Le GIEC s’est réuni à Addis-Abeba en octobre pour discuter des modalités du prochain rapport. Malheureusement, ils n’ont pas atteint d’accord sur ce sujet. La date de publication du 7e rapport du GIEC, espéré en 2028, n’a pas été fixée.
Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai d’abord ressenti de la stupéfaction. Ensuite, en voyant les photos de leur réunion conflictuelle, je l’ai commentée sur Facebook avec la chanson de REM « It’s the end of the World as we know it« , c’est la fin du monde tel que nous le connaissons, c’est la fin de notre monde, c’est la fin de notre monde sur Terre… Ensuite l’élection de Lula au Brésil m’a semblé donner un répit à notre planète en danger, dont la forêt amazonienne est l’un des organes vitaux.
Le délai est extrêmement grave parce que le rapport du GIEC nous donne des indications sur notre climat futur et sur les solutions à adopter. Maintenant que nous voyons le changement climatique se dérouler sous nos yeux, les scientifiques récoltent de nombreuses informations scientifiques sur la formation des vagues de chaleur ou des nuages qui améliorent les prévisions futures. Il faudrait bien plus de chercheurs pour l’étudier, cela doit devenir une priorité de sécurité nationale, par contre avec les nouvelles informations le prochain rapport pourrait être bien meilleur que le précédent.
Un des points de désaccord est le financement pour le fonctionnement et les réunions du GIEC, qui diminue depuis 2023. La réduction des financements a aussi frappé l’Organisation Météorologique Mondiale et l’ONU. Il s’agit d’organismes essentiels au fonctionnement de notre société, leur financement devrait sans doute être solidement inscrit dans les lois ou les constitutions nationales, même si jusqu’à récemment le bon sens a suffi à l’assurer.
D’un côté le GIEC pourrait peut-être réduire les voyages en avion, très polluants, et se montrer exemplaire sur ce point. Mais le travail de ce groupe est important. Les climatologues ont donc publié une lettre ouverte (lettre) où ils expliquent notamment qu’ils sont poussés par l’urgence de la crise climatique, qu’ils voient tous les jours, et qui exige une action urgente de réduction des émissions, d’adaptation et de réponse aux pertes et dommages que subissent d’abord les personnes et communautés les plus vulnérables. Ils rappellent qu’ils accomplissent leurs tâches bénévolement, et qu’ils incluent des chercheurs de tous les pays.
En effet, certains pays ont critiqué un impérialisme des pays développés. J’ai moi-même entendu cette remarque lors d’une conférence internationale où j’attirais l’attention sur les risques de catastrophes climatiques et j’ai de sérieux doutes quant à sa sincérité. J’imagine plutôt mon interlocuteur rentrer chez lui en sachant que l’opposition à son gouvernement ou à des mafias est un risque pour sa vie et celle de sa famille.

À la conférence du GIEC, les Etats-Unis de Trump, la Russie et l’Arabie Saoudite se sont opposés à la rédaction du rapport en 2028. Cela montre peut-être les limites du fonctionnement du GIEC, dont le rapport est décidé par consensus.
Allez-vous construire votre maison au bord de la mer parce que le représentant d’Arabie Saoudite refuse la déclaration que le pétrole provoque la montée du niveau de la mer ? C’est ce qui s’est passé au cours des vingt dernières années, le rapport du GIEC est déjà entaché de ce problème. Il suffirait d’un membre corrompu. De plus, aucun scientifique n’est vraiment indépendant de son gouvernement, son poste de travail est conditionné par le fonctionnement de son pays, et de nombreux climatologues américains ont été renvoyés par Trump.
Par ailleurs, la recherche mondiale a toujours été dirigée vers certains domaines en délaissant les risques mondiaux. La conférence de Paris a fixé un seuil de réchauffement entre +1.5°C et +2°C au-dessus duquel notre climat pourrait devenir beaucoup plus instable. Le PNUE avertit officiellement en septembre que nous atteignons ce niveau où les boucles de rétroaction pourraient aggraver l’état de notre climat. Celles-ci sont des risques existentiels pour l’Humanité. Elles auraient dû être abondamment étudiées, et mener à la recherche sur les solutions. Or, certaines ont été laissées de côté (PNAS), notamment la fonte du permafrost boréal qui accélère déjà le réchauffement climatique. Celui-ci dégèle plus vite maintenant, et se délite en grands glissements de terrain. Il faut vraiment lancer la recherche sur ces domaines essentiels, y compris les rétroactions des nuages.
Les rapports du GIEC n’ont pas communiqué suffisamment ces risques, faute de consensus à leur sujet. Dans son fonctionnement actuel, il ne me semble pas adéquat pour l’adaptation au changement climatique. Pour cela, nous avons besoin des valeurs maximales des vagues de chaleur des inondations. Il faudrait peut-être un autre rapport, un rapport du GIEC sur les risques climatiques.
J’imagine un rapport incluant plusieurs possibilités (valeurs imaginaires):
| – Une vague de chaleur atteindra 65°C en Europe au XXIe siècle | vote d’un expert : I |
| – une vague de chaleur atteindra 60°C en Europe | vote de vingt experts: IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII |
| – une vague de chaleur atteindra 55°C en Europe | IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII |
Une telle formulation permettrait peut-être de trouver des financements pour stabiliser le climat. Il serait plus clair qu’il s’agit de notre survie. De plus, l’adaptation aux catastrophes, telle que la définition des zones pour la construction des bâtiments, tient en général compte de l’événement le plus grave qui frappe la région au cours d’une ou de plusieurs centaines d’années. Les plans d’évacuation d’urgence sont souvent établis, par sécurité, pour l’événement le plus grave possible. Nous avons besoin de ces valeurs les plus extrêmes pour l’adaptation et pour des calculs réalistes des risques climatiques. Où, peut-être est-il déjà tard pour cela, peut-être ce format aurait-il été meilleur par le passé, pour nous avertir clairement des risques auxquels nous ferons face bientôt. Il vaut mieux quand même bien les connaître, les solutions apparaitront peut-être ensuite.
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