Climat

Bilan de température globale pour juin 2020 (definitif)

Cette page présente un bilan des archives de température pour le mois de juin dans une version très allégée (en raison des vacances qui ne me permettent pas de disposer des mêmes outils informatiques). On y trouve habituellement un bilan issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMPNOAA MLOSTNCEP-NCARERA5RSSUAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

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  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Ce bilan ne prend pas en compte d’autres archives de surface comme Hadcrut4, Berkeley Earth et JMA. D’une part parce que JMA et Hardcrut4 ne sont pas globales (ces séries couvrent environ 85% de la planète car elles omettent les régions polaires). La NASA et la NOAA couvrent respectivement 99% et 93% de la planète grâce à une méthode d’interpolation, un outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. D’autre part, Hadcrut4 et Berkeley Earth ne publient pas avec la même régularité que les agences recensées sur cette page.

Les six archives sont désormais disponibles. La NASA annonce un record de chaleur, ERA-5 et RSS mettent juin 2020 à la 2e place. La moyenne des six archives montre que juin 2020 se classe en deuxième position avec +0,5°C derrière 2019 (+0,54°C).

Carte d’anomalies de température pour le mois de juin 2020. Source : NASA GISS.

Voici le bilan par archive :

– NASA Gistemp : juin 2020 record de  chaleur avec +0,53°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, à égalité avec 2019. Cela représente +0,93°C au-dessus de 1951-1980 ou +1,21°C au-dessus de 1880-1920.

– NOAA : juin 2020 à la 3e place de l’archive avec +0,482°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010.

– Era-5 (Copernicus/ECMWF) : juin 2020 à la 2e place de l’archive avec +0,534°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010 , quasiment à égalité avec le record de 2019.

– Ncep-Ncar : juin 2020 à la 7e place de l’archive avec +0,366°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010.

– RSS : juin 2020 à la 2e place de l’archive avec +0,654°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010.

– UAH : juin 2020 à la 3e place de l’archive avec +0,43°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010.

 

 

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7 replies »

  1. À surveiller: la fonte de la banquise arctique, plus rapide encore depuis quelque semaine qu’en 2012 à la même époque, et à un niveau record depuis le début des mesures satellitaires.
    https://nsidc.org/arcticseaicenews/charctic-interactive-sea-ice-graph/
    La température de l’air atteint 2°C sur de vastes superficies de l’océan arctique actuellement, donc ça risque de ne pas s’arranger. J’espère que la situation sera plus favorable en août…

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    • Toutes les zones du cercle ne sont pas touchées de la même façon, cette années se sont surtout celles [proches] de la Sibérie qui ont morflé, c’est à dire les régions de Kara, Laptev et l’Est de la Sibérie. Ce n’est toutefois pas plus reluisant ailleurs.
      Côté pôle sud, inflexion/ralentissement assez prononcée dans l’extension de la banquise antarctique. J’imagine que cela ne va peut-être pas tarder à se caractériser avec des polynies ou d’autres phénomènes abaissant la concentration de glace. En ce moment, quelques médias en manque de combustible sur le front de la cryosphère, se focalisent sur le glacier Thwaites.
      Pour l’instant, l’activité cyclonique est très basse – tant mieux dans un sens. Très certainement aussi en raison du non-réchauffement Atlantique suite au passage plus conséquent de poussières en provenance du Sahara (ça risque aussi de profiter aux sargasses et donc nuire aux habitant des caraïbes). Cela pourrait changer dans quelques jours.

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      • Salut Ghtuz 🙂
        L’océan atlantique tropical est très chaud en ce moment, avec un excédent de température par rapport à la moyenne à cette époque de l’année. Clairement, la température n’est pas le facteur limitant, mais l’air sec venu du Sahara peut limiter la formation d’ondes tropicales au large du Cap Vert. Or, la plupart des tempêtes prennent leur origine là-bas. Ceci dit, on a un exemple récent marquant où la saison a démarré très tard, pour donner finalement plusieurs phénomènes parmi les plus extrêmes jamais observés dans la zone. C’est tout le problème des débuts de saison calme: l’océan a tout le temps de se réchauffer et rien ne vient évacuer l’excès d’énergie. Jusqu’au jour où… Tout dépendra du cisaillement des vents sur la zone, ces prochains mois.

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        • Oui, j’avais plus en tête réchauffement de surface directement par ensoleillement et donc évaporation – convection. 🙂
          Je me souviens avoir remarqué cet El Niño atlantique, prenant sa source sur les côtes de l’Angola fin novembre 2019 jusqu’à la mi février. Aucune idée si c’en sont des reliquats.

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  2. Bonjour Johan.
    Il me semble que c’est la première fois depuis longtemps que l’anomalie mensuelle est en dessous de 1 degré.
    Est l’effet El Nina qui commence ?

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    • Je ne pense pas, les conditions sont neutres dans le Pacifique. Mais la baisse est significative si on en croit NCEP. Il faudra voir avec les autres agences, dans les jours qui viennent.

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    • Bonjour,
      Si les conditions La Nina n’ont pas encore émergé, le passage à des conditions neutres ne favorise pas en théorie des anomalies importantes. Maintenant, les chiffres des autres agences que Ncep tendent à maintenir une moyenne très élevée cette année malgré les conditions dans le Pacifique. NCEP semble avoir un biais froid en ce moment, même UAH voit plus chaud, c’est dire.

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