Cette page présente un bilan des archives du mois de juillet issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).
Ce bilan ne prend pas en compte d’autres archives de surface comme Hadcrut4, Berkeley Earth et JMA. D’une part parce que JMA et Hardcrut4 ne sont pas globales (ces séries couvrent environ 85% de la planète car elles omettent les régions polaires). La NASA et la NOAA couvrent respectivement 99% et 93% de la planète grâce à une méthode d’interpolation, un outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. D’autre part, Hadcrut4 et Berkeley Earth ne publient pas avec la même promptitude que les agences recensées sur cette page.
Les bilans de la NASA, NOAA, NCEP-NCAR, ERA5, UAH et RSS sont désormais tous disponibles. On peut voir ci-dessous les anomalies relevées par RSS à partir de données satellitaires. Le mois de juillet 2020 a été le plus chaud de l’histoire des mesures de RSS.

Les bilans des six archives sont assez contrastés pour le mois de juillet, NCEP-NCAR plaçant seulement le mois à la 7e place, tandis que RSS annonce un record de chaleur. La NASA, la NOAA et UAH placent juillet 2020 en deuxième position. On notera une fois de plus la grande proximité entre la NASA et ERA5.
A noter que l’anomalie pour la NASA s’élève à +0,89°C au-dessus de sa période de référence classique (1951-1980), ce qui correspond à +0,49°C au-dessus de 1981-2010 et +1,12°C au-dessus de 1880-1920.


- Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
- Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
- Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.
Pour juillet 2020, l’anomalie moyenne calculée avec les données NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH, s’élève à +0,481°C au-dessus de la période 1981-2010. Il s’agit ainsi du 3e mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces six séries. Juillet 2020 est devancé par 2016 et 2019. Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH :

Le graphique ci-dessous compare la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH sur la période janvier-juillet 2020 aux températures annuelles (janvier-décembre) du reste de l’archive. La moyenne janvier-juillet 2020 se positionne pour le moment à la deuxième place, quasiment à égalité avec 2016.
La perspective d’un développement éventuel de La Niña fin 2020 pourrait conduire les températures sous le niveau de fin 2019 mais peut-être au-dessus de fin 2016, selon James Hansen, l’ancien directeur de NASA GISS.

Dans le détail, on peut voir ci-dessous la moyenne janvier-juillet des différentes archives. La plupart des séries (NASA, NOAA, ERA5, RSS) placent janvier-juillet 2020 au-dessus de l’année 2016 (janvier-décembre). NCEP-NCAR tire la moyenne vers le bas, avec +0,49°C en 2020 par rapport à +0,67°C en 2016.


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