En 2023 les températures de la Planète, et notamment de l’Atlantique Nord, ont fait un bond.  Le réchauffement a accéléré. Les scientifiques étaient très inquiets, puis ont trouvé une explication. 

L’éruption du volcan sous-matin Hunga Tonga a envoyé de la vapeur d’eau dans le stratosphère en janvier 2022. Elle a provoqué la formation de magnifiques nuages stratosphériques arc-en-ciel observés au-dessus de l’Europe, qui ont temporairement réchauffé la Planète. Nous étions rassurés, l’année 2023 serait un événement isolé, l’effet ponctuel de cette éruption volcanique allait passer et le réchauffement continuerait au rythme prévu par le GIEC. 

Malheureusement, une nouvelle étude conteste le rôle du volcan Hunga Tonga dans le réchauffement climatique de 2023-24.  L’éruption a injecté de vastes quantités d’aérosols volcaniques et de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Les aérosols entraînent un refroidissement en bloquant l’arrivée des rayons du soleil sur Terre,  alors que la vapeur d’eau propulsée dans la stratosphère mène au réchauffement.  L’ étude publiée mercredi 24 juillet dans le Journal of Geophysical Research, révèle que l’éruption a en fait provoqué plutôt un refroidissement de la Terre, à l’instar d’autres événements volcaniques majeurs (communiqué, étude). 

Les chercheurs ont analysé les données satellitaires de la NASA et de la NOAA sur les aérosols et la vapeur d’eau, entre autres variables, pour estimer le bilan énergétique du système climatique de la Terre. Leur analyse a révélé que l’éruption a entraîné une plus grande sortie d’énergie du système climatique qu’elle n’en a capté, ce qui a induit un léger effet rafraîchissant. Ces scientifiques estiment plutôt que les températures élevées de 2023 sont dues aux émissions humaines de gaz à effet de serre. C’est très inquiétant, parce que dans ce cas il n’y aura peut-être pas de rafraîchissement l’année prochaine, et le climat ne suivra pas forcément la trajectoire prévue par le GIEC. Le réchauffement pourrait progresser plus vite et désorganiser nos sociétés plus tôt que prévu. 

Une autre étude publiée le 18 juillet montre que la fonte du permafrost provoque des émissions de méthane supérieures aux prévisions. Elles pourraient donc augmenter l’effet de serre et accélérer le réchauffement (étude).

Cette année les conséquences sont déjà graves: partout dans le monde, la la terre se dérobe déjà sous nos pieds: les pluies torrentielles provoquent des milliers de glissements de terrains (Zigui Chine /, Mexique) dont certains sont meurtriers. Ils ont emporté des dizaines de personnes au Népal, des centaines en Ethiopie le 21 et 22 juillet , et le bilan du glissement de terrain d’hier, le 29 juin au  Wayanad au Kerala ne cesse de s’alourdir. En mai, la montagne a emporté 2000 personnes avec village en Papoue-Nouvelle Guinée.

Les milliers de glissements de terrain affectent les routes et interrompent les transports pour plusieurs semaines, ce qui perturbe l’économie locale région par région. Les intempéries ont d’autres conséquences économiques. Par exemple, une petite inondation en Suisse a provoqué la fermeture d’une usine d’aluminium.  Plusieurs clients en ont souffert, surtout l’usine Porsche qui ne peut pas produire de voitures sans leur livraison et annonce des pertes de 1-2 milliards d’euros (rts). Les petits commerces américains souffrent des inondations et du manque d’assurances et pourraient fermer.

Ces nombreuses conséquences graves se déploient déjà aujourd’hui. La météo apporte déjà de gros orages avec plusieurs épisodes d’éclairs meurtriers,  des vents soudains de plus en plus forts,  des sauts de température et des vagues de chaleur croissantes. Le réchauffement s’est accéléré l’année passée et son évolution semble maintenant incertaine, le climat pourrait changer au-delà de nos prévisions dans les prochaines années. 


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Une réponse à « L’année 2023 restera-t-elle une exception?  »

  1. Avatar de Rudolf Déjean
    Rudolf Déjean

    bonjour Dorota,

    quand on voit la tête des pôles, on ne peut que se dire que l’on est en train de passer un cap …

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