Plus chaud pour le reste de nos vies – Limiting Overshoot, PNUE

Un nouveau rapport du programme pour l’Environnement de l’ONU officialise le fait que le réchauffement climatique dépassera 1.5°C ces prochaines années. 

C’est un triste prognostic pour une Planète en dérive. J’y lis que climat changera avec des conséquences graves au cours de ces prochaines années. 

Si nous éliminons les émissions de carbone et captons l’excès, alors la température de la Terre pourra revenir à +1.5°C vers la fin du 21ième  siècle (schéma). La Terre pourrait revivre les températures de 2024 ou 2026 dans plusieurs dizaines d’années.   Entretemps, probablement pour le reste de nos vies, il fera plus chaud, avec des extrêmes plus violents. 

Ils notent cependant qu’à la fin de stabilisation du climat les températures de l’hémisphère Nord seront plus basses et celles de l’océan austral plus élevées.  Certains écosystèmes auront changé et les glaciers auront irrémédiablement fondu.

Si nous dépassons 2°C en moyenne décennale, le rapport stipule que le retrait du carbone ne nous permettra pas de revenir en arrière.  Ce serait de toute façon plus difficile, parce après un tel pic thermique, la Terre pourrait perdre les glaces ou les forêts qui stabilisent notre climat. 

Le PNUE remarque que l’adaptation actuelle ne convient pas. Elle doit devenir rapide, réaliste et flexible, et aussi transformative, par exemple, les îles habitées proches du niveau de la mer devront être évacuées. C’est un immense problème, car les vallées du Népal sont menacées, et ailleurs la chaleur deviendra dangereuse pour des milliards de personnes.

Ils suggèrent de ne pas reconstruire mais d’appliquer une nouvelle géographie d’une Planète plus chaude.   Les endroits qui ont subi des inondations ou des glissements de terrain , sont souvent exposés à des catastrophes semblables ou plus graves.

Les événements extrêmes s’accroîtront rapidement. Les conséquences du climat augmentent de façon non-linéaire avec la température. Chaque dixième de degré compte. La durée du pic de réchauffement augmente aussi les risques (de mort d’écosystèmes et les conséquences sur les communautés). Les risques multi-sectoriels doublent entre 1.5°C et 2°C, et doubleraient encore entre 2°C et 3°C. 

La montée du niveau de la mer pourrait être de plusieurs mètres en deux cent ans, même si d’autres chiffres indiquent  plutôt des dizaines de centimètres. Les océans monteront pendant des centaines d’années. Les endroits dangereux des côtes devraient donc être abandonnés. L’eau de mer s’infiltre dans les fondations des immeubles, dans les aquifères d’eau potable et dans les champs.

De nombreux écosystèmes sont menacés.  La moitié des zones protégées du monde subiront un changement conséquent du climat avant 2050. Les coraux ont peu de chances de survivre à ce siècle. Si nous ne dépassons pas 2°C. Ils pourraient récupérer lors du refroidissement de la Planète. Des couches plus profondes des océans changent durablement, elles se réchauffent et perdent de l’oxygène, et les conséquences dureront des centaines d’années, car l’eau s’y renouvelle lentement. La végétation, la Nature et la biodiversité captent le CO2 et stabilisent le climat, les zones protégées deviennent donc des infrastructures critiques de maintien du climat planétaire. 

Le rapport détaille les problèmes que la Terre rencontrera lors d’un refroidissement progressif, dans un changement constant du climat. Il conseille aussi d’agir de façon juste pour les populations, et de transformer nos sociétés pour les rendre durables.

Les risques de passage des points de bascule et d’un emballement des températures, et celui d’atteindre rapidement 2°C sont éludés. Ils ne commentent pas l’état de la Planète si nous dépassons cette température, qui pourrait inclure des nuées de tornades, des villes inondées, et d’autres qui ne se réveilleront pas après les canicules. Par contre, ils conseillent absolument une réduction d’émissions de carbone rapide et un retrait de carbone.  Le secrétaire -général de l’ONU résume ces risques en disant que la lutte pour 1.5°C est une lutte pour la survie de l’Humanité (vidéo). Nous devons donc maîtriser le climat et retrouver cette température.

Pour limiter les risques, l’énergie devrait être à 60-70% renouvelable en 2030, dans 4 ans.  La construction d’infrastructures liées au carbone, des centrales ou des usines polluantes pourrait nous faire dépasser le budget carbone, et le PNUE suggère de la réduire. 

Même dans ce cas, le meilleur des cas, nous verrons un climat plus chaud pour le reste de nos vies,  il sera aussi, changeant, instable, et la situation est grave. 

Les Etats doivent mettre en place des mesures d’adaptation rapidement. Une surveillance des océans, des glaces,  et de l’atmosphère, p.ex des seuils de chaleur humide est aussi nécessaire. Si nous nous approchons des limites de la survie humaine, des protocoles de décision et d’action préparés à l’avance doivent être déclenchés.

Ces rapports de l’ONU sont généralement la base des plans des gouvernements nationaux, le fondement des lois de nos sociétés. Des modifications des lois en seront inspirées.

J’ai quelques commentaires positifs et négatifs sur leur rapport. Dans le négatif, la situation est déjà pire et s’aggrave rapidement. Un climatologue définissait cette situation récemment en intitulant justement un éditorial « chute libre climatique ». Cette année, ce mois-ci, la surface des océans est plus chaude que jamais, ce qui promet un hiver record, où des nombreux pays subiront des canicules ou des inondations sans précédent, inattendues et mal préparées.

Le monde a changé de façon irrémédiable. Au cours des dix prochaines années, nous serons tous en danger. Y aura-t-il assez d’ambulances si quelqu’un de notre famille a un coup de chaleur? Serons-nous exposés à un ouragan ou à la montée du niveau de mer? Pourrons-nous éviter les glissements de terrain et les inondations sur les routes?

Par contre je suis convaincue que nous pouvons développer les solutions à un niveau incomparable au présent. D’une part les usines les plus polluantes pourraient être arrêtées demain, d’autre part des nouvelles solutions de capture de carbone pourraient amplifier celle-ci. Nous en avons besoin dans quelques années. Nous pourrions aussi populariser les aliments végétaux en les offrant à bas prix.

La COP31 cet automne à Antalya sera consacrée à l’économie circulaire, qui pourrait protéger notre climat et éviter la pollution. Cette évolution apparaît de plus en plus une évidence aux économistes et sera vraiment bienvenue pour notre environnement.

Rapport du PNUE: https://www.unep.org/resources/limiting-overshoot-navigating-exceedance


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