La COP30 a débuté par une journée dédiée à l’information sur l’état du climat, baptisée Earth Information Day. Cette entrée en matière marque l’importance cruciale des données scientifiques dans un contexte où les signaux de basculement climatique se multiplient.
Entre janvier et août 2025, la température moyenne mondiale s’est élevée à 1,42°C au-dessus des niveaux préindustriels. Ce chiffre place l’année 2025 dans le trio des plus chaudes jamais enregistrées, ces trois dernières années, confirmant une trajectoire inquiétante vers un réchauffement global incontrôlé.
Mais au-delà des décimales, ce sont des bouleversements systémiques qui se dessinent : fonte accélérée des glaciers, réchauffement sans précédent des océans, disparition massive des glaces de mer. Autant de signes faibles qui, désormais, hurlent l’urgence.
Glaciers en recul : une disparition région après région
Entre 2023 et 2024, les glaciers ont perdu en moyenne 1,3 mètre équivalent-eau. Ce recul, à la fois massif et généralisé, affecte pour la troisième année consécutive l’ensemble des 19 régions glaciaires surveillées à l’échelle mondiale. Deux pays – le Venezuela et la Slovénie – ont vu la disparition complète de leurs glaciers, une perte à la fois brutale et symbolique.
Les océans atteignent des températures records
En 2024, le contenu thermique des océans – qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur dû aux gaz à effet de serre – a atteint son niveau le plus élevé. Cette accumulation de chaleur, silencieuse mais massive, accentue l’intensité des tempêtes et cyclones, fragilise les écosystèmes marins, et modifie profondément les dynamiques climatiques à l’échelle planétaire.
Des pôles mis à nu : effondrement de la glace marine
L’Arctique et l’Antarctique enregistrent une extension annuelle de la banquise historiquement basse. Il ne s’agit plus de simples variations saisonnières, mais d’un effondrement structurel. La perte de ces surfaces glacées compromet les équilibres thermiques et atmosphériques des hautes latitudes.
Le climat extrême devient la norme
Les phénomènes extrêmes – canicules, incendies, sécheresses, inondations, tempêtes – ne sont plus des anomalies : ils deviennent le quotidien.
Au Brésil, leur fréquence a bondi de 250 % en seulement quatre ans. En 2024, la sécheresse a dépassé tous les scénarios envisagés, même les plus pessimistes.

L’ouragan Melissa a donné une autre illustration marquante du changement: les vents ont été amplifiés de 7 %, les précipitations horaires de 16 %, et les cumuls sur cinq jours ont augmenté de 20 à 50 %, démontrant comment le changement climatique exacerbe la violence des tempêtes.
Un système d’observation climatique sous pression
Face à ces transformations rapides, le Système mondial d’observation du climat (GCOS), coordonné par l’Organisation météorologique mondiale, tire la sonnette d’alarme. Depuis 33 ans, ce programme constitue le socle de la surveillance climatique globale, en lien avec les réseaux atmosphériques, océaniques, terrestres et cryosphériques.
Mais le GCOS est aujourd’hui fragilisé par l’absence de financements pérennes. Or, ce système joue un rôle essentiel : il propose des indicateurs fiables, et fournit des données robustes; éléments indispensables pour comprendre les évolutions en cours, anticiper les risques et lancer les alertes.
Nous avons besoin de surveiller ces transformations. En 2023, les nauges de basse altitude se sont réduits, ce qui nous a valu un réchauffement de 0.5°C supplémentaire cette année-là. La stratosphère change aussi. Il existe un risque réel de ruptures rapides du système Terre, bien plus profondes que ce que nous avons observé jusqu’ici, d’une montée de température soudaine. La détection des changements devient absolument vitale. Or le GCOS épuisera ses fonds en 2027 et a besoin de financements urgents. Des mécanismes innovants de financement, tels que les obligations à impact systémique (SOFF), sont développés.
Par ailleurs, l’Organisation météorologique Mondiale tente de fournir des alertes précoces à toute la Planète. En 2019, lorsque le cyclone Idaï a touché le Mozambique, et en a dévasté des grandes zones. ce pays n’en disposait pas. Météofrance. qui avait détecté le cyclone , a alors contacté les radios locales et les a convaincu de diffuser des alertes. Cet expédient devrait être remplacé par un système d’alertes précoces bien organisé pour tous les pays.
Aujourd’hui, les données climatiques nous informent sur un monde en constante transformation. Dans ce contexte, renoncer à une surveillance rigoureuse, à des données indépendantes et à une capacité d’alerte fiable reviendrait à naviguer à l’aveugle dans une tempête. Et dans un monde qui change à une vitesse sans précédent, l’aveuglement est un risque existentiel.
https://unfccc.int/event/earth-information-day-2025-mandated-event
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bonjour Dorota,
Merci pour ce nouvel article. Vous touchez du doigt un point important, la surveillance.
A ce propos, je m’interroge car on trouve facilement les relevés de situation des banquise sur le plan horizontal mais je n’ai rien trouvé concernant l’évolution en hauteur.
Or l’Antarctique étant un continent, cette donnée me parait importante et je soupçonne que le solde annuel en hauteur risque d’être négatif. Est-ce que je me trompe ? Est-ce que l’on peut voir ces données quelque part ?