Avec +0.70°C au-dessus de la moyenne 1991-2020, le mois de janvier 2024 est un nouveau record de chaleur. Le précédent record de 2020 (+0.58°C) est dépassé de 0.12°C. L’anomalie en janvier 2024 atteint 1.63°C au-dessus de la moyenne préindustrielle.
Les réanalyses comme ERA5 (ECMWF) intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Elles sont produites par assimilation de données, un processus qui repose à la fois sur des observations et des modèles utilisant les lois de la physique et les observations passées. Les données sont actualisées de manière journalière, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol.

Avec +0.70°C au-dessus de la moyenne 1991-2020, le mois de janvier 2024 est le plus chaud des annales ERA5 qui remontent à 1979. Après juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre 2023, c’est le 8e mois d’affilée marqué par un record de chaleur.
Le graphique ci-dessous montre les 10 anomalies globales les plus élevées jamais observées en janvier.

Les conditions El Niño sont actuellement présentes mais devraient se dissiper dans les mois à venir. L’anomalie dans la région Niño 3.4 était de +1.86°C en janvier (le seuil La Niña est fixé à -0.5°C, le seuil El Niño à +0.5°C). D’après la moyenne des modèles, l’anomalie devrait repasser sous le seuil El Niño aux alentours du mois d’avril. A noter que le seuil pour un événement qualifié de « fort » est de +1.5°C dans la région Niño 3.4.

Pour calculer la température mondiale par rapport à la période préindustrielle, il faut utiliser une autre archive que celle d’ERA5 car celle-ci remonte à 1979 seulement. Selon la méthodologie de l’ECMWF, qui gère ERA5, les données tirées d’ERA5+Berkley Earth, ERA5+HadCRUT5, ERA5+NOAA sont utilisées pour calculer la température par rapport à la période préindustrielle (estimée donc grâce à Berkeley, HadCRUT, NOAA). Jusqu’à présent, seule l’archive d’HadCRUT était utilisée sur global-climat.com pour calculer l’anomalie par rapport à 1850-1900.
L’anomalie de +0.70°C observée au mois de janvier 2024 par rapport à 1991-2020 correspond à +1.63°C au-dessus de la période 1850-1900.

Le graphique ci-dessous montre maintenant les anomalies sur 12 mois de janvier 1980 à janvier 2024. La période février 2023-janvier 2024 est la plus chaude de l’archive avec une moyenne de +0.641°C au-dessus de la période 1991-2020, ce qui équivaut à +1.521°C au-dessus de 1850-1900. C’est la première fois qu’une moyenne sur 12 mois dépasse le seuil de 1.5°C au-dessus du niveau préindustriel (retenu par convention comme étant 1850-1900). A noter qu’il ne s’agit pas d’une moyenne annuelle mais d’une moyenne sur 12 mois.

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L’écart avec le précédent record est moins impressionnant qu’à l’automne dernier, mais… C’est quand même un record, encore.
Effectivement. Si on compare par rapport à 2016, année comparable avec El Nino, on obtient +0,15 K pour janvier contre + 0,51 K en décembre. Baisse de l’anomalie, mais anomalie tout de même de 0,2 K par décennie. Ce que je trouve impressionnant, c’est la disparition de l’opposition dans les étendues de banquises entre arctique et antarctique, même si ce n’est pas le sujet de l’article. Maintenant, on est clairement toujours en deçà des références et souvent sans déphasage.
Bonjour,
Est-ce que ce serait compliqué d’ajouter à ce bilan mensuel la courbe des anomalies de température, moyennée sur 12 mois glissants, afin d’avoir un « instantané » du réchauffement en cours ?
Bonjour, ça doit être possible. Je vais regarder
Voilà, j’ai modifié l’article pour inclure une moyenne sur 12 mois. La période février 2023-janvier 2024 est à un niveau record, dépassant pour la première fois le seuil de 1.5°C. La querelle pour savoir si cette valeur est significative ou s’il faut retenir des périodes de 30 ans pour définir officiellement le dépassement du seuil n’est pas traitée ici (je précise avant une éventuelle remarque).
C’est vrai que c’est sympa d’avoir cette moyenne glissante sur douze mois. On a une évolution fine dans le temps sans avoir une variabilité aussi grosse que d’un mois à l’autre.