Depuis 2014, la température moyenne à la surface du globe est tout à fait en ligne avec les prévisions du GIEC. La fin d’année 2015 pourrait même être au-dessus des quatre scénarios principaux : c’est ce que laisse penser la traduction des cartes d’anomalies des modèles de la NOAA et de la Nasa.
L’ONU s’est fixée comme objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. En moyenne sur l’année 2014, la température relevée par la Nasa était déjà de 1°C supérieure à la période 1880-1900. Habituellement, la Nasa délivre ses chiffres d’anomalies par rapport à la moyenne 1951-1980 mais afin de comparer les observations aux modèles, il est préférable de prendre comme base 1880-1900, puisque les chiffres de la Nasa remontent jusqu’à 1880. Cela permet de voir on nous sommes par rapport à l’objectif de 2°C et aux prévisions basées sur les différents scénarios de gaz à effet de serre (RCP 2.6 à RCP 8.5).
Après le record de chaleur de 2014, les températures ont encore grimpé en 2015 à cause du phénomène El Niño : sur janvier-juin, l’anomalie a été de +1,13°C (par rapport aux archives sur la première partie de l’année). Si l’on tente d’interpréter les prévisions des cartes colorées de la Nasa et de la NOAA pour obtenir une obtenir une prévision pour la fin de l’année 2015 (comme je l’ai fait ici), on arrive même à un chiffre de +1,25°C par rapport à 1880-1900, voir au-delà… Mais cette prévision est hautement spéculative, elle ne repose que sur une tentative de traduire des anomalies vues sur les cartes colorées des modules à moyen terme NCEP CFSv2 et GMAO. La Nasa et la NOAA ne sont nullement responsables de ces prévisions chiffrées – il ne s’agit que d’une modeste tentative de l’auteur de ce blog – et il faut évidemment les prendre davantage comme une indication de tendance. Ce sont des cartes de ce type que j’ai tenté de traduire :

Avant de parler des prévisions pour 2015, il faut rappeler que le réchauffement a été moins marqué entre 1999 et 2012. Même s’il y a eu des records de chaleur, le rythme de la hausse a été moins élevé que dans les années 1990. Un exemple : 2008, la plus froide des 10 dernières années, s’est soldée par +0,76°C par rapport à 1880-1900. Ce niveau reste dans la fourchette (basse) de probabilité des scénarios du GIEC mais force est de constater qu’il est inférieur à la prévision centrale du CMIP5, le modèle climatique de prévision à long terme le plus récent et donc normalement le plus fiable. Depuis le début des années 2000, des critiques ont sans surprise émergé quand à la capacité des modèles à prédire l’augmentation des températures. En fait, il est très probable que ce ralentissement soit dû aux conditions plutôt froides qui ont prévalu à la surface du Pacifique. Certains ont pensé que cet argument n’était qu’une excuse pour expliquer la stagnation des températures. Le phénomène El Niño actuel montre que cette pause climatique était bien due à la variabilité naturelle et qu’elle ne remet pas en cause les connaissances concernant l’impact des gaz à effet de serre. On peut le voir si on compare le niveau atteint en 2014 et en 2015 : on est en parfait accord avec les modèles.

Voici un petit zoom sur le graphique :
Pour la première fois, mais c’est passé relativement inaperçu, la température a été supérieure de 1°C par rapport à la période préindustrielle et la tendance devrait au moins se confirmer fin 2015. Lors du record de chaleur de 2014, on était à +0,97°C. En 1998, avec le phénomène El Niño le plus important jamais enregistré, l’anomalie de +0,86°C avait provoqué une prise de conscience. Cela représentait un véritable bond à l’époque.
Pour ce qui est des prévisions que j’ai tiré des cartes d’anomalies futures de la NOAA et de la NASA, on peut voir ce que cela donnerait par rapport à la moyenne 1880-1900 sur le graphique ci-dessous. Avec +1,6°C, même si cela ne serait que sur un mois, on se rapproche des fameux 2°C. Mais une fois de plus, ce n’est qu’une extrapolation !



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