Climat

2016 marque bien un record de chaleur sur Terre

La NASA vient de le confirmer : 2016 a été l’année la plus chaude depuis le début des relevés en 1880. Par rapport à la la moyenne 1951-1980, l’anomalie atteint +0,99°C : c’est la troisième année consécutive à battre un record de chaleur. Les autres grandes agences comme la NOAA, Berkeley Earth (Etats-Unis), le Met Office (Grande-Bretagne) et la JMA (Japon), qui utilisent aussi des stations au sol, annoncent toutes un record de chaleur pour 2016. Même bilan pour les satellites et les réanalyses.

D’après la NASA, 2016 est très probablement l’année la plus chaude en 137 ans d’archives. L’agence américaine estime qu’il y a 95% de chances pour que cela soit le cas. Avec +0,99°C, le record de 2015 (+0,87°C), est en effet battu de manière assez nette. L’année 2015 avait elle-même battu le record établi en… 2014 (+0,74°C) et  la NASA estimait déjà qu’il y avait une certitude de 94%… La tendance des trois dernières années apparaît donc comme assez robuste. Si l’on ajoute à ce bilan ceux des autres agences que sont la NOAA, le Met Office, la JMA, Berkeley Earth mais aussi les chiffres tirés des satellites (UAH, RSS) ou encore des réanalyses (NCEP-NCAR, ERA Interim), on peut dire avec confiance que 2016 est bien l’année la plus chaude de l’ère instrumentale.

Années les plus chaudes d'après la NASA. Ecart à la moyenne 1951-1980.

Années les plus chaudes d’après la NASA. Ecart à la moyenne 1951-1980.

Toujours chaud en décembre, mais on retiendra surtout un premier trimestre exceptionnel

La NASA obtient cette moyenne de +0,99°C après la publication des chiffres de décembre, marqué par une anomalie de +0,81°C, ce qui en fait le deuxième mois de décembre le plus chaud des annales. C’est surtout le début d’année qui a permis d’établir un record aussi élevé que celui de 2016, avec un trio janvier-février-mars à +1,27°C au-dessus de la moyenne 1951-1980. Voici le bilan de la NASA en 2016 :

Janvier 1,17
Février 1,35
Mars 1,3
Avril 1,09
Mai 0,93
Juin 0,76
Juillet 0,83
Août 0,98
Septembre 0,87
Octobre 0,89
Novembre 0,93
Décembre 0,81

Les premiers mois de 2016 ont été boostés par le phénomène El Niño, l’un des plus important jamais observés avec ceux de 1982/83 et 1997/98. La fin d’année a été marquée en revanche par des conditions La Niña à neutres qui ont tendance à refroidir la planète. Des anomalies extrêmement élevées ont donc été observées en début d’année sous les Tropiques mais aussi au niveau des pôles, l’Arctique et l’Antarctique ayant vu tour à tour des températures inhabituelles.

El Nino a réchauffé la planète mais n’explique pas tout

Le pic de cette année 2016 aura été le mois de février avec +1,35°C au niveau global et +2°C dans l’hémisphère nord. Au niveau de l’Equateur, on a observé en février des valeurs de +1,5°C en moyenne tout autour du globe. C’est à peu près ce qui avait été relevé en 1998. Au niveau global (terres+surface des mers), la température en février 2016 avait cependant surclassé février 1998 avec +1,35°C contre +0,90°C. On ne peut donc expliquer le record de 2016 par la seule variabilité naturelle. La NASA estime qu’El Niño a dopé en 2016 la moyenne mondiale de 0,12°C par rapport à une année normale.

Un autre élément a effectivement joué en 2016, le phénomène dit d’amplification arctique : la fonte de la banquise a accéléré le réchauffement des hautes latitudes. En février 2016, les anomalies avaient franchi les +5°C au-dessus de 75° de latitude nord. En mars, même topo, avec +4°C dans les régions arctiques. Dans la seconde moitié de 2016, c’est l’Antarctique qui a commencé à afficher des anomalies positives alors que ces dernières années avaient été plutôt fraiches dans cette région du globe.

Carte d'anomalies pour l'année 2016 (écart à la moyenne 1951-1980). Source : NASA GISS.

Carte d’anomalies pour l’année 2016 (écart à la moyenne 1951-1980). Source : NASA GISS.

Les chiffres publiés par la NASA sont relatifs à la période 1951-1980 mais on peut aussi calculer les anomalies par rapport aux données les plus lointaines, à savoir la période 1880-1899, que l’on peut considérer comme représentative de l’ère préindustrielle, où au moins comme une période où les émissions de gaz à effet de serre anthropiques n’avaient pas encore profondément modifié le climat. Cela permet de comparer la situation actuelle aux objectifs que sont fixés les Etats pour contenir le réchauffement climatique en-dessous du niveau considéré comme dangereux. Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible.

+1,22°C en 2016 par rapport à l’ère préindustrielle

Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de 1,22°C sur l’année 2016. Lors du maximum atteint en février, l’anomalie a atteint +1,64°C au-dessus de la période préindustrielle, donc au-delà de l’objectif le plus ambitieux de la COP 21… Censé porter sur l’horizon 2100.

Anomalies de température par rapport à la période 1880-1899. D'après les chiffres de la NASA.

Anomalies de température par rapport à la période 1880-1899. D’après les chiffres de la NASA.

Les autres agences annoncent toutes une année 2016 record.

Voici un bilan des autres indices de mesure de la température globale. Stations au sol, satellites, réanalyses : toutes les méthodes d’évaluation montrent que 2016 a bien été l’année la plus chaude de l’ère instrumentale :

NOAA (stations au sol+surface de la mer) : +0,94°C en 2016 au-dessus de la moyenne du XXe siècle (ancien record : 2015 avec +0,90°C)

Met Office (stations au sol+surface de la mer) : +0,789°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1961-1990 (ancien record : 2015 avec +0,76°C)

JMA (stations au sol+surface de la mer) : +0,46°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1981-2010 (ancien record : 2015 avec +0,42°C)

UAH (satellites) : +0,50°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1981-2010 (ancien record : 1998 avec +0,48°C)

RSS TTT (satellites) : +0,78°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1979-1998 (ancien record : 1998 avec +0,61°C)

NCEP-NCAR (réanalyse) : +0,67°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1981-2010 (ancien record : 2015 avec +46°C)

ERA-Interim (réanalyse) : +0,62°C en 2016 au-dessus de la moyenne 1981-2010 (ancien record : 2015 avec 0,44°C)

 

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