L’année 2024
L’Organisation Météorologique Mondiale a publié son rapport annuel (OMM2024). L’année 2024 a été la plus chaude de l’Histoire. Elle a apporté de nombreux événements extrêmes. Le cyclone Yagi a causé des dégâts étendus en Chine, au Philippines et au Vietnam, et le cyclone Chido a dévasté Mayotte et le Mozambique. De nombreux affluents de l’Amazone se sont taris par une chaleur inhabituelle, et plus de mille pèlerins ont succombé à la chaleur à la Mecque.
World Weather Attribution a prouvé que le meurtrier ouragan Hélène aux Etats-Unis, qui a causé de graves inondations loin à l’intérieur des terres, et l’inondation du Sahel (lien), ont été amplifiés par le réchauffement climatique.
En 2024, le réchauffement a atteint 1.55°C au-dessus des températures préindustrielles, cependant la valeur officielle, la moyenne de toute la décennie, est un peu plus basse (OMM). L’organisation souligne qu’une seule année ne signifie pas que le seuil ait été franchi, mais cette même phrase rassurante a été utilisée l’année passée.
James Hansen a affirmé que le réchauffement avait accéléré en 2015, et de plus en plus d’experts craignent qu’il ne se poursuive à cette vitesse. Une nouvelle étude qui doit encore être jugée par d’autres experts, confirme cette hypothèse (Foster and Rahmstorf).
L’effet de serre
Les températures de la Planète dépendent en grande partie du CO2, de plus en plus abondant dans notre atmosphère. Il varie aussi au cours de l’année. Les émissions se poursuivent à un rythme alarmant. En mars 2025, sa concentration a atteint un niveau record de 430 ppm (image de droite). La dispersion des points à la fin pourrait être due à un événement passager, un feu ou un volcan. L’augmentation d’année en année est bien visible sur le graphe de gauche, qui montre les décennies de mesures. Les variations saisonnières apparaissent comme des ondulations, et une étude récente a confirmé qu’elles proviennent de l’absorption de gaz carbonique par la végétation en été. L’excès de CO2 est absorbé à 26% par les océans, et à 30% par la végétation (OMM). Sa quantité dans l’atmosphère influence directement les températures des prochaines semaines. Celles-ci dépendent aussi de la température de la surface de l’océans, qui réchauffent l’air au niveau de la mer, et de la reflexion de la lumière par les nuages et les glaces, qui s’est légèrement réduite en 2023.


Alors que le gaz carbonique a atteint la valeur alarmante de 430 ppm, le gouvernement des Etats-Unis a décidé de cesser de le mesurer et démanteler la station de Mauna Loa qui nous fournit ces valeurs depuis des dizaines d’années. C’est totalement irresponsable. Ces mesures apportent des informations importantes pour les prévisions du GIEC du climat futur. Mais de plus, le réchauffement climatique pourrait subir une accélération soudaine pour plusieurs raisons, le dégazage de méthane des océans ou des fonds marins, ou même une immense éruption volcanique. En cas de scénario catastrophe, quelques scientifiques pourraient nous en avertir assez tôt pour qu’un plan d’urgence soit réalisable. Heureusement, ces mesures sont aussi effectuées en Suisse au Jungfraujoch par l’Université de Berne, par satellite de l’agence spatiale Européenne ESA et probablement à quelques autres endroits dans le monde, par exemple au Japon.


L’été 2025
Je répète que la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère a atteint une valeur record de 430 ppm, et qu’elle augmentera encore un peu en avril et mai. En conséquence l’été 2025 pourrait être l’été le plus chaud que l’Europe ait jamais connu.
Des canicules plus longues et intenses nous menacent. Selon les modèles climatiques, si l’effet de serre atteint 435 ppm de CO2, l’Europe centrale, qui inclut la France, la Suisse et l’Allemagne et la Belgique, pourrait voir des journées au-dessus de 40°C. L’Europe du Sud pourrait facilement dépasser 45°C. Une sécheresse plus grave pourrait toucher l’agriculture, les réserves d’eau et les transports fluviaux. Si des inondations se produisaient, elles pourraient être exceptionnelles, comparables à celle de Liège en 2021. Nous nous approchons vraiment de ce climat. Et les prochaines années apporteront une aggravation de ces événements.
Les prévisions météorologiques de Severe Weather Europe annoncent un début de l’été pluvieux, avec un risque de pluies diluviennes, et une fin d’été sèche et caniculaire.

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