La température moyenne à la surface de la Terre a atteint en 2015 le plus haut niveau observé depuis le début des mesures en 1880, selon deux analyses indépendantes de la NOAA et de la NASA annoncées conjointement.

Le record était attendu depuis plusieurs mois déjà, cette fois il est confirmé : l’année 2015 a bien été la plus chaude des 136 dernières années. Avant la publication des chiffres de décembre, il n’y avait déjà statistiquement presque aucune chance pour que le record ne soit pas battu. Il s’avère finalement que les anomalies dévoilées par la NASA et la NOAA pour le dernier mois de l’année font plus que confirmer la tendance. Le mois de décembre est marqué par une anomalie extrême de +1,11°C par rapport à la moyenne du 20è siècle, selon la NOAA. La NASA annonce de son côté +1,12°C en décembre par rapport à la période 1951-1980. Le précédent record pour un mois de décembre datait de 2014 avec +0,78°C, selon la NASA.

Anomalies de température en 2015. Source : Scientific Visualization Studio/Goddard Space Flight Center.
Anomalies de température en 2015. Source : Scientific Visualization Studio/Goddard Space Flight Center.

Les anomalies ont été importantes tout au long de l’année mais ont surtout augmenté de manière spectaculaire fin 2015 avec un trio octobre-novembre-décembre exceptionnellement chaud tiré par un phénomène El Niño particulièrement intense. Celui-ci peut déjà être considéré comme l’un des trois plus importants jamais observés avec ceux de 1982-83 et 1997-98. D’après Gavin Schmidt, le chef du GISS, responsable des chiffres de la NASA, l’année 2015 est remarquable, même dans un contexte marqué par El Niño.

Evolution de la température mensuelle moyenne à la surface du globe depuis 1980. Les mois marqués par El Niño sont en rouge, les mois neutres en gris, les mois La Niña en bleu. Source : NOAA.
Evolution de la température mensuelle moyenne à la surface du globe depuis 1980. Les mois marqués par El Niño sont en rouge, les mois neutres en gris, les mois La Niña en bleu. Source : NOAA.

Au final, la NASA annonce pour 2015 une anomalie de +0,87°C en moyenne annuelle, la NOAA +0,90°C. Dans les deux cas, le record de chaleur, qui avait été établi en 2014, est battu de manière assez nette. On est au-delà de la marge d’erreur communément admise de 0,1°C. D’après la NASA, il y a statistiquement 94% de chances pour que 2015 soit effectivement la plus chaude.

En son temps, l’année 1998 avait marqué les esprits avec un véritable bond de la température annuelle globale, le précédent record de 1997 étant battu de 0,12°C, selon les chiffres de la NOAA. Cette dernière observe que 2015 a été marquée par une progression encore plus importante  : le record de 2014 est cette fois battu de +0,16°C.

Par rapport à 1880-1899, l’élévation des températures a atteint +1,08°C sur 2015, selon la NASA. Et 15 des 16 années années les plus chaudes ont été observées depuis 2001. On se rendra mieux compte de la température exceptionnelle du mois de décembre 2015 si on compare le mois par rapport à 1880-1899, que l’on peut considérer comme l’ère préindustrielle : l’anomalie atteint +1,32°C, ce qui nous approche déjà de l’objectif de limiter le réchauffement à +1,5°C (présenté comme le plus ambitieux lors de la COP 21, avec un objectif principal de 2°C).

Température globale au mois de décembre : top 10 par rapport à 1880-1899. Source : NASA GISS.
Température globale au mois de décembre : top 10 par rapport à 1880-1899. Source : NASA GISS.

Il faut noter que la NASA et la NOAA ne calculent pas la température de la même manière. Les deux agences utilisent un nombre de stations au sol similaire mais la NASA couvre davantage de territoire grâce à une méthode dite d’interpolation qui permet de calculer la température dans des endroits reculés comme les régions polaires. L’une des principales difficultés, pour la NASA, est d’évaluer les températures au-dessus de la glace de mer. Pour cela, l’institut américain se sert des stations au sol les plus proches. Même s’il y a des différences, les deux agences obtiennent des résultats similaires.

Anomalies de température globale d'après la NOAA, la NASA e le Met Office. Source : NASA.
Anomalies de température globale d’après la NOAA, la NASA e le Met Office. Source : NASA.

Leurs chiffres sont également confirmés par les autres agences qui mesurent la température globale à partir des stations au sol : la JMA et Berkeley Earth ont également annoncé un record de chaleur en 2015. Quand au Met Office britannique, il devrait faire de même quand les résultats de décembre auront été dévoilés.

Le record de 2015 pourrait être battu dès 2016, d’après les prévisions du Met Office, qui table sur une hausse supplémentaire de +0,1°C.


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