Climat

Des réactions en chaîne qui menacent la calotte du Groenland

Des scientifiques ont découvert comment des lacs d’eau de fonte se vidaient au Groenland selon un processus de réaction en chaîne. Les lacs qui s’écoulent vers le socle rocheux produisent des fractures qui peuvent drainer d’autres lacs aux alentours, avec un risque accru de lubrification de la base des glaciers. Un phénomène susceptible d’accélérer le glissement des glaciers vers l’océan.

Un lac supraglaciaire est une étendue d’eau à la surface d’un glacier. Chaque été, des milliers de lacs de ce type se forment sur l’inlandsis du Groenland. Ils peuvent se vider rapidement quand des crevasses se forment. La crainte est qu’ils ne favorisent une perte de la résistance basale des glaciers et une accélération de leur mouvement vers la mer. La calotte du Groenland est loin d’être immobile. En été, le réchauffement fait fondre la glace en surface, ce qui provoque l’apparition de lacs. Ces derniers transportent ensuite l’eau fondue vers le sol rocheux. Ce phénomène tend à lubrifier la base de la calotte de glace et à faciliter son déplacement.

Jusqu’à présent, on pensait que les lacs qui se forment à haute altitude sur la calotte glaciaire du Groenland n’avaient qu’un potentiel limité pour influencer le flux de la calotte glaciaire. D’après le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les eaux de fonte superficielles, bien qu’abondantes, n’affectent pas le débit de la calotte glaciaire.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Communications montre cependant que les événements de drainage au Groenland pourraient ne pas être des incidents isolés. Des scientifiques de l’Université de Cambridge affirment que ces lacs forment un vaste réseau et deviennent de plus en plus interconnectés avec le réchauffement.

Fonte à la surface du Groenland. Crédit: Michael Studinger, NASA GSFC, 2008.

Quand un lac s’écoule vers la base de la calotte de glace, l’eau peut se répandre très rapidement. L’écoulement provoque une perte de friction à la base du glacier et génère des forces qui atteignent la surface de la calotte. C’est le point clé. La déstabilisation de la glace ouvre de nouvelles fractures et ces crevasses agissent comme des conduits pour le drainage d’autres étendues d’eau. La réaction en chaîne peut drainer de nombreux lacs, jusqu’à 80 kilomètres de distance.

Les lacs situés dans des bassins stables le long de ce sentier s’écoulent lorsque la perte de friction le long du lit transfère temporairement des forces à la surface de la calotte glaciaire, provoquant l’ouverture de fractures sous d’autres lacs, qui se vident à leur tour.

Modèle conceptuel pour le drainage par réaction en chaîne des lacs supraglaciaires. Source : Poul Christoffersen (Nature Communications, 2018).

Les lacs supraglaciaires commencent généralement à se former à la fin du mois de mai. La tendance est à l’extension et à la multiplication de ces étendues d’eau depuis 2000. Les lacs se forment jusqu’à l’intérieur des terres, à des altitudes atteignant 2000 m au-dessus du niveau de la mer et à 130 km de l’océan. Toute la question est de savoir si ces lacs risquent d’augmenter l’écoulement de l’eau de fonte vers la mer.

Les auteurs de l’étude ont utilisé un modèle 3D d’écoulement de la glace pour mieux comprendre les images satellites de l’inlandsis du sud-ouest du Groenland et étudier le risque de réaction en chaîne. Les scientifiques ont constaté que ces événements en cascade peuvent temporairement accélérer le débit de glace de 400%, ce qui rend la calotte moins stable et augmente la vitesse d’élévation du niveau de la mer.

À mesure que l’eau s’écoule, elle déstabilise les régions voisines. De nouvelles fissures se forment, de nouveaux lacs se vident et la réaction s’intensifie. Dans l’un des cas observés, les chercheurs ont constaté que 124 lacs avaient été drainés en seulement cinq jours. Même les lacs qui se sont formés à l’intérieur des terres, que l’on croyait trop éloignés, se sont révélés vulnérables lorsque de nouvelles fissures se sont formées.

Ce réseau croissant de lacs de fonte menace à long terme de la calotte glaciaire du Groenland. Cette dernière était relativement stable il y a 25 ans mais elle perd aujourd’hui un milliard de tonnes de glace chaque jour. Cela cause un millimètre d’élévation globale du niveau de la mer par an, un taux qui est beaucoup plus rapide que ce qui avait été prévu il y a seulement quelques années.

Depuis une quinzaine d’années, le Groenland perd environ 200 Gt / an. Un répit a été avec observé en 2017 petite augmentation de 44 Gt. De récentes études ont montré que le Groenland était plus vulnérable qu’on ne le pensait.  Depuis le début des mesures GRACE en 2002, la perte la plus importante a été constatée en 2012-2013 avec 562 Gt. Le Groenland contribue davantage que l’Antarctique à l’élévation du niveau de la mer. Selon le dernier rapport du GIEC, la contribution du Groenland sera ainsi passée de 0,09 mm par an entre 1992 et 2001 à 0,59 mm par an entre 2002 et 2011. Celle de l’Antarctique sera passée de 0,08 mm à 0,40 mm sur les mêmes période.

Graphique montrant le bilan masse total de l’inlandsis groenlandais.
La carte montre les derniers changements de masse dérivés des données des satellites GRACE. Source : Polar Portal.

La calotte de glace occupe 85% du Groenland, une île grande comme 3 fois la France. L’épaisseur moyenne de la calotte est de 2,3 km. Une fonte totale se traduirait par une élévation du niveau de la mer de 7 mètres.

D’après une étude du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK) publiée en mars 2012 dans la revue Nature Climate Change, le seuil pour une fonte complète du Groenland serait d’environ 1,6°C par rapport au niveau préindustriel. Une fonte totale prendrait cependant beaucoup de temps. Il faudrait pour cela au minimum 2000 ans, d’après le PIK, pour qu’une fonte totale intervienne dans un scénario de poursuite des émissions de gaz à effet de serre.

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67 réponses »

  1. Bonjour Johan,

    Ce systeme de fracturation et d’érosion me fait penser également à un processus que j’ai connu dans ma région natale, celle des falaises avec ses dolines et aven. Mais dans ce cas, ce sont les précipitations acides qui ont tendance à l’accélerer.

    Sur le sujet du niveau des océans, j’ai lu récemment que le glacier Totten reposait danvantage sur l’eau qu’envisagé. Il pourrait également participer à une élévation de même grandeur.

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  2. GHTUZ : Un glacier flottant sur l’eau participera beaucoup moins ( voir pas du tout ) à une éventuelle hausse du niveau des océans qu’un glacier posant sur la terre.

    Pour l’étude ci dessus rien de nouveau. C’est un processus logique en cas de fonte des glaciers .

    Etude habituelle sur les conséquences du réchauffement avec un catastrophisme somme toute habituel aussi.
    Mais comme les températures baissent ,que la glace du pole nord et surtout du pole sud se portent bien , je ne suis pas inquiet de ce coté la.

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  3. Ninja pour la santé mental de tous , il faudrait peut être arrêter avec tes copier coller qui sont pire que les miens ( ce qui semblait impossible à beaucoup).
    Quelqu’un pourrait il m’indiquer un site expliquant pourquoi l’extension glacière d’un pole semble être en phase avec une baisse de la glace de l’autre pole ( en admettant que ce soit vrai) ( désolé pour la formulation pas très claire). J’avais lu un truc à ce propos et j’aimerai me repencher sur la question.
    D’avance merci.

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    • Bonsoir,

      J’avais cru comprendre que, par le passé, pour l’extension de la banquise, l’Arctique alternait avec l’Antarctique. Mais il semblerait que cette alternance séculaire ait été rompue depuis quelques années. J’en ignore les causes mais j’imagine que les réponses argumentées suivront mon commentaire;

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      • Dans le long terme, j’ai davantage lu que l’insolation d’un hémisphère puis de l’autre qui était la principale raison de cette alternance; le réchauffement de l’océan provoquant une réponse accrue en relarguant du CO₂. Cela a été rappelé même par un lien fournit par Ninja.
        Sur le très court terme, je suis tenté de dire que ce sont les oscillations des courants qui gouvernent et pourraient être responsables de telles observations. Mais la tendance reste très marquée dans un seul sens pour l’Arctique, et reste précaire pour l’Antarctique.

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        • Bonsoir,

          C’est un sujet intéressant qui a beaucoup intrigué les scientifiques car il est au coeur des fluctuations climatiques.
          Dans le lointain passé, il y a eu un découplage, comme le dit Ghtuz.
          Une étude a montré que l’Antarctique réagissait 200 ans après les changements climatiques au Groenland. (https://global-climat.com/2015/05/19/lantarctique-reagit-200-ans-apres-les-changements-climatiques-au-groenland/)
          Une déglaciation s’amorce avec le réchauffement de l’hémisphère nord car ce dernier est plus au soleil, non pas parce que celui-ci est plus fort, mais en raison de l’inclinaison et de la trajectoire de la Terre.
          L’Antarctique ne bénéficie pas alors du même ensoleillement. Ce que les archives glaciaires ont montré c’est que l’Antarctique se réchauffait 200 ans après. Pourtant, 200 ans après, l’hémisphère sud n’est pas plus exposé au soleil, qui ne peut donc servir d’explication.
          L’explication la plus crédible est celle d’un arrêt de la circulation thermohaline lié à l’afflux d’eau douce. Le nord exposé au soleil fond massivement. Quand la circulation océanique s’interrompt, l’hémisphère nord se refroidit car il ne reçoit plus les eaux chaudes venues des régions tropicales. Et le sud se réchauffe car il garde davantage de chaleur. Puis, quand la circulation reprend, l’hémisphère nord se réchauffe brutalement. Dans le même temps, l’océan austral a cessé d’absorber du CO2, qui s’accumule dans l’atmosphère. Toute la Terre sort alors définitivement de la glaciation.
          Aujourd’hui, la situation est différente. Les paramètres astronomiques n’ont guère changé ces dernières années et la circulation océanique ne s’est pas interrompue.
          On observe un réchauffement très important de l’hémisphère nord en raison du CO2 et de la réduction de l’albédo lié à la fonte de la glace de mer arctique.
          Au sud, un événement majeur s’est produit, la destruction partielle de la couche d’ozone, qui a sans doute renforcé les vents autour de l’Antarctique et favorisé l’extension de la glace de mer. Le réchauffement affecte surtout les glaciers car l’océan est plus chaud et les fais fondre par le dessous. L’afflux d’eau douce des glaciers favorise la stratification et probablement aussi la glace de mer. Récemment, la glace de mer a reculé en Antarctique mais c’est sans doute lié à El Nino. On en saura plus au cours des prochaines années.

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          • C’est comme si nous avions repris la dernière étape de la déglaciation.
            Le scenario pourra peut-être être (re)joué mais à l’excès: la fonte accrue de ce qui reste des calottes arctiques et de la banquise vont continuer à modifier voire inverser la thermocline pour que davantage de chaleur reste enfouie et s’accumule dans les océans. Sauf qu’ici, le CO₂ en réponse ne fait plus qu’être relargué « paisiblement », il sature la biosphère (déjà maltraitée par nos soins) ainsi que la surface des océans et l’acidifie. La chaleur accumulée dans le Pacifique va très certainement tourner en boucle dans le courant circumpolaire austral laminant au fur et à mesure la base des plateformes de glace (Ross et Filchner-Ronne sont très exposés), favorisant le vêlage mais tout en continuant ausi à se réchauffer – ainsi que l’atmosphère, ce qui semble déjà avoir peut-être commencé pour la partie ouest de l’Antarctique.

            Il reste à déterminer si les écarts de températures seront suffisamment neutre pour permettre la formation de la banquise. Si le régime des précipitations et des courants atmosphériques (houle/tempêtes) changent au point de la ralentir, cela risque d’être un cercle infernal. Et j’imagine que c’est ce que redoutent les personnes les plus avisées dans cette discipline. Je me trompe ?

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          • Je viens d’y repenser, j’avais lu aussi un article basé sur étude signalant que la fonte de l’Arctique pourrait être tellement soudaine et massive que cela ne pourrait même n’avoir pratiquement aucun impact sur le gulf stream et ces eaux de surface glisser très rapidement et se diluer loin vers les tropiques.
            Malheureusement, je ne l’ai pas conservé dans mes favoris

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            • Je pense que l’une des principales interrogations aujourd’hui est la stratification de l’océan austral. James Hansen estime que les modèles ne la prennent pas assez en compte. S’il a raison, la fonte des glaciers pourrait s’accélérer par le dessous. Avec comme conséquence plus d’élévation du niveau de la mer et peut etre un refroidissement des régions bordant l’Atlantique nord.
              Mais son étude a été critiquée. Certains scientifiques estiment qu’il exagère l’impact de l’afflux d’eau douce et que les températures de l’air vont prendre le relais du réchauffement de l’Antarctique.

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  4. A propos du Totten => http://www.lefigaro.fr/sciences/2018/03/21/01008-20180321ARTFIG00308-antarctique-la-fonte-d-un-glacier-grand-comme-la-france-inquiete-les-scientifiques.php
    Je cite l’article du Figaro : «Depuis les années 1990, le niveau global de la mer a augmenté d’une vingtaine de centimètres et d’ici la fin du siècle, il devrait s’accroître de presque un mètre. Mais tout ceci est très incertain, c’est pourquoi il est important d’étudier les glaciers comme le Totten».
    Donc en 25 ans environ le niveau global des océan a grimpé de 20 cm ? Ca ferait du 8 mm/an ?
    Il me semblait qu’on était selon les sources entre 1,5 et 3,0 mm/an, voire même que le niveau global n’augmentait plus depuis quelques années.
    On lit aussi des gros titres comme « L’inéluctable fonte des glaces en Antarctique » ou encore « Des millions d’humains menacés », mais un petit rétropédalage à la fin « Mais tout ceci est très incertain, c’est pourquoi il est important d’étudier les glaciers comme le Totten »
    La posture habituelle comme d’hab’, pour faire peur aux gens avec des « études » dont les auteurs considèrent qu’elles sont très incertaines.
    Du grand journalisme en somme. Venant du Figaro ou de Monde, ce n’est pas une surprise non plus.

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  5. Merci pour vos réponses.
    Maignial : je ne compare rien . J’ai ce graphique , je le fais partager et c’est tout . A chacun d’en faire ce qu’il veut. La zone grisé représente la variation moyenne de la banque antartique et la ligne grise la moyenne de l’étendue de 1981 à 2010.
    Il existe aussi la meme courbe pour le pole nord ( que Johan utile de temps en temps) .Pour le pole nord je regarde aussi le volume de la banquise ( indicateur très important il me semble ) et la t°.
    Cela me permet d’en tirer une tendance .

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  6. Dès qu’un hiver un petit peu rigoureux pointe le bout de son nez, nos journalistes porteurs de la bonne parole écolo et pourfendeurs de « non-croyants » se demandent si on aura assez de nourriture végétale cette année dans certaines régions => https://www.20minutes.fr/paris/2242051-20180324-apres-froid-polaire-fruits-legumes-paris-ile-france#xtor=EPR-182-%5Bwelcomemedia%5D–%5Barticle_paris%5D–
    Ça veut dire quoi ? Que si on revient pas vers la situation qui était celle d’il y a 150, 200 ou 300 ans ce sera bien pire ? Qu’on aura du mal à becqueter ?
    Ne serait-ce pas grâce au réchauffement et l’énergie abondante et bon marché qu’on se serait développé ces 150 dernières années ? Et même grâce au CO2 supplémentaire que les récoltes ne seraient pas meilleures ?
    Un vrai rafraichissement ne serait pas plutôt synonyme de problèmes pour l’humanité ?
    Vu les réactions suite à notre hiver 2017-2018, on peut de poser la question.

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    • Ce n’est pas la première fois que ça arrive, c’est juste que le système de l’offre et de la demande n’est pas pleinement satisfaisant pour tout le monde. Il y aura encore plus d’hydroponie et de l’importation, chose qui se fait déjà pour avoir des fraises tout le long de l’année, où est donc le problème dans ce meilleur des mondes ?

      Pour le reste, la pression sur les sols y est totalement différentes depuis 150 ans, et aujourd’hui ils sont si épuisés dans nos contrés hypercivilisées que nous sommes obligés de compenser avec des intrants chimiques pollueurs en masse voire des clones persticides brevetés pour des gains de plus en plus marginaux (et favorisant à terme la résistances à des -cides pour d’autres espèces – végétales ou ravageurs) et dans cette spirale prendre le chemin du hors-sol; ou bien encore de défricher à tout va ailleurs sur des terres de plus grande qualité foutant en l’air un des lobes pulmonaire de cette planète et la biodiversité qui l’accompagne. Sans cela, la famine toucherai aussi les « gagnants » de l’Histoire. D’autre part, le réchauffement peut avoir cet effet oublié sur les plantes (surtout C3) en plein air, outre modifier totalement le régime des précipitations : refermer les stomates pour éviter de perdre trop d’eau, limitant ainsi l’absorption du CO₂.

      Tant un réchauffement qu’un refroidisement impliquerai de grands changements dans le modèle agraire et agricole dominant actuel. Mais le plus inquiétant ce n’est pas de savoir si cela va arriver, c’est de savoir à quelle vitesse cela va arriver.
      Pas d’inquiétude pour nos muscles horripilateurs pour le moment, après le retour aux conditions neutres dans le Pacific, nous avons peut-être une chance de retrouver des températures globales proche du pic El Niño de 2016.

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    • Merci pour cet article Ninja, c’est exactement ce que je cherchais depuis un moment.
      Voila clairement un élément qui met à mal le 100 % GES .
      Sauf erreur de lecture , je comprends que le rayonnement cosmique avait plus d’impact dans la formation des nuages avant l’ere industriel que maintenant à cause de la pollution humaine ( faut vraiment nous faire culpabiliser et je suis certain que cela doit arranger financièrement beaucoup de monde , à commencer par le GIEC).
      Attendons la suite climatique réel en espérant que les relevés de température soient fiables.

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      • Ce soir en écoutant le JT de TF1, j’ai entendu Gilles Bouleau dire que le « dérèglement climatique » allait nous privé de cacao donc de chocolat. Outre que c’est plus compliqué que ça, ce qui m’a marqué et fait rire aussi, c’est l’expression « dérèglement climatique » très clairement articulée de Gilles Bouleau.
        C’est vrai, on ne dit plus « réchauffement climatique » (tellement ça semble compromis), ni même « changement », on dit très clairement « dérèglement ».
        C’est fou ça, comme s’il fallait trouver absolument une justification. Mais pour quoi donc ?

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        • Le cacao sera probablement le dernier de nos soucis à ce rythme; et d’ici là, il sera peut-être plus français qu’ivoirien.
          Par contre le « tellement ça semble compromis », vous avez des sources sur un refroidissement global imminent ou c’est juste une assertion divinatoire ?

          Il s’agit d’un rééquilibrage du système. Personnellement, je ne sais pas pourquoi ces personnes s’imaginent trouver un bouton de réglage de la clim’ ni où se trouve le service d’entretien en cas de panne ou de dérèglement. 😉

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          • Rassurez-vous, je n’ai pas de source particulière concernant un refroidissement global (et pourvu qu’il n’arrive jamais, le froid et le temps pourri, c’est pas mon du tout mon souhait), par contre je pense qu’on est revenu sur le fameux « plateau », donc il est de plus en plus admis qu’on ne peut plus continuer à parler de « réchauffement », surtout après l’hiver 2017-2018 pourri, pluvieux, neigeux, froid, voire très froid qu’on vient d’avoir.
            Le vocabulaire utilisé dans les médias, tels TF1 ou France2, a donc nettement évolué. La majorité des gens a tiqué quand on leur a expliqué cet hiver que les vagues de grand froid aux US ou de froid chez nous étaient une conséquence du « réchauffement ».
            Il y a des limites, et le discours s’est adapté 😉

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            • Climat froid = taux de vapeur plus faible = atmosphère plus sèche (cf. climat nord de l’Europe) = moins de pluviométrie
              Climat chaud = taux de vapeur plus élevée = atmosphère plus humide (cf. climat tropical) = plus de pluviométrie

              Pour la vague de froid aux US et en Europe de l’Ouest, cf. l’étude de J. Cohen : https://www.aer.com/science-research/climate-weather/arctic-oscillation/

              La télé ou la presse grand public ne sont toujours pas des sources primaires d’information, et ne peuvent par conséquent pas être mises en parallèle avec des études scientifiques. Les médias ne parlent plus de réchauffement essentiellement à cause des brasseurs de vent et des pourfendeurs de moulins, les scientifiques qui étudient la question continue bien de parler de réchauffement.

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              • J’ajoute que l’hiver ne fut pas froid sur l’Europe, cette année. Le mois de janvier, historiquement doux, compense la vague de froid de février. À l’échelle de la France, c’est même la douceur qui l’emporte.avec -2,2°C en moyenne sur février, mais +3,3°C en janvier et -0,2°C en décembre. Mais on a tendance à retenir plus facilement les évènements extrêmes, et une vague de douceur en hiver marque moins les esprits qu’une vague de froid. De nombreuses personnes de bonne foie croient donc que l’hiver fut rude, alors que c’est faux.

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    • De nombreux scientifiques sont sceptiques à propos d’une telle déclaration, en effet. Je ne sais pas sur quoi s’appuient les dires de ce physicien. Le GIEC n’attend une telle issue que vers le milieu du siècle, en cas d’émissions non contrôlées de CO2, et d’autres spécialistes avancent la date de 2030.

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  7. Extrait de sud ouest – 27/11/2011 :

    2) La situation en 2016 : un été arctique sans glace ?

    Ce spectaculaire retrait a déjà atteint il y a quatre ans, en 2007, où, pour les glaciologues, l’Arctique est entré dans un nouveau régime climatique, et probablement la planète avec lui : sur les 32 années de collecte de données satellitaires, les cinq records de fonte ont eu lieu ces cinq dernières années. L’été 2011 remet une nouvelle fois les pendules de la planète à l’heure : si la tendance actuelle se poursuit, c’est désormais dans environ cinq ans, dès 2016 (entre 2013 et 2019), que l’océan Arctique pourrait être libre de glace à la fin de l’été.

    Ce qu’il y a de mal avec internet , c’est que le droit à l’oubli n’existe pratiquement plus.
    Propagande.
    Ce qui démontre qu’il est nécessaire de garder un esprit critique et surtout d’accepter le débat contradictoire.

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  8. Maignial , j’avoue que je ne connaissais pas ce site. Effectivement les données sont différentes. Si on n’arrive même pas à se mettre d’accord sur de simples relevés en temps réel comment se mettre d’accord sur des prévisions ??
    Entre 23000 et 19000 km3 l’écart est d’environ 20% . Est ce normal dans la distinction entre glace de mer et glace ou neige sur une autre surface? Faut t’il en déduire qu’il ne faut pas regarder le volume dans sa valeur mais sa tendance ? dans ce cas les résultats sont aussi différents il me semble.
    Pas facile d’avancer des arguments dans ces conditions !
    Mais je préfère mon relevé car il me donne raison 🙂

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  9. Encore un article ridicule qui vient de paraitre avec en photo un ours qui nage et qui semble se noyer ( bin oui toute la glace a fondue ) ;

    Une sorte de dernier avertissement avant que l’Arctique ne soit totalement dépouillé de sa banquise.

    Arctique: bientôt des étés sans glace© Joe BUNNI/Getty Images

    Arctique: bientôt des étés sans glace

    En février dernier, les températures en Arctique ont battu des records, en dépassant la barre des 0 °C pendant cinq jours, au milieu du mois. Et si ce phénomène continue, la région risque de connaître son tout premier été sans glace à la surface de l’eau.

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    • « Encore un article ridicule qui vient de paraitre  » Pourrait-on avoir plus de références?

      « Arctique: bientôt des étés sans glace© Joe BUNNI/Getty Images  » Il semble qu’il s’ agisse d’un plongeur photographe.

      Avez-vous des informations plus sérieuses et plus factuelles?

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      • Et oui, Ghtuz, Phil fait une nouvelle fois référence à DMI. Mais il oublie – ou ne sait pas – quelque chose d’essentiel. Sur le site de DMI on peut lire qu’il s’agit de : « The daily mean temperature of the Arctic area north of the 80th northern parallel ».
        Donc Phil ne comprend pas comment la banquise peut fondre car le graphique montre que la température dépasse à peine les 0°C. C’est parce que ce graphique concerne les températures au-delà de 80° de latitude nord. Ah oui, et alors ?
        Alors, c’est très très au nord. Et à cette latitude toute l’énergie sert à fondre la glace. Il va falloir qu’elle fonde pour que la température de l’air augmente. Mais de la banquise, il n’y en a pas qu’au-delà de 80°. Plus au sud, il y a beaucoup, beaucoup de fonte de glace de mer.

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  10. Je ne comprends pas grand chose mais j’observe.
    Voici le volume de glace en 2016 / 2017 puis 2018.
    Alors mise à part la bataille des chiffres ( on ne va pas revenir la dessus ); elle a tendance à faire quoi la banquise arctique ?
    Elle prends du volume par rapport à 2016 et 2017 .

    C’est un fait .
    Un fait peut être temporaire ( on verra bien ) mais un fait quand même qui pour le moment prouve que les GES ne sont pas les seuls éléments à façonner le climat.

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    • On est tous d’accord là-dessus, de nombreux facteurs provoquent des fluctuations du climat. C’est bien pourquoi il n’est pas raisonnable de penser que, si le CO2 a un effet, l’augmentation de la température mondiale devrait suivre l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. On est donc bien obligé de faire la part des choses. Johan a eu bien raison de rappeler que la tendance à long terme des fluctuations dues aux courants océaniques est nulle. Un el niño a un impact fort à court terme, de même qu’un la niña, mais à l’échelle de plusieurs décennies ils n’ont aucun impact sur les modifications du climat. Pour l’activité solaire, c’est pareil: il y a des phases de faible ou forte activité, mais qui sont provisoires. Néanmoins, ces fluctuations peuvent se faire sentir sur de plus longues périodes, de l’échelle du siècle. Par contre, le forçage supplémentaire induit par nos émissions de CO2 est, lui, permanent, de même que la baisse de l’insolation dans l’hémisphère nord depuis 11000 ans. Voilà pourquoi ces deux paramètres ont plus d’influence sur le long terme.

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  11. Maignial , c’est bien résumé.
    Petite nuance le forçage induit par nos émissions de CO2 n’est peut être pas permanent puisqu’à d’autres périodes le tx de CO2 a parfois était plus important ( il me semble avoir lu ça) que maintenant et pourtant il est redescendu naturellement. Pour le dire autrement : le taux de CO2 a toujours plus ou moins varié de façon tout à fait naturel. Il est aussi admis que le tx de CO2 suivait la t° et non l’inverse . Le forçage induit par nos émissions de CO2 est la nouvelle variable à intégrer dans l’équation. Reste à en définir le coefficient.

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    • Phil,
      « le tx de CO2 a parfois était plus important ( il me semble avoir lu ça) que maintenant et pourtant il est redescendu naturellement »
      Les variations naturelles du CO2 sont parfaitement documentées. C’est l’un des facteurs expliquant les transitions glaciations/déglaciations, comme on va le voir ci-dessous.

      « Il est aussi admis que le tx de CO2 suivait la t° et non l’inverse »
      Comme cela a déjà été expliqué, les déglaciations s’amorcent avec l’insolation en hausse sous les hautes latitudes de l’hémisphère nord.
      Le CO2 intervient dans un second temps, à la faveur de la moindre absorption du dioxyde de carbone dans l’hémisphère sud.
      La température commence donc à monter avant le CO2 mais ce dernier prend le relais et amplifie le réchauffement initial, et cette fois il le fait sur toute la planète.
      Le réchauffement moderne est différent puisqu’il est enclenché par le CO2 et non l’insolation.
      Les petites variations du rayonnement solaires enregistrées au XXe siècle sont dérisoires par rapport à l’impact qu’a eu le soleil quand l’hémisphère nord était davantage exposé. On parlait alors de plusieurs dizaines de watts/m2 mais très localisées, sur l’hémisphère nord. De quoi faire fondre les glaces du nord, avec une rétroaction d’albédo, un afflux massif d’eau douce dans l’Atlantique, un arrêt de la circulation thermohaline et un réchauffement de l’océan austral, où la chaleur se trouve confinée. C’est ce dernier élément qui déclenche la variation naturelle du CO2, la solubilité du CO2 dans l’eau diminue.

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      • …Et j »oubliais : James Hansen n’annonce pas 7 mètres d’élévation du niveau de la mer en 2040. Il table plutôt sur un potentiel de 5 mètres en 2100. Il n’avance cependant aucune certitude sur le sujet mais se base notamment sur les données paléoclimatiques.
        Il faut savoir que l’étude de James Hansen ne fait pas consensus. Je n’écarterais pas pour autant son hypothèse d’un revers de la main, d’une part en raison de la qualité impressionnante des coauteurs de son étude. D’autre part, je verrais plutôt son étude comme une mise en garde. Son analyse diverge de ce qui est communément avancé. Hansen pense que les modèles ne mesurent pas correctement la stratification de l’océan liée à la fonte des glaciers. Il anticipe une hausse plus importante car cette stratification serait susceptible de renforcer le réchauffement océanique plus en profondeur, attaquant la ligne d’échouage des glaciers.

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