Climat

L’année 2020 parmi les plus chaudes depuis le début des relevés

Cette page présente un bilan des archives de l’année 2020 issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

Carte d’anomalies de température pour l’année 2020. D’après NASA Gistemp.

Les bilans de la NASA, NOAA, NCEP-NCAR, UAH, RSS et ERA5 pour l’année 2020 sont désormais tous disponibles. Les données de la NASA et de RSS montrent que l’année 2020 a été la plus chaude depuis le début des relevés, tout juste devant 2016. En raison de la marge d’erreur, il est difficile de départager 2016 et 2020 dans les chiffres de la NASA et de RSS. ERA5 annonce aussi une quasi-égalité entre 2020 et 2016, mais l’année 2016 a une très légère avance. NCEP-NCAR, une réanalyse ancienne génération, affiche cependant une anomalie nettement moins élevée en 2020.

Si un record annuel n’est pas forcément ce qu’il y a de plus significatif, la prise en compte de la variabilité naturelle permet cependant d’apprécier l’évolution de la température à court terme. L’année 2020 n’a pas été marquée par un phénomène El Niño (contrairement à 2016) et le cycle solaire est au plus bas. Il n’y a donc aucun facteur de variabilité naturelle susceptible d’expliquer le niveau atteint en 2020. En fait, même El Niño, aussi exceptionnel fut-il, n’est pas en mesure d’expliquer le niveau atteint en 2016. L’anomalie observée en 2020 apporte la preuve – à ceux qui pouvaient encore en douter – du réchauffement lié aux émissions de gaz à effet de serre.

La NASA relève quand même que les feux de brousse australiens au cours du premier semestre de l’année 2020 ont libéré de la fumée et d’autres particules dans l’atmosphère, bloquant la lumière du soleil et refroidissant probablement légèrement l’atmosphère. D’un autre côté, le ralentissement de l’activité lié à la pandémie de coronavirus a diminué la pollution atmosphérique particulaire dans de nombreuses régions, permettant à plus de lumière solaire d’atteindre la surface et produisant un effet de réchauffement. Le ralentissement a également réduit les émissions de dioxyde de carbone, mais les concentrations globales de CO2 ont continué d’augmenter, et comme le réchauffement est lié aux émissions cumulées, la quantité globale de réchauffement évité est négligeable.

Anomalies de température mondiale en 2020 par rapport à 1981-2010. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.

Diapositive1
  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Avec +0,565°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, il s’agit de la 2e année la plus chaude depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne des six séries. Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH.

Température mondiale annuelle calculée à partir des données NASA, NOAA NCEP-NCAR, ERA5, RSS et UAH, relativement à la période 1981-2010.

La température climatologique moyenne mondiale pour la période préindustrielle est supposée inférieure de 0,63°C à la moyenne de 1981-2010. C’est ce qui est suggéré dans le rapport du GIEC « Réchauffement de la planète de 1,5 ° C », qui estime à 0,63°C ( ± 0,06 ° C) la différence de température moyenne annuelle entre les périodes 1981-2010 et 1850-1900. Le graphique ci-dessous présente la moyenne des séries NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH par rapport à la période 1981-2010 (bleu) et par rapport à la période préindustrielle (1850-1900, en rouge). Si les séries NCEP, ERA5, RSS et UAH ne remontent pas à 1850, des séries comme celles du Met Office, de la NASA ou de la NOAA permettent de remonter plus loin dans le temps. L’anomalie atteint environ +1,2°C au dessus de la période préindustrielle en 2020.

Catégories :Climat

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1 réponse »

  1. Le Berkeley donne 2020 à la 2ème place, mais dans la marge d’erreur avec 2016 (record) et 2019 (3ème): http://berkeleyearth.org/global-temperature-report-for-2020/

    À noter que nous passerons bientôt à une nouvelle période de référence 1991-2020 pour le calcul des normales climatiques: https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/la-une/2021-de-nouvelles-normales-pour-qualifier-le-climat-en
    Au passage, dans cet article, météoFrance indique que, en terme de température, le Paris actuel a le climat du Bordeaux des années 1970, et Strasbourg a le climat de l’ancien Lyon.

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