raconter l’inverse de ce que dit explicitement la source utilisée, et sans aucune justification…

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  3. Maignial , c’est juste un graffe.

    Je n’ai fait aucun commentaire sur ce graffe , il n’est donc pas nécessaire de faire des attaques sur des propos ou des conclusions que je n’ai pas tenus . Calmez vous .

    Par contre c’est bien de votre part de préciser la période de référence . Pour la source c’est dmi.
    J’ai mis ce graffe pour el nino ou nina : qui semble neutre.

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    • Michel,
      Je suppose que vous cherchez des infos sur les causes de cette extension minimale record en Antarctique. Comme vous le savez probablement, la tendance est très différente pour l’Arctique et l’Antarctique depuis le début des relevés en 1979. L’Arctique est en déclin régulier tandis que l’Antarctique affichait il y a encore quelques années de fortes extensions (peut-être en raison de la fonte des plateformes de glace qui favorise le maintien d’une couche d’eau froide et peu salée en surface, plus susceptible de geler.).
      Les conditions ont changé autour de l’Antarctique avec le dernier gros El Nino 2015/2016. El Nino favorise la fonte de la glace de mer au sud. Mais depuis, pourquoi la glace de mer reste-t-elle aussi réduite ?
      Renseignements pris, j’ai lu que pour le NSIDC, il est trop tôt pour isoler les causes du déclin rapide de décembre et des faibles niveaux records enregistrés récemment. Il est probable que des conditions atmosphériques inhabituelles et des températures de surface de la mer élevées – facteurs importants des creux records de 2016 et 2017 – aient joué un rôle, indique le NSIDC de manière assez lapidaire.

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      • … J’ajouterais qu’El Nino 2016 marque peut-être la transition vers une phase d’IPO positive. L’Oscillation interdécennale du Pacifique (Interdecadal Pacific Oscillation ou IPO) est un mode majeur de variabilité naturelle dans le Pacifique. Elle comporte une phase positive qui favorise des températures élevées à la surface du Pacifique, et une phase négative, qui promeut des périodes de refroidissement. Il peut y avoir des rétroactions sur la glace de mer en Antarctique. Une IPO négative s’est traduite dans le passé par une forte extension de la glace de mer en Antarctique. Voir : https://www.nature.com/articles/s41467-018-07865-9
        Donc une IPO positive dans un contexte de haut niveau de CO2 ? A voir dans les prochaines années.

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