Avec +0.519°C au-desssus de la moyenne 1981-2010, avril 2018 est le 3e plus chaud des archives NCEP-NCAR.
Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement disponibles, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-mai).
Le top 10 des mois d’avril les plus chauds
Avec +0.519°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d’avril 2018 est le 3e plus chaud des annales NCEP-NCAR remontant à 1948. Avril 2016 avait été marqué par un phénomène El Niño exceptionnel, avril 2010 par un El Niño moyen à fort. Avril 2018, au sortir de La Niña, est quasiment au même niveau que 2010.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en avril depuis 1948 :

L’année en cours pour le moment au 4e rang
Le bilan est provisoire puisque l’on compare ici janvier-avril 2018 à des années complètes. En raison des conditions La Niña, l’année 2018 ne se situe pour l’instant qu’au 4e rang. Les températures de surface de la mer dans la région Niño 3.4 du Pacifique sont en train remonter et ont déjà atteint un niveau neutre d’après les dernières mesures. Il y a cependant un décalage de deux-trois mois entre les températures de surface dans le Pacifique et la moyenne globale. Les températures actuelles reflètent donc encore les conditions La Niña des derniers mois.

Les anomalies régionales en avril 2018
- Les anomalies sont très importantes dans certaines portions de l’Arctique et sur la quasi-totalité de l’Antarctique. Des températures supérieures aux normales de saison ont également été relevées en Europe et en Australie. On a encore vu en avril des anomalies négatives importantes en Amérique du Nord. En février, un brusque changement de température dans la stratosphère, un événement que l’on appelle réchauffement stratosphérique soudain, a perturbé le courant-jet et les conditions météorologiques naturelles, permettant à l’air froid de s’infiltrer au sud de l’Arctique. Le réchauffement stratosphérique soudain peut perturber les températures des moyennes latitudes sur deux mois. Un phénomène qui ne devrait plus peser désormais.

+1,2°C en avril 2018 par rapport à l’ère préindustrielle
On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,2°C en avril 2018, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).








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