Climat

Température mondiale : bilan d’ERA5 pour janvier 2022

Avec +0,468°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de janvier 2022 est le 6e plus chaud des archives ERA5.

Les réanalyses comme ERA5 (ECMWF) intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Elles sont produites par assimilation de données, un processus qui repose à la fois sur des observations et des modèles utilisant les lois de la physique et les observations passées. Les données sont actualisées de manière journalière, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol.

Carte d’anomalies pour le mois de janvier 2022 par rapport à la moyenne 1981-2010. Source : ERA5

Avec +0,468°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de janvier 2022 est le 6e plus chaud des annales ERA5. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,277°C.

On notera que le mois de janvier 2022 est le plus chaud jamais observé dans un contexte La Niña aussi prononcé (aux alentours de -1°C sur décembre-janvier dans la région Niño 3.4). Si l’on regarde dans les annales les mois de janvier plus chauds que 2022, on note que seul janvier 2017 a été précédé par une Niña. Mais celle-ci fut plus faible que 2022 (aux alentours de -0,5°C sur décembre-janvier dans la région Niño 3.4). De plus, janvier 2017 suivait une année 2016 exceptionnellement chaude.

Les 10 mois de janvier les plus chauds par rapport à la période 1981-2010. Source : ERA5

Des conditions La Niña sont donc actuellement présentes dans le Pacifique avec – 0,95°C dans la région Niño 3.4 en janvier 2022, qui suivent -1,07°C en décembre 2021. D’après la NOAA, La Niña devrait se maintenir dans les premiers mois de 2022, puis on devrait opérer une transition vers des conditions neutres à partir du mois d’avril. Le graphique ci-dessous montre les prévisions pour la région Niño 3.4 avec des anomalies inférieures à – 0,50°C (le seuil La Niña) pour mars-avril-mai pour la moyenne des modèles. Les modèles se heurtent encore à la barrière de prévisibilité du printemps. Cela signifie que tant que le printemps ne sera pas passé, les prévisions resteront aléatoires.

Prévisions des modèles pour ENSO. Source : IRI.

Depuis le mois de décembre, on observe une onde de Kelvin, qui se déplace vers l’est le long de l’Equateur (« downwelling Kelvin wave », voir l’animation ci-dessous), qui entraîne la propagation vers l’est du Pacifique des couches d’eau chaude qui sont normalement confinées à l’ouest du bassin océanique. Avec le réchauffement à venir des eaux de surface à l’est, cela pourrait mettre une place des conditions favorables à El Niño mais il est encore bien trop tôt pour avoir des certitudes. Il y avait eu une grande onde Kelvin de downwelling en mars/avril 2014 mais celle-ci fut suivie par une phase d’upwelling en juin/juillet, qui a contribué à inverser et à refroidir les températures dans le Pacifique oriental. Ce n’est que l’année suivante qu’un El Niño majeur a émergé.

Source : NOAA Climate Prediction Center

Pour calculer la température mondiale par rapport à la période préindustrielle, il faut utiliser une autre archive que celle d’ERA5 car celle-ci remonte à 1979 seulement. Cette archive du Met Office présente l’avantage de remonter aux années 1850. HadCRUT5 a récemment remplacé HadCRUT4 avec des améliorations dans la couverture globale et la mesure des températures de surface de la mer. Avec la même méthodologie, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) utilise les données de HadCRUT4 pour produire des estimations des archives qui ne remontent pas à la période préindustrielle. L’OMM combinera sans doute ERA5 avec HadCRUT5 dans ses prochaines estimations. Les données de HadCRUT5 seront désormais utilisées ici pour calculer l’évolution d’ERA5 par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).

Le mois de janvier 2022 a été marqué par une anomalie de +1,26°C par rapport à 1850-1900. Si l’anomalie observée en janvier se maintenait toute l’année, la température globale sur l’ensemble de 2022 serait de +1,174°C au-dessus de la période préindustrielle. Les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1,337°C et +1,33°C. L’année 2022 devrait se situer dans la lignée de 2021 – peut-être très légèrement plus chaude – d’après la plupart des experts. Des niveaux record pourraient en revanche être de nouveau observés en 2023 en fonction des conditions dans le Pacifique.

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