Climat

Bilan de température globale pour avril 2020 (mise à jour)

Cette page présente un bilan des archives du mois d’avril issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

Ce bilan ne prend pas en compte d’autres archives de surface comme Hadcrut4, Berkeley Earth et JMA. D’une part parce que JMA et Hardcrut4 ne sont pas globales (ces séries couvrent environ 85% de la planète car elles omettent les régions polaires). La NASA et la NOAA couvrent respectivement 99% et 93% de la planète grâce à une méthode d’interpolation, un outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. D’autre part, Hadcrut4 et Berkeley Earth ne publient pas avec la même régularité que les agences recensées sur cette page.

La NASA a enregistré un record de chaleur au mois d’avril 2020 avec +1,16°C au-dessus de la moyenne 1951-1980 ou +0,729°C au-dessus de 1981-2010.

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Anomalies de température mondiale en avril 2020 par rapport à 1981-2010. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.


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  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Pour avril 2020, l’anomalie moyenne calculée avec les données NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH s’élève à +0,593°C au-dessus de la période 1981-2010. Il s’agit ainsi du deuxième mois d’avril le plus chaud depuis le début des relevés. Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH :

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Température mondiale calculée à partir des données NASA, NOAA, NCEP-NCAR, ERA5, RSS et UAH, relativement à la période 1981-2010.


La tendance par décennie sur 30 ans (1990-2020) permet de mesurer le rythme du réchauffement en limitant l’influence de la variabilité naturelle. La synthèse des données donne un rythme de +0,211°C par décennie sur 1990-2020 en avril, soit +2,11°C par siècle.

NCEP-NCAR affiche le rythme de réchauffement le plus important sur 1990-2020 avec +0,261°C/décennie. UAH est l’archive dont la tendance s’éloigne le plus de la moyenne avec +0,142°C/décennie.

La NASA est l’archive dont la tendance est la plus proche de la moyenne, devant ERA5.

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Tendance en °C/décennie. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.


La corrélation entre les séries de données est résumée dans le tableau ci-dessous pour la période 1979-2019. Une valeur de 1 indique une corrélation positive parfaite. Plus la valeur se rapproche de 0, moins la corrélation entre deux séries est forte.

Le tableau des corrélations montre une grande proximité entre les variations de la NASA, de la NOAA et de ERA5. A l’inverse, UAH fait une nouvelle fois figure d’outsider.

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Les données brutes des six organismes sont rapportées dans le tableau ci-dessous, toujours par rapport à la période de référence 1981-2010. Les archives recensées ici s’arrêtent à 1979, année des premières mesures satellites.

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Catégories :Climat

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17 réponses »

  1. Bonjour Johan,

    Cet article, très étayé et factuel, peut servir de référence à toute personne qui nierait le réchauffement climatique. Quels que soient les outils mis à disposition, quelle que soit la pensée des auteurs, la tendance est inexorablement la même.

    Et lorsque des climato-négationnistes rappellent que des scientifiques des années 1970 expliquaient qu’on allait vers un refroidissement (cycles de Milankovitch), oui, les cycles impliquent un refroidissement progressif, mais l’action humaine est tellement prégnante qu’elle en arrive à masquer totalement leur impact.

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  2. Record pour la NASA, carrément! C’est du sérieux. À propos, la carte des anomalies de température AIRS est dispo sur le site de la NASA:

    +0,40°C par rapport à la période 2003-2012. Grosse anomalie froide sur l’Amérique du nord, et anomalies chaudes très marquées en Sibérie, au Groenland et en Antarctique.

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    • Le record de 2016 est effectivement battu d’après les données de surface de la NASA. Concernant l’analyse infrarouge de AIRS, avril 2020 se situerait à la deuxième place. Ca fait une quatrième méthode qui confirme la tendance.

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  3. Je ne sais pas si vous avez vu, mais la saison cyclonique commence de façon particulièrement brutale dans l’océan indien nord. Amphan est un cyclone extrême qui risque de toucher l’Inde et le Bangladesh en catégorie 3 dans deux jours, avec les dégâts qu’on imagine dans ces zones submersibles. En un seul phénomène, l’énergie cyclonique accumulée sera très probablement supérieure à celle que connaît habituellement le bassin en une année complète.
    http://www.tropicalstormrisk.com/

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    • Oui, 1,52°C au-dessus de 1850-1900. Par rapport à 1981-2010, Berkeley donne +1,13°C. C’est proche de la NASA, avec +1,16°C au-dessus de 1951-1980. NASA et Berkeley sont souvent proches, avec une couverture quasi-globale utilisant les stations de surface et l’interpolation. Berkeley utilise cependant des stations au-delà du réseau GHCN. La NASA utilise 6300 stations, Berkeley 37 000 avec des résultats similaires.

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      • Pour ce qui est de la probabilité de voir 2020 battre le record de 2016, il y a eu un mini-débat récemment. Berkeley Earth et Gavin Schmidt, de la NASA, tablent sur une année record, tandis que le Met Office et James Hansen (ex-directeur de NASA GISS) sont plus prudents. James Hansen a estimé que la baisse des SST dans le Pacifique, avec une possible La Nina en perspective, devait conduire à la prudence.

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  4. Il a raison bien sûr. La prudence doit rester de mise, surtout pour les médias censés informer un public non averti. D’ailleurs, une proba de 60%, c’est à la fois beaucoup et peu. ça laisse quand même près d’une chance sur deux que 2020 reste sous 2016.

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  5. Bonjour,

    Article de météosuisse indiquant que une séquence inédite de 12 mois chauds en Suisse avec, ce qui m’étonne, une moyenne supérieure de 2,1°C à la période 1981-2010: https://www.meteosuisse.admin.ch/home.subpage.html/fr/data/blogs/2020/5/12-mois-consecutifs-chauds–une-sequence-inedite.html

    J’ai comme l’impression que de facto le +2° est déjà une réalité dans ma région et qu’on fonce vers beaucoup plus haut d’ici 2040…

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