Climat

Température mondiale : 5e mois de mars le plus chaud, d’après NCEP-NCAR

Avec +0,457°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mars 2020 est le 5e plus chaud des archives NCEP-NCAR. L’année 2020 se situe dans la continuité de 2019.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement publiées, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-avril).

Le top 10 des mois de mars les plus chauds

Avec +0,457°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de mars 2020 est le 5e plus chaud des annales NCEP-NCAR qui remontent à 1948. L’anomalie de température mondiale est en baisse par rapport à février 2020 (+0,626°C).

Top 10 des mois de mars les plus chauds depuis 1948 (anomalies par rapport à 1981-2010). D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en mars avec une tendance de fond au réchauffement depuis 1948. La tendance est de +0,146°C par décennie depuis 1948, avec une accélération sur les 20 dernières années à +0,24°C.

Anomalies de température mondiale en mars par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

L’année 2020 à la troisième place 

Dans ce classement provisoire, les trois premiers mois de 2020 sont comparés à des années pleines. 2020 se situe pour le moment à la troisième place des années les plus chaudes, sachant que le record de 2016 est en partie dû à un El Niño extrême.

Top 10 des années les plus chaudes depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en mars 2020

L’anomalie dans l’hémisphère nord (+0,71°C) est la 4e plus élevée des archives avec une grande région eurasienne encore anormalement chaude, comme en février. L’hémisphère sud enregistre seulement la 12e anomalie la plus importante depuis 1948, avec des anomalies négatives marquées en Antarctique.

Des conditions ENSO neutres prévalent actuellement dans le Pacifique, d’après la NOAA. Les températures de surface de la mer équatoriale sont proches de la moyenne dans l’océan Pacifique et la circulation atmosphérique tropicale est généralement compatible avec des conditions ENSO-neutre. Cette situation devrait perdurer au printemps 2020 dans l’hémisphère Nord (~ 65% chance), voire se poursuivre jusqu’à l’été 2020 (~ 55% de chance).

Carte d’anomalies pour le mois de mars 2020. D’après NCEP-NCAR.

+1,187°C en mars 2020 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,187°C en mars 2020, sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Catégories :Climat

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28 réponses »

  1. On peut imaginer que le ralentissement des émissions de CO2 sur le premier trimestre 2020 infléchisse légèrement sa croissance dans l’atmosphère, ce qui conduirait tout au plus à une non accélération du réchauffement. En revanche, l’extension des glaces antarctiques, malgré les températures, laisse à penser à une moindre salinité des eaux australes, ce qui confirmerait un apport accru des glaciers. Il semble que différents indicateurs soient en décalages, donnant de ce fait des arguments aux négationnistes.

    Sur ce point, on pourrait m’accuser d’utiliser une conclusion afin d’obtenir une argumentation.

    Mais pour contrebalancer, l’ excès de banquise antarctique (inférieure toutefois aux moyennes) semble en résonnance avec une moindre extension de la banquise arctique.

    En résumé :

    La diminution des émissions de CO2 dans l’atmosphère est un épiphénomène.
    La concentration des gaz à effets de serre se poursuit.
    La fonte des glaces modifie la salinité des eaux et modifie l’étendue des banquises.

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  2. Bonjour Johan,

    On voit en ce moment fleurir bcp d’articles qui s’interrogent sur l’effet à moyen-long terme du coronavirus sur les émissions de CO2 et sur l’écologie en général. Beaucoup craignent un effet rebond (comme en 2008) qui annihilerait totalement la baisse spectaculaire des émissions qui va très certainement être observée cette année.

    Pour ma part, je veux quand même penser que la crise sera in fine bénéfique pour la planète pour les raisons suivantes:
    – certes, la COP 26 de Glasgow va être reportée mais qu’est-ce qui permettait de croire qu’elle aurait servi à quelque chose après le flop monumental de la COP25 de Madrid ? Ca ne semblait en tout cas pas être la priorité politique de Boris Johnson qui ne la préparait guère en amont.
    – sur les deux premiers mois de l’année, le trafic aérien avait monté de près de 2%. Avec la crise, il mettra au moins 2-3 ans à revenir à son niveau de 2019. Ce qui est pris est pris.
    – Idem pour tous les projets de construction, bétonisation , etc puisque le BTP va subir la crise de plein fouet.
    – les EU ont déjà renié certaines normes environnementales, c’est vrai (émissions des voitures, etc). Mais de toute façon Trump les éliminait déjà une-à-une avant la crise. Or, là, on peut quand mêmes espérer que cela l’empêchera d’être réélu, alors qu’il avait vraiment toutes ses chances avant la crise.
    – avec le choc pétrolier à l’envers qu’on a eu, le pétrole est devenu meilleur marché que le charbon (j’ai vu un article sur le sujet dans les Echos, je crois) et pourrait donc faire diminuer sa consommation. Aussi, très paradoxalement, un pétrole pas cher pourrait être une bonne nouvelle pour la planète car ça n’est pas demain la veille que l’humanité aurait renoncé au charbon (Pologne, Australie avec mine Carmichaël, etc).
    – tjs à cause du pétrole bas, les états du Golfe vont peut-être accélérer l’exploitation du solaire.
    – et enfin, les états et les citoyens sont quand même bcp plus sensibilisés à l’environnement qu’en 2008 et j’ose espérer que, si Plan Marshall il y a, il sera au profit de projets d’investissements verts.

    Qu’en pensez-vous de votre côté ?

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    • Bonjour,

      Depuis plus de deux mois, l’attention de beaucoup de monde – j’en fais partie – est focalisée sur le coronavirus. J’avoue avoir été sidéré par la négligence et la communication autour de cette crise, qui restera en tant que telle riche d’enseignements mais aussi source de nombreuses questions. Concernant les implications pour la question climatique, elles sont sans doute nombreuses et il me semble encore difficile d’en percevoir toutes les conséquences – d’autant que la crise sanitaire n’est pas terminée.
      Pour la COP, je vous rejoins, il n’y a sans doute pas de grands regrets à nourrir. Sur les autres sujets, on peut dire tout et son contraire.
      Sur le trafic aérien, outre la parenthèse actuelle, qui pèsera peu au final, la question est posée de savoir quelles seront les implications à plus long terme sur les déplacements de population et le tourisme.
      Concernant l’impact économique, il s’annonce très fort, ce qui pourrait faire passer les questions environnementales au second plan. Une réorganisation du commerce international pourrait indirectement avoir un bénéfice écologique mais dans un contexte de crise, un repli sur soi pourrait aussi conduire des Etats à adopter une attitude non collaborative au niveau environnemental. Le marché pétrolier est pour le moins instable, notamment pour des questions d’ordre géopolitique.
      L’organisation de la société a été modifiée et des pratiques qui pouvaient sembler difficiles, comme le télétravail, sont passées avec une facilité déconcertante dans certains secteurs. D’un autre côté, on a vu aussi à quel point nous étions dépendants de choses très concrètes et on ne sait pas si la dématérialisation va réellement permettre de réduire les émissions de CO2.
      Quand à l’impact psychologique, c’est encore plus flou.
      En bref, il me semble qu’on peut être assez circonspect sur les conséquences environnementales de la crise sanitaire.

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      • Sur l’impact psychologique, il va falloir aussi que les États remettent aussi un peu d’ordre dans leurs discours et leurs tablettes, sous peine de graves troubles schizophréniques de la population et une épidémie de complotisme aigu à la longue. Je sous-entends les lois interdisant de se masquer le visage dans les lieux publics… entre les loi de Sarko en 2010 jusqu’à la loi anti-manif il y a un an et ailleurs en 2012 er Russie, en 2017 en Australie, et comme un comble : l’interdiction du port du masque à Hong Kong décrété en octobre dernier. 😉

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    • Le plan de sauvetage démesuré ne sera pas au détriment de tous (surtout une grosse claque que le pelo moyen comme moi aura le devoir d’encaisser ou la reconnaissance parce que sa vie en dépendait) et pour
      «– Idem pour tous les projets de construction, bétonisation , etc puisque le BTP va subir la crise de plein fouet.» justement, je n’y crois pas un instant.
      Cette crise nous a montré justement l’urgence de repenser l’étalement urbain et/ou l’agencement des infrastructures pour mieux répondre aux crises à venir et pour faciliter la gestion des flux, ou autrement dit, le contrôle de masse de la population. Ne pas oublier que les métropoles devraient arriver à concentrer 70% de la population mondiale d’après l’ONU. Donc côté environnement, je ne parierai pas sur un verdissement.
      Si cela se produira, est désirable ou autre, ce sont d’autres questions que chacun d’entre nous devra vite répondre car nous sommes très proches d’un temps où il ne sera bientôt plus possible de rembobiner nos choix.

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    • Et s’il n’y avait que des impacts sur les températures de l’atmosphère… mais tout comme pour l’absorption de 97% du déséquilibre du bilan énergétique, il y a «l’autre problème».

      Plus une espèce est en mesure de rendre disponible l’énergie contenue dans ou reçu par un système pour ses seuls besoins, plus elle le transformera, le polluera, le détruira. Et le recyclage fait partie de cette dynamique. Attendez le coup de pouce qui va très certainement être accordé au télétravail. Attendez juste le déferlement du couple 5G et de l’IoT et de ses immenses bénéfices promis pour l’humanité tout entière. Attendre cela, c’est déjà empreinter la mauvaise voie.

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  3. D’après Météo France, le mois de mars 2020 est le dixième mois de suite plus chaud que la moyenne de la période 1981-2010 (à l’échelle nationale), une première! http://www.meteofrance.fr/actualites/81127530-1ere-en-france-10-mois-consecutifs-plus-chauds-que-la-normale
    Commentaire personnel: vu la tournure de ce début de mois d’avril, et les prévisions à deux semaines, ça m’étonnerait beaucoup que la série s’arrête à 10…

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      • Hélas… J’avais vu une photo de plages chinoises recouvertes de masques usagés, il y a deux semaines. J’espère que les animaux marins sont insensibles au coronavirus, parce que s’il se propage parmi les poissons, on ne viendra jamais à bout de la maladie. Il faudra se résoudre à la vaccination obligatoire. Mais peut-être que le virus est sensible à l’eau salée, je n’en sais rien.

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        • Les virus responsables de SARS n’ont que faire de ce concept purement humain qu’est la «barrière inter-espèce». Ce SARS-CoV2 est déjà passé d’un pangolin et/ou d’une chauve-souris à l’humain et il y a eu des cas de transmission au chat, au chien et au tigre. Ce coronavirus ultra-transmissible, qui ne semble pas très méchant quand le sujet est en bonne santé, et qui ne fait aucun cadeau dans le cas contraire (un véritable jury éliminatoire pour survivre à cette civilisation destructrice) à une très forte probabilité de venir s’ajouter au bestiaire des 4 autres qui nous sont plus communs. L’approche d’E. Bapteste est bien plus intéressante sur ce monde que les chaînes d’info continues; j’en tempérerai donc largement le discours belliciste qui n’est plus que momification de l’état actuel du monde.

          De la salinité, je ne sais pas, mais de mémoire les virus sont sensibles au pH, cela modifie la conformation des glycoprotéines et sape directement ses capacités de fusion avec la cellule hôte. Pas sûr que provoquer une acidose/alkalose soit une voie. Le sang a déjà un pH très très légèrement alcalin.

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            • Pays de tous les excès…
              En dehors du fait que même un nourisson peut être immunodéprimé et que le stress jouant rarement en notre faveur est de mauvais conseil (certains n’hésitent pas à se bourrer de tas de cochonneries sans préscriptions), j’ai lu aussi qu’il y a un terrain génétique qui pourrait être une cause du caractère quasi foudroyant du syndrome.
              https://www.larevuedupraticien.fr/article/covid-19-pourquoi-des-jeunes-avec-des-formes-severes

              Ce virus est plutôt perfectionné a notre contact, son affinité pour les protéines ACE2 (et nous avons tous cette faculté à garder tout ou partie de nos glaires…) lui donne une autre belle porte de sortie.

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              • En tout cas l’orage de cytokines et la réaction excessive du système immunitaire ont déjà touché de jeunes adultes. Pour ce qui est de la porte d’entrée des ACE2, qui semble vraiment au cœur du problème, c’était déjà la voie du sars-cov de 2003, mais pas le Mers de 2012.

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                • Ce n’est effectivement plus nouveau.

                  Ce qui est désolant, c’est l’état de la recherche sur ce genre de sujet, et comme le rapelle B.Canard dans son récent coup de gueule, la science ne travaille pas dans l’urgence.

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                • Du temps perdu aussi dans l’annonce de l’émergence de la maladie en Chine. Je ne sais pas si ça a vraiment commencé en novembre, comme on lit ici ou là. Et puis aussi du temps perdu a prendre la mesure du problème, pour des raisons qui me dépassent. Quand il a été clair que quelque chose passait, certains ont vite répondu, comme Taiwan.

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                • J’ai aussi lu que l’émergence était plutôt en septembre. Mais la qualité de l’information ainsi que sa source n’y est pas pour rien.
                  Si d’avenure il s’agirai de stratégie, il faudra bien un jour qu’un procès ai lieu.

                  En ce qui me concerne, trop de gestes barrières ont été oubliés en france – quand on en arrive a ce qu’une personne chie stricto sensu devant l’entrée d’un espace partagé, on le sait absolument.

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    • Salut Jack,
      On en revient à ce que l’on fait d’une information quand elle est disponible. Autant sur le changement climatique on a bien compris que le pollueur n’allait pas forcément être le payeur, autant avec le covid on a franchi un seuil. Car en l’occurrence celui qui ignore l’alerte se prend le retour de manivelle avec juste quelques mois de décalage. Impressionnant.

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    • Elle est bien faite, cette vidéo, mais elle fait mal. La désinformation, d’une part, et l’état de dépendance vitale du grand nombre à un mode de vie énergivore, d’autre part, nous empêche largement de changer les choses. Tant qu’on ne sortira pas du système capitaliste, on peut être certains que nos émissions de C02 ne baisseront pas, ou pas suffisamment pour arrêter l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Problème: la quasi totalité de la planète est capitaliste aujourd’hui. Et ce n’est pas près de changer…

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    • Vidéo très intéressante, très bien faite. Elle laisse en suspend question essentielle. L’industrie pétrolière sait depuis longtemps et désinforme. Pourtant, ses dirigeants connaissent les conséquences. Comment gèrent-ils leur avenir et celui de leur descendance, connaissant les dérèglement à venir ?

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      • Très sereinement.
        Avoir leurs moyens, c’est avoir la garantie de se prémunir de tout. Du moins entretenir cette illusion pour ceux voulant embarquer.
        Vu l’empoisonnement, le message est pourtant clair quant aux autres qui ne feront pas partie de l’aventure : crevez.
        Mais ce serait incorrect de le laisser présager, le dernier rapport d’Oxfam l’espère.

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