Le secrétaire – général de l’ONU appelle à une action immédiate pour le climat. Selon lui, la décennie actuelle est décisive. Il a entre autres dit que nous ne sommes pas les dinosaures de l’extinction précédente. Pour lui, nous sommes la météorite, le danger, mais aussi la solution. Il appelle à l’abandon des carburants fossiles, à l’interdiction et ä l’abandon immédiat de la publicité pour ces énergies. Je propose d’étendre cela aux réclames pour l’aviation et pour quelques autres produits, par exemple la viande et les objets à courte durée de vie. Cette semaine la capitale de l’Inde, Dehli a atteint la température de 52,3°C. La canicule provoque une crise de santé publique, de nombreux décès et coups de chaleur. Le Mexique subit aussi une vague de chaleur extrême, mais a heureusement élu une climatologue à la présidence (lien).
Le GIEC a publié leurs calculs détaillés concernant l’année 2023. La moyenne du réchauffement atteint pendant la décennie 2014-2023 est 1.19°C. Ce chiffre correspond plus exactement au milieu de cette période, 2018-2019. En supposant que le réchauffement progresse à la même vitesse, il aurait atteint 1.31°C en 2023. Le température réelle observée l’année passée est plus élevée, le GIEC l’établit à 1.43°C, et estime que le surcroît est essentiellement dû au phénomène El Nino et à une éruption volcanique qui a propulsé de la vapeur d’eau dans la stratosphère.
Le réchauffement observé au cours de cette décennie est plus élevé que par le passé, James E. Hansen et l’Organisation Météorologique Mondiale ont détecté une accélération dans les mois passés. Hansen considère que les températures montent actuellement de 0.4°C par décennie, ce qui nous orienterait vers 2°C en 2040, alors que le GIEC donne une valeur plus basse, de 0.26°C. De plus, ils l’expliquent surtout par une amélioration des mesures, plutôt que par une accélération. Ils n’annoncent donc pas un réchauffement aussi rapide que James Hansen. Cependant, ils se basent sur l’hypothèse que le réchauffement est linéaire, que sa vitesse est constante. C’est loin d’être sûr, plusieurs paramètres du système, les glaces, la végétation et les nuages changent de plus en plus.
Les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 2022 sont au niveau de celles de 2019 et 2021. Elles étaient de 55±5,3 Gt CO2e en 2022, et similaires en 2023. 36,8 Gt provenaient des carburants fossiles et de l’industrie et 4,1±2,9 Gt CO2 du changement d’affectation des terres. Par contre, l’Europe réussit maintenant à les diminuer. Le changement climatique augmente les émissions de méthane des zones humides tropicales.
Ces informations sont présenté sur ce site du GIEC: https://climatechangetracker.org/igcc
La combustion des carburants fossiles et des arbres émet des résidus appelés aérosols. James Hansen a écrit que la température élevée de 2023 était en grande partie due à la diminution des aérosols soufrés émis par les navires circulant dans l’Atlantique -Nord. Il appelle à la géo-ingénierie pour rajouter des aérosols dans la stratosphère.
Le GIEC inclut dans cette mise à jour des chiffres sur les aérosols atmosphériques, et remarque que le total a augmenté en 2023, surtout à cause des feux du Canada. Il impute le réchauffement exceptionnel de cette année à une éruption volcanique et à El Nino. Il n’est cependant pas sûr que tous les aérosols aient le même effet, ceux provenant d’incendies de forêts, de bois sont différents du fuel des navires marchands. Les satellites PACE de la NASA Et EarthCare d’ESA, lancés récemment aideront à les mesurer et à établir leur contribution.
Le budget carbone résiduel compatible avec une limitation du réchauffement à 1.5°C (50% de chance) est réactualisé pour 2024 à 200 milliards de tonnes de CO2. Cela équivaut à seulement 5 ans d’émissions au niveau actuel, c’est 60% de moins que l’estimation pour 2020. Cela demande des mesures encore plus énergiques de réduction d’émissions. Le PNUE propose de retirer du carbone de l’atmosphère, notamment par une reforestation accrue de la Planète.
Selon Valérie Masson-Delmotte, cette étude souligne l’intensification de l’influence humaine sur le climat. De fortes réductions d’émissions de gaz à effet de serre, comme celles qu’impliquent les engagements de la COP28, pourraient réduire le rythme de réchauffement de moitié d’ici 20 ans.
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