Aujourd’hui la réunion comportait un buffet à midi. Nous nous sommes donc servi les quantités désirées et n’avons pas laissé de restes sur les assiettes. Nous n’avons mangé qu’un tiers des plats. Des petites boîtes en cartons attendaient et nous ont permis d’emporter une partie du surplus… mais les croissants? Vous êtes surs, vous ne voulez pas un ou deux croissants? Peut-être en croissant perdu ou en pudding de croissant? J’ai trouvé une recette de croissant perdu goût tiramisu, qui me semble appétissante. Nous avons porté avec précaution les petites barquettes de restes jusqu’à chez nous, mais certaines ont coulé et ont endommagé des objets de valeur.
Samedi passé, le buffet débordait de charcuteries et de lardons. Une quantité de nourriture dix fois trop grande couvrait des grandes tables, étalée à température ambiante pendant des heures. Je ne sais pas quelle solution a été adoptée pour lui trouver une utilité.
Récemment, j’ai été plusieurs fois confrontée au dilemme de trop manger, au dépens de ma santé , ou de jeter de la nourriture.
Parfois, aussi, nous en avons préparé, transporté, déballé, présenté, et quelques heures plus tard: remballé, ramené et redistribué des grandes quantité inutilement.
Sur le lieu de travail, après mon petit déjeuner équilibré, j’étais confrontée à des croissants ou d’autres fantaisies alimentaires offertes pendant la réunion, entre les repas. Certains travaillent à reformer le système alimentaire: une solution serait de diminuer radicalement la production nationale des croissants – au beurre – qui sont essentiellement offerts quand nous ne voulons pas manger.
Cela se passe alors que l’ONU communique que nous allons dépasser +1.5°C de réchauffement, que les températures augmenteront vite, et que les climatologues français annoncent 50°C à Paris en 2050. Un plan de réduction d’émissions ambitieux a été présenté cette semaine (UNEP) Plusieurs indications et déclarations de scientifiques suggèrent ce plan est insuffisant. La société des physiciens allemands considère que nous pourrions atteindre +3°C en 2050, et un climatologue éminent publiait cet été un éditorial intitulé « chute libre climatique » qui suggère une augmentation vertigineuse des catastrophes dans les prochaines décennies (Nature ). Les experts européens craignent un milliard de morts en 2050. Dans un Futur proche, l’événement El Nino de cette année pourrait causer des pénuries alimentaires dans le monde entier et des famines dans les pays les plus touchés.
Je crois que la meilleure solution, pour le climat, pour la nutrition, et pour éviter les résistances aux antibiotiques, serait de réduire beaucoup les produits animaux dans l’alimentation, et de remplacer la culture de leur fourrage par des nouvelles forêts qui capteront le carbone.
Un des groupes amis calculait récemment combien de morts humaines provoque le fait de manger un steak de trop, nous pourrions aussi estimer de combien il augmente de risque de notre mort précoce en Europe en 2050. Je n’ai pas le chiffre précis mais il est clair qu’il faut modérer la consommation de viande autant que possible.
Alors, je vous en prie, n’étalez pas sur les tables de plateaux de charcuterie inutile. Evitons d’abord le gaspillage alimentaire et l’excès non désiré. Pouvez-vous m’aider à élaborer des stratégies raisonnables et gentilles pour cela? J’énumère plus bas quelques idées, améliorez-les:
Buffets et repas de groupes
- Si vous soupçonnez un buffet débordant, n’amenez rien ou seulement des boîtes vides. Expliquez que vous emportez les restes pour éviter le gaspillage, et qu’il en découle que la quantité peut être réduite pour le prochain événement.
- ou apportez des aliments qui peuvent être utilisés plusieurs jours plus tard, tels que des fruits, des noix, des biscuits secs, des aliments à longue durée de conservation
- Pour les repas apportés par les invités, prévoyez une liste qui montre les quantités déjà annoncées
- Prévoyez des petites quantités
- Choisissez des aliments végétaux
- des produits locaux de saison, les tomates ou des pommes au moment de l’abondance
- Nous pourrions cesser d’offrir de la nourriture sur le lieu de travail, entre les repas
- ou toujours prévenir à l’avance qu’un repas sera offert pour que les invités puissent en garder le compte
- Planifiez le menu en fonction des besoins nutritionnels
Recettes anti-gaspi de la FAO: https://www.fao.org/newsroom/story/Are-you-up-to-the-millet-dish-challenge-/fr et du PNUE https://www.unep.org/en/recipe-change-campaign

Restes
- Prendre contact avec les organismes caritatifs qui collectent et redistribuent la nourriture. Je connais l’application TooGoodToGo (https://www.toogoodtogo.com/fr) où les commerces mettent les excès en vente au rabais,
- des organismes caritatifs acceptent parfois les aliments des particuliers, mais il serait bon de connaître leurs modalités à l’avance, savoir où, quand et à quelles conditions leur amener les aliments.
- Une nouvelle association pourrait peut-être collecter les restes non touchés chez les particuliers dans des quartiers d’immeuble, après les avoir bien prévenus, en réponse à des SMS, avec une carte d’identification officielle, pour que les habitants leur ouvrent les portes avec confiance.
- Une salle communale pourrait accueillir les restes et des personnes intéressées le dimanche soir
- Utilisez des recettes pour accommoder les restes et rappelez-vous qu’il y en a souvent

Trajets
Il semble aussi qu’une part notable des émissions de carbone de l’alimentation provienne des courses en voiture. Je n’ai jamais eu de voiture mais c’était plus compliqué dans la campagne française.
- Nous pouvons limiter les trajets en voiture au supermarché,
- il est probablement préférable de faire livrer des commandes, à supposer que la camionnette du supermarché soit remplie et desserve plusieurs clients proches lors du même trajet. Pensez parfois aux livreurs à vélo.
- Peut-être pouvez-vous transporter les courses pour plusieurs personnes d’un village, ou les amener au supermarché une fois par semaine
- Allez à pied ou à vélo au marché local
- Achetez le produit qui manque à l’épicerie du village en y allant à pied ou renoncez à ce condiment
- J’ai aussi pensé à glaner dans les champs mais il restait tellement de carottes que je doutais que champ ait déjà été récolté. Je ne sais pas non plus quels produits chimiques ont été répandus récemment. Là aussi il faudrait une association, contacter systématiquement les agriculteurs, pour qu’ils ouvrent leurs champs à une date précise, et leur fournir des pancartes à afficher.
Je crois que la réduction du gaspillage alimentaire rejoint les objectifs de développement durable de l’ONU. protège le climat, réduit nos dépenses et permet à certains de se nourrir. Nous pouvons tous y gagner.

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